Juncker juge problématique la présence d’Orbán au PPE

epa06389986 Viktor Orban et Jean-Claude Juncker, lors d'une photo de famille. EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Pour le président de la Commission européenne, l’appartenance de Fidesz, le parti de Viktor Orbán, à la famille politique du centre-droit européen (PPE) « est un problème ».

Lors de son arrivée au Parlement européen, le 6 septembre, des journalistes italiens ont demandé à Jean-Claude Juncker, président de la Commission, si l’appartenance de Fidesz, le parti au pouvoir en Hongrie, au Parti populaire européen (PPE), n’était pas un problème.

« Oui, pour moi c’est un problème », a répondu le Luxembourgeois. « Frans le sait », aurait-il ajouté. Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission et bras droit du président, qui défend depuis longtemps la protection de l’état de droit en Hongrie, en Pologne et en Roumanie.

Jean-Claude Juncker, qui a un jour accueilli Viktor Orbán à un sommet d’un « Hello dictator », arrivait à une conférence des présidents du Parlement lorsque la question lui a été posée. Lors de cette rencontre, il a été décidé que le Premier ministre hongrois pourrait prendre la parole avant le débat parlementaire sur de possibles sanctions à l’encontre de Budapest, qui a enfreint les règles d’état de droit.

Le Premier ministre aura sept minutes pour se défendre face aux eurodéputés. Le 11 septembre, les élus devraient se prononcer sur un rapport proposant une suspension du droit de vote de la Hongrie au Conseil européen. La rapporteuse, Judith Sargentini, du groupe des Verts, a déjà demandé aux membres du PPE qui étaient hésitants de ne pas voter du tout.

La procédure de l’article 7 n’a été déclenchée qu’une seule fois à ce jour, contre la Pologne, en décembre dernier. Suite à une réponse jugée inadéquate de la part de Varsovie, Bruxelles a lancé une procédure juridique contre le pays au début de l’année.

L’article 7 ne peut pas être déclenché de manière unilatérale par le Parlement, et si le rapport de Judith Sargentini ne récolte pas assez de voix, ce sera au Conseil européen de lancer sa propre enquête sur les dérogations de  la Hongrie aux valeurs européennes.

Le gouvernement hongrois a déclaré à de nombreuses reprises qu’il opposerait son véto à toute tentative de priver la Pologne de ses droits de vote. Varsovie devrait à son tour protéger son allié si la procédure est également lancée à son encontre.

Pour qu’elle soit acceptée, la motion devra être approuvée par une majorité d’eurodéputés et récolter au moins les deux tiers des votes exprimés. Il est donc difficile de prévoir l’issue du scrutin.

Les votes des membres du PPE seront examinés à la loupe, ils pourraient en effet révéler à quel point le groupe partage le « problème » du président de la Commission.

Le dirigeant du groupe, l’Allemand Manfred Weber, qui a annoncé sa candidature à la présidence de la Commission, a indiqué qu’il n’y aurait pas « de traitement de faveur sur les questions des valeurs fondamentales ».

Le vote de la semaine prochaine pourrait entrainer une réflexion au sein du PPE avant son sommet à Salzburg, en septembre, et son congrès à Helsinki, en novembre, lors duquel ils choisiront leur candidat officiel à la présidence.

«Aucun passe-droit n’est possible sur l’état de droit»

L’UE est une communauté de valeurs partagées selon le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth (SPD), en référence à la campagne anti-Soros en Hongrie et à la procédure d’infraction de l’état de droit contre la Pologne.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe