Seuls 25 % des citoyens irlandais voteraient actuellement en faveur du traité de Lisbonne, sur le point d’être signé par les dirigeants européens le 13 décembre, d’après un récent sondage qui montre également que de nombreux électeurs doivent encore se décider avant le référendum sur le nouveau traité européen.
D’après un sondage d’opinion mené par TNS mrbi pour le quotidien Irish Times, seuls 25 % des citoyens irlandais voteraient en faveur du traité de Lisbonne, tandis que 13 % voteraient contre. Une majorité écrasante de 62 % des interrogés sont indécis, un peu plus d’un an avant le délai du 1er janvier 2009 pour la ratification du traité, que les dirigeants européens signeront le 13 décembre à Lisbonne.
Le sondage d’opinion publié le 5 novembre indique une baisse importante du soutien, comparé à un sondage réalisé en 2005 sur le projet de constitution, qui indiquait que 46 % des personnes étaient pour, et seulement 12 % contre. Le nouveau traité de Lisbonne reprend largement les principaux éléments de réforme institutionnelle proposés dans le projet de Constitution, rejeté par les électeurs en France et aux Pays-Bas en 2005.
Le temps commençant à manquer, la pression augmente sur le gouvernement irlandais pour éviter un autre désastre du processus de ratification. Les dirigeants européens s’apprêtant à signer le nouveau traité, le gouvernement irlandais n’a pas encore fixé de date pour le référendum. Cependant, d’après les hypothèses de la presse nationale et en tirant les leçons des précédents référendums, le vote populaire devrait avoir lieu au tout début de l’été (mai-juin).
Tous les partis politiques principaux, à l’exception du Sinn Féin, traditionnellement eurosceptique, devraient soutenir le traité de Lisbonne dans la campagne référendaire qui débutera dans les prochains mois.
Les sources diplomatiques irlandaises à Bruxelles ont déclaré à EURACTIV que le gouvernement travaillerait très sérieusement sur ce point, afin de garantir que le traité soit ratifié à temps.
Le traité de Nice avait été rejeté par les électeurs irlandais en 2001, puis finalement accepté lors d’un second référendum en 2003, après l’ajout au texte d’un protocole clarifiant la question de la neutralité.
Pour entrer en vigueur, le traité de Lisbonne doit être ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres.
Tandis que la plupart des pays opteront pour une ratification parlementaire, l’Irlande est le seul pays constitutionnellement tenu de consulter directement la population. Cependant, cette option est également discutée au Danemark et aux Pays-Bas, où le projet de constitution européenne avait été rejeté par référendum en 2005. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, est lui-même soumis à une pression croissante de la part du parti conservateur, dans l’opposition, pour organiser un référendum.

