Kiev se tourne vers l’OTAN

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk . Kiev,avril 2014. [US Embassy Kyiv/flickr]

Les relations entre Kiev et la Moscou continuent de se dégrader à la veille d’un sommet européen au cours duquel les dirigeants européen devraient discuter des nouvelles sanctions contre la Russie.

L’escalade se poursuit autour de la situation en Ukraine. Le 29 août, la Commission européenne (CE) a demandé à la Russie de cesser de soutenir militairement les rebelles séparatistes de l’est de l’Ukraine et de contribuer aux efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.

« Le comportement récent de la Russie est contraire aux principes internationaux. La Russie doit faire preuve d’une attitude coopérative et arrêter de soutenir activement les séparatistes en leur fournissant des armes et des soldats », a déclaré à la presse le porte-parole de la Commission européenne, Jonathan Todd.

« L’objectif de l’Union européenne est de trouver une solution à la crise en Ukraine », a ajouté Jonathan Todd.

L’Ukraine avait ouvertement dénoncé  une « invasion » russe,  et demandé  aux Occidentaux des « sanctions significatives » contre Moscou et une aide militaire, européenne à Milan.

Nouvelles sanctions à l’étude

Les dirigeants européens, qui se réunissent le 30 août  devront discuter de l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a estimé vendredi que les sanctions déjà en vigueur contre la Russie « ne parvenaient pas » à modifier le comportement de Moscou dans l’est de l’Ukraine et que des mesures supplémentaires devaient être envisagées par l’Union européenne.

A l’issue de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le chef du gouvernement a déclaré que la présence russe dans l’est de l’Ukraine était « extrêmement préoccupante et viole le droit international ».

« Nous ne l’acceptons pas et il ne faut pas exclure de nouvelles sanctions », a-t-il dit.

Moscou dément

A Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a une nouvelle fois nié vendredi toute intervention militaire russe en Ukraine.

« Nous entendons diverses spéculations, ce n’est pas la première fois, mais on ne nous a jamais présenté la moindre preuve », a déclaré le ministre des Affaires étrangères pendant une conférence de presse.

L’Ukraine se tourne vers l’OTAN

Face à l’attitude de Moscou, le premier ministre ukrainien, Arseni  Iatseniouk, a annoncé que son gouvernement allait demander au parlement de lancer les procédures d’adhésion de l’Ukraine à l’Otan.

Cette initiative, qui devrait être très mal accueillie à Moscou. Arseni Iatseniouk, qui s’exprimait pendant une réunion gouvernementale, a ajouté que l’Ukraine allait quitter le groupe des non-alignés.

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a réagi en disant « respecter » les décisions de l’Ukraine concernant sa politique sécuritaire et ses choix d’alliance face à ce qu’il a présenté comme une agression russe et une « violation flagrante » de la souveraineté ukrainienne.

Anders Fogh Rasmussen a réitéré ses accusations contre la Russie, à laquelle il a reproché d’intervenir militairement dans l’est de l’Ukraine et de chercher depuis des mois à déstabiliser son voisin.

« Malgré les démentis vides de sens de Moscou, il est désormais clair que des troupes et de l’équipement russes ont franchi la frontière », a déclaré le secrétaire général de l’Otan.

« Ce n’est pas un acte isolé mais une politique dangereuse menée depuis des mois pour déstabiliser l’Ukraine en tant qu’Etat souverain », a-t-il ajouté.

« Les forces russes sont engagées dans des opérations militaires directes à l’intérieur de l’Ukraine(…). La Russie continue de maintenir plusieurs milliers de soldats prêts au combat, à proximité des frontières de l’Ukraine. Il s’agit d’une violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cela défie tous les efforts diplomatiques en cours pour trouver une solution pacifique », a poursuivi le secrétaire général de l’Otan.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.