Les autorités locales de l’UE sont des éléments essentiels à l’intégration des voisins de l’Est

La municipalité de Preili, dans le sud-est de la Lettonie, coopère avec des partenaires est-européens orientale depuis 2014 : de l’organisation de compétitions d’artistes juniors à la tenue de webinaires sur le développement durable, elle continue de nouer des liens avec la ville ukrainienne de Nizhyn et le district géorgien d’Ozurgeti. [Shutterstock/AimPix/Viacheslav Lopatin]

Bien que leurs actions soient souvent ignorées, les acteurs locaux sont des éléments essentiels à l’intégration des Balkans occidentaux et des pays d’Europe de l’Est dans l’UE. De ce fait, ils nécessitent plus de soutien.

La municipalité de Preili, dans le sud-est de la Lettonie, coopère avec des partenaires est-européens depuis 2014 : de l’organisation de compétitions d’artistes juniors à la tenue de webinaires sur le développement durable, elle continue de nouer des liens avec la ville ukrainienne de Nizhyn et le district géorgien d’Ozurgeti.

« L’objectif premier de ces projets était d’informer les citoyens de Preili sur le Partenariat oriental et de les sensibiliser aux divers sujets abordés, notamment la coopération et l’éducation », a fait savoir Elita Jermolajeva, cheffe de la section développement au sein de la municipalité.

Si Preili a pu bénéficier d’aides financières européennes importantes et de contributions notables grâce à des projets transfrontaliers avec le Belarus et la Russie, les démarches visant à consolider cette coopération n’en restent pas moins longues et difficiles.

La majorité des Français toujours opposée à l'intégration des Balkans dans l'UE

Une nouvelle étude révèle que 59 % des citoyens français ne voient pas d’un bon œil l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE. Surtout, elle révèle une méfiance croissante à l’égard de l’ensemble du bloc.

Au contraire, il convient d’étoffer le soutien octroyé aux autorités locales pour qu’elles puissent coopérer sans encombre avec leurs homologues dans le cadre du Partenariat oriental, d’après Mme Jermolajeva.

Entre-temps, la municipalité lettonne voit la coopération comme une façon de renouveler le soutien fourni par l’Occident à l’Europe de l’Est à la suite de la chute de l’Union soviétique.

« Nous devons échanger, partager et aider les pays du Partenariat oriental, de la même façon que les États occidentaux l’ont fait avec la Lettonie à la suite du rétablissement de son indépendance dans les années 1990. »

Dans le pays limitrophe, en Lituanie, la municipalité de Panevėžys se concentre aussi sur la coopération en matière de santé publique avec la ville moldave de Ialoveni et la municipalité géorgienne d’Akhmeta.

De tels élans de coopération à l’échelle locale peuvent également jouer un rôle crucial dans le renforcement des capacités des autorités locales au sein des États partenaires, étant donné que les municipalités déjà parties au navire européen peuvent aider à l’élaboration des projets et à leur mise en place, un défi de taille même pour les collectivités au sein du bloc.

Plans de relance : les collectivités doivent avoir leur mot à dire

Si la pandémie du coronavirus a eu un impact certain à la fois sur la santé des citoyens, leur vie quotidienne et les économies locales, le plan de relance de l’Union européenne constitue quant à lui un acte historique de solidarité pour notre continent.

« Les nouveaux contacts entre les divers experts de nos pays constituent de toute évidence une valeur ajoutée importante, car ils permettent d’aborder en long et en large les défis et les opportunités de nos municipalités », a indiqué Miglė Bražėnienėshe, membre du département des investissements et affaires étrangères au sein des autorités municipales de Panevėžys.

De plus, les autorités locales peuvent échanger leur savoir-faire et accroître leur influence en matière de lobbying par l’intermédiaire d’associations supranationales.

Le NALAS, par exemple, est un réseau d’associations d’autorités locales dans le sud-est de l’Europe composé de 14 associations gouvernementales à l’échelle nationale, régionale ou locale, qui représentent plus de 5 000 collectivités locales.

Le réseau permet de partager l’expertise des parties prenantes et de réaliser des analyses transfrontalières dans différents domaines, allant de l’urbanisme à la gestion des sols et des eaux, en passant par la décentralisation budgétaire ou encore l’efficacité énergétique.

L’une de ses stratégies afin de maintenir l’amorce de réformes [nécessaires à l’intégration] consiste à créer des critères de référence, qui à leur tour font pression sur les gouvernements nationaux à la traîne dans la réforme de l’administration publique.

Charles Michel souhaite lier davantage les régions aux plans de relance nationaux

Le président du Conseil européen Charles Michel souhaite lier davantage les régions aux plans de relance nationaux actuels. Telle est la conclusion de son entretien avec le Comité des Régions (CdR) mercredi (17 mars). Un article d’Euractiv Allemagne.

« En fin de compte, personne ne veut être la lanterne rouge », a expliqué l’expert du NALAS Elton Stafa.

En outre, le NALAS prend part à des projets financés par l’UE, malgré la complexité de leur mise en place ; une complexité illustrée par le programme-cadre pour la recherche et l’innovation « Horizon 2020 », estime le représentant du réseau Joachim Roth : « Les demandes d’adhésion sont extrêmement chronophages sur le plan administratif ».

Par ailleurs, M. Roth a également mis en exergue les effets qu’entraînait la bulle européenne.

« Nous avons vu beaucoup de députés européens, aux bagages nombreux et variés au sein d’autorités locales ou régionales, arriver à Bruxelles et oublier d’où ils viennent », déplore-t-il.

Parallèlement, alors que les réformes de la gouvernance au niveau local sont vantées comme des conditions sine qua non à l’adhésion à l’UE, la Commission européenne semble plutôt mettre l’accent sur des réformes nationales sectorielles.

« L’exécutif européen exerce bien plus de pressions à l’échelle nationale qu’à l’échelle locale en matière de protection sociale ou de santé, et ce malgré le fait que l’ensemble de ces stratégies et politiques soient ensuite transposées à l’échelle locale », a maintenu M. Stafa.

Ces propos font écho à ceux de Joachim Roth. Ce dernier note toutefois que le Conseil de l’UE était à la source des difficultés rencontrées.

À huis clos, les gouvernements locaux sont souvent délaissés lorsque les ministres européens s’entretiennent sur les procédures de réformes, a-t-il déclaré.

Cependant, « si les autorités locales ne sont pas consultées dans ces démarches, vous pouvez dire adieu à vos réformes, car elles ne prendront pas. »

C’est là qu’entrent en jeu les associations comme le NALAS : elles peuvent exercer des pressions sur les institutions européennes et garder la coopération à l’ordre du jour.

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Le Comité européen des régions (CdR) appelle à la création d’une macrorégion atlantique afin de mieux affronter les répercussions du Brexit et de la crise sanitaire sur la pêche, le tourisme, les liaisons maritimes et les chaînes logistiques.

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