Le haut représentant de l’Union européenne, Josep Borrell, se rendra sur la ligne de front en Ukraine dans le courant de la semaine, afin de manifester son soutien à Kiev dans le contexte du renforcement militaire de la Russie le long de sa frontière.
Les tensions sont montées en flèche ces derniers mois, et l’Occident a prévenu que Moscou pourrait préparer une invasion à grande échelle de son voisin après avoir rassemblé quelque 100 000 soldats à la frontière.
La visite de M. Borrell en Ukraine intervient juste avant que de hauts responsables des États-Unis et de la Russie ne tiennent deux jours de discussions bilatérales à Genève, dimanche 9 janvier.
Parmi les sujets abordés figurent la maîtrise des armements nucléaires et les tensions croissantes concernant l’Ukraine, aggravées par la série de demandes adressées par le Kremlin à Washington au début du mois de décembre.
La Russie a lancé un ultimatum audacieux à l’OTAN et à l’Occident en présentant deux propositions sur l’architecture de sécurité de l’Europe, auxquelles la réponse sera très probablement « non ».
L’Occident a rejeté ce qu’il considère comme une tentative de Moscou de dicter l’avenir d’alliés indépendants et a menacé Moscou de « coûts sévères » s’il lançait de nouvelles actions militaires contre l’Ukraine.
Une autre série de pourparlers est prévue à la mi-janvier, suivie d’une session du Conseil Russie-OTAN le 12 janvier et de réunions avec des représentants de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Les diplomates de l’UE estiment que les propositions visent à détourner l’attention de la situation autour de l’Ukraine et que les exigences russes ne sont pas destinées à être acceptées mais plutôt à rétablir la place de la Russie en tant que partenaire de négociation sur un pied d’égalité.
M. Borrell, qui rencontrera des responsables ukrainiens à Kiev au cours de sa visite de mardi à jeudi, a insisté sur le fait que « toute discussion sur la sécurité européenne doit se faire en coordination avec l’UE et avec sa participation ».
« Nous ne voulons pas et ne devons pas être un spectateur non impliqué, avec des décisions prises au-dessus de nos têtes », a déclaré M. Borrell dans une récente interview, où il a ajouté que le secrétaire d’État américain Antony Blinken partageait le même point de vue.
L’Union européenne craint d’être mise sur la touche alors que les deux puissances nucléaires discutent de l’équilibre des pouvoirs en Europe dans des discussions qui rappellent l’époque de la guerre froide.
M. Borrell se rendra sur la « ligne de contact » où les forces armées ukrainiennes affrontent les séparatistes soutenus par la Russie.
Le cessez-le-feu récemment annoncé entre l’Ukraine et les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine pendant les vacances de Noël n’a pas tenu, les deux parties s’accusant mutuellement de nouvelles violations.
Tous les accords de cessez-le-feu précédents — y compris la trêve précédente convenue en juillet 2020 — se sont effondrés.
La Russie a fait main basse sur la péninsule de Crimée en 2014 et est accusée d’avoir déclenché un conflit sanglant dans l’est du pays, qui a fait plus de 13 000 morts.
Moscou insiste sur le fait que l’OTAN, l’alliance militaire dirigée par les États-Unis, doit exclure d’accorder l’adhésion à l’Ukraine ex-soviétique et réduire ses forces près de la frontière russe.
La Russie a également entretenu des liens étroits avec les rebelles pro-russes qui contrôlent des pans entiers de la région de Donbas, dans l’Est de l’Ukraine, mais elle nie avoir participé à la guerre qui les oppose depuis sept ans aux forces gouvernementales ukrainiennes.




