Juncker ne veut plus réglementer les chasses d’eau

Jean-Claude Juncker à Louvain-La-Neuve [European Commission]

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a déclaré le 23 février qu’il s’était battu contre les « commissaires mal inspirés » qui pensaient que l’UE devait réglementer jusqu’aux chasses d’eau des toilettes.

Dans un discours à des étudiants de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, en Belgique, Jean-Claude Juncker a pris pour exemple la tentative de la Commission précédente de règlementer les chasses d’eau des toilettes pour expliquer sa vision différente du rôle de l’exécutif.

La Commission Barroso a en effet cherché à adopter des critères permettant la création d’un label écologique pour les toilettes et les urinoirs. L’article d’Euractiv publié sur le sujet en 2013 avait été l’un des plus lus à cette période.

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« Les citoyens européens ont affirmé qu’à ce sujet [les chasses d’eau], ils avaient une meilleure connaissance que les commissaires à Bruxelles », a rappelé Jean-Claude Juncker.

« La Commission précédente lançait 130 initiatives chaque année. Aujourd’hui, ce nombre a été rapporté à 23. Nous avons retiré entre 80 et 100 directives de la table des colégislateurs, car nous ne voulions pas règlementer tous les aspects de la vie quotidienne des Européens », a-t-il expliqué.

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Le chef de l’exécutif a ajouté que certains au Parlement européen s’étaient plaints d’avoir moins de travail. « Non, c’est simplement un autre type de travail », a-t-il assuré. « Nous devons, en effet, faire les choses différemment. Nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble, mais ce n’est pas le moment de croire que nous pourrions tout faire ensemble. »

« Je pense qu’il est temps de répondre à cette question historique : voulons-nous avancer à 28 – en réalité, nous avons déjà perdu le 28ème – ou laisser ceux qui veulent avancer plus vite le fasse sans embêter les autres, en mettant en place une meilleure structure, ouverte à tous ? » a demandé Jean-Claude Juncker, ajoutant qu’il plaiderait pour cette dernière option dans les prochains jours.

Proposition pour l’avenir de l’UE

Jean-Claude Juncker devrait faire des propositions sur l’avenir de l’UE à l’occasion du 60ème anniversaire de la création du traité de Rome, qui sera célébré le 25 mars dans la capitale italienne. Tout le processus de réflexion sur l’avenir de l’UE à 27 devrait être conclu pour le sommet européen de décembre.

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L’idée d’une Europe à « plusieurs vitesses » suscite le débat depuis bien longtemps. Depuis le vote choc du Royaume-Uni de quitter l’UE, certains gouvernements veulent approfondir la souveraineté partagée dans l’espoir de rendre l’UE plus efficace alors que d’autres soutiennent que le Brexit et la montée des parties nationalistes démontrent que les Européens s’opposent à cette idée.

La chancelière allemande, Angela Merkel, que Jean-Claude Juncker a rencontrée le 22 février, a annoncé « une UE à plusieurs vitesses » il y a trois semaines, faisant ainsi écho à d’autres États fondateurs comme la France et ravissant les organisateurs italiens du sommet de Rome le 25 mars, qui aura pour objectif de lancer un débat sur la réforme de l’Union.

À l’inverse, d’autres gouvernements, notamment au sein des États membres d’Europe centrale et de l’Est, craignent que cette idée soit source de divisions et vienne entraver leur progression post-Guerre froide vers des niveaux occidentaux de prospérité. D’autres enfin estiment que les règles européennes actuelles permettent déjà une « coopération améliorée » entre certains États.

L’exemple le plus évident est la zone euro, qui comprend 19 des 28 membres, et il y en a d’autres. Jean-Claude Juncker a rappelé que la défense était un domaine dans lequel certains États membres voulaient coopérer plus rapidement que d’autres.