Intelligence artificielle et énergies renouvelables : un couple durable ?

L’imprévisibilité, tel est le grand défi auquel sont confrontés les énergies renouvelables. L’offre et la demande ne sont pas toujours concomitantes. C’est pourquoi des scientifiques s’intéressent désormais à l’intelligence artificielle afin de résoudre ce problème. EPA-EFE/FILIP SINGER

L’imprévisibilité, tel est le grand défi auquel sont confrontés les énergies renouvelables. L’offre et la demande ne sont pas toujours concomitantes. C’est pourquoi des scientifiques s’intéressent désormais à l’intelligence artificielle afin de résoudre ce problème. Un article d’Euractiv Allemagne.

La part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique doit être remplacée par les énergies renouvelables afin d’atteindre les objectifs climatiques établis et de lutter contre le réchauffement climatique. De ce fait, les défis qui se dressent ne sont pas seulement d’ordre politico-économique, mais également d’ordre technique. Parmi ceux-ci figure la simultanéité de l’offre et de la demande : lorsque le vent souffle et le soleil brille, les éoliennes et panneaux photovoltaïques produisent beaucoup d’électricité afin de satisfaire des besoins énergétiques accrus. Mais que se passe-t-il si la temporalité de ces deux facteurs est différente ?

Un groupe de scientifiques de la ville allemande de Bielefeld tentent actuellement de trouver une réponse à cette question. Ensemble, ils souhaitent développer une technologie d’intelligence artificielle (IA) pouvant prédire les fluctuations de l’approvisionnement en énergie et adapter l’approvisionnement en électricité, et ce, dans le but de répondre à la demande. Ce système permettrait de maintenir la fluidité du réseau. Le projet « KI-Grid » est le fruit d’une collaboration entre l’Université de Bielefeld, l’école technique de Bielefeld et plusieurs entreprises de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Par ailleurs, il bénéficie d’un financement grâce au programme IKT.NRW du Fonds européen de développement régional (FEDER).

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 Coupures de courant

« Ce n’est pas un projet quelconque », a déclaré Jens Haubrock, de l’école technique de Bielefeld, où il est chef du projet. « Il s’agit ici de développer l’intelligence artificielle et les dispositifs appropriés ». À l’heure actuelle, l’accent est mis sur la création de postes de recharge pour les voitures électriques. « Nous souhaiterions que la station de recharge du futur intègre ces dispositifs techniques. »

Ainsi, lorsqu’un conducteur branchera sa voiture à ce type de station intelligente, elle-même décidera du moment et de la quantité d’électricité à attribuer au véhicule. Á l’heure actuelle, les postes ont besoin de deux heures pour recharger complètement une voiture électrique standard. Mais une fois que le plein est fait, la voiture reste branchée au pilier et surcharge le réseau, même s’il n’est plus nécessaire de l’approvisionner en électricité. À l’avenir, des flottes entières de voitures électriques seront garées dans des parkings d’entreprise et toutes seront chargées de cette manière.

Ce processus fonctionne tant l’approvisionnement en électricité ne fait pas défaut, notamment en raison du manque de soleil ou de vent. Les réseaux saturent, ce qui peut engendrer des pannes de courant.

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Boost du réseau électrique

C’est là que l’IA entre en jeu. Elle analyse la demande des voitures connectées et l’équilibre avec l’approvisionnement en énergie. Si le soleil brille, elle envoie beaucoup d’électricité dans les véhicules. Si le conducteur décide de recharger pendant la nuit, alors elle adapte la vitesse d’approvisionnement pour que la voiture ne soit pas rechargée en deux heures, mais plutôt en huit. Pour les personnes se rendant au travail en voiture le matin, il n’y a aucune différence.

À long terme, ce procédé pourrait théoriquement être appliqué avec des machines à laver, des séchoirs et des lave-vaisselles, a indiqué M. Haubrock. Mais les stations de recharge s’y prêtent déjà, et elles sont actuellement développées à grande échelle. Le système pourrait donc être ajouté aux tâches quotidiennes.

Le programme a commencé en janvier et devrait s’étendre sur trois ans. Il est à l’heure actuelle encore en phase de test. À l’école technique de Bielefeld, les chercheurs ont créé une réplique du réseau électrique de la ville afin d’analyser une série de scénarios et d’étudier différentes variables telles que le vent, le soleil et le nombre de voitures électriques.

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Les espoirs reposent sur le Fonds FEDER

Les résultats de ces recherches sont transmis à Université de Bielefeld, où l’équipe d’Ulrich Rückert (Centre de technologies d’interactions cognitives) met actuellement au point un algorithme grâce aux données collectées. L’intelligence artificielle devrait jeter les bases d’une gestion intelligente des réseaux, et ce, grâce à cet algorithme.

Néanmoins, il faudra attendre encore quelques temps avant qu’elle soit utilisée dans le secteur industriel. Le système pourrait émettre ses premières prédictions d’approvisionnement en énergie d’ici à 2021. Un an après, soit en 2022, l’équipe de scientifiques procédera sans doute à une étude de terrain et transmettra ses mesures à la centrale électrique locale afin de tester le dispositif en situation réelle.

En outre, pour mettre en pratique ces constats dans la filière industrielle, il faudrait qu’un autre projet soit mis sur pieds.

« Nous misons tout sur le Fonds FEDER », a conclu M. Haubrock.

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Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne. La présente publication [communication] reflète uniquement l’avis de l’auteur et la Commission ne peut être tenue responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’elle contient.

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