Italie: Conte sauve son poste, mais son gouvernement est fragilisé

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte devant le Sénat à Rome, le 19 janvier 2021. [EPA-EFE/ROBERTO MONALDO / POOL]

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a obtenu la confiance du parlement mais il ne dispose plus de la majorité absolue au Sénat, ce qui place son gouvernement dans une position précaire, en pleine pandémie. Un article d’Euroefe.

« L’Italie n’a pas une minute à perdre. Nous devons travailler immédiatement pour surmonter l’urgence sanitaire et la crise économique. Priorité au plan de vaccination, au plan de relance et à l’aide aux secteurs en difficulté », a twitté Giuseppe Conte mercredi 20 janvier.

Après la défection du parti Italia Viva de Matteo Renzi, qui a quitté le gouvernement la semaine dernière, Giuseppe Conte a été contraint de se rendre mardi 19 janvier au Parlement afin d’obtenir un vote de confiance lui permettant de continuer à gouverner avec de nouveaux appuis.

Le parti de Matteo Renzi claque la porte de l’exécutif et plonge l’Italie dans une crise politique

L’ancien Premier ministre et leader d’Italia Viva, Matteo Renzi, a annoncé que son parti quittait le gouvernement de coalition de Giuseppe Conte, ouvrant officiellement une crise politique. Alors même que la pandémie fait rage dans le pays. Un article d’Euroefe.

Après avoir obtenu la majorité absolue à la Chambre des députés, le Premier ministre n’a atteint qu’une majorité relative au Sénat, avec 156 voix pour, 140 contre et les 16 abstentions annoncées par les sénateurs d’Italia Viva.

La majorité a été atteinte grâce aux voix des trois sénateurs à vie, qui sont généralement absents, à celles de deux parlementaires de Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi) qui ont été immédiatement expulsés du parti, de quelques centristes et d’anciens membres du Mouvement Cinq étoiles.

Cette majorité est si fragile qu’elle oblige Giuseppe Conte à s’atteler sans délai à trouver des sénateurs qui viendront rejoindre ce groupe de soutien.

Et bien qu’il ait été annoncé que toutes les portes avaient été fermées à Matteo Renzi, Giuseppe Conte devra négocier avec son parti s’il veut survivre.

De fait, la somme des voix d’Italia Viva et de l’opposition dépasse le nombre de voix de la majorité actuelle, qui ne contrôle plus que quatre des quatorze commissions parlementaires, par lesquelles transitent les lois avant d’arriver au parlement.

Le gouvernement italien est divisé sur son plan de relance

La proposition de mise en œuvre du plan de relance que l’Italie doit remettre à Bruxelles suscite des remous au sein du gouvernement italien. Mais le temps presse: ce jeudi 10 décembre, Giuseppe Conte doit prendre part à un Conseil européen. Un article d’Euractiv Italie.

Mercredi 20 janvier, un sommet des partis qui forment la majorité était prévu : le Mouvement Cinq étoiles, le Parti démocratique et la formation Libres et égaux.

Il est également prévu que Giuseppe Conte se rende au Palais du Quirinal, siège de la présidence de la République, pour informer le chef de l’Etat, Sergio Mattarella, de ses intentions.

Les dirigeants des partis d’opposition de droite ont demandé à être reçus par Sergio Mattarella et l’ont exhorté à ne pas permettre à Giuseppe Conte de continuer à gouverner dans ces conditions.

Pour l’heure, les prochains votes au Parlement sur l’écart budgétaire permettant de financer les aides pour faire face à la pandémie sont assurés, puisque tant Italia Viva que les partis d’opposition ont garanti leur soutien.

La Commission européenne s'inquiète d'une dérive des déficits en France et en Italie

La Commission européenne s’est inquiétée mercredi (18 novembre) de l’impact des mesures de relance sur les finances publiques dans quatre pays de la zone euro, dont la France et l’Italie, craignant une dérive de leurs déficits au-delà de la crise sanitaire.

« Ils n’ont pas la majorité », a déclaré Matteo Renzi à l’issue du vote au Sénat. Le chef de file d’Italia Viva laisse la porte ouverte à « un gouvernement d’unité nationale, à un gouvernement technique ou à un gouvernement politique. Nous sommes prêts à discuter de tout. Nous ne refusons rien, sauf un gouvernement souverainiste avec la droite ».

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