L’Autriche approuve le traité de Lisbonne dans un contexte de protestations [FR]

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Mercredi 9 avril, la Chambre basse du Parlement autrichien a approuvé le traité de Lisbonne, rejetant les appels de deux groupes minoritaires d’extrême droite qui demandaient la tenue d’un référendum sur la question.

Le traité a été approuvé à la Chambre basse du Parlement mercredi 9 avril par une grande coalition formée par des sociaux-démocrates, des conservateurs et des membres du parti Vert de l’opposition.

Le vote a eu lieu malgré l’opposition de deux groupes minoritaires d’extrême droite – le Parti autrichien de la liberté (FPÖ) et l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ) – qui ont appelé à l’organisation d’un référendum sur la question. Environ 1 500 militants du mouvement « Sauver l’Autriche » ont envahi les rues de Vienne mardi, faisant circuler une pétition signée par plus de 100 000 personnes pour demander la tenue d’un référendum.

Les huit heures de débat parlementaires étaient animées, selon l’agence de presse allemande DPA, les députés de l’opposition agitant des écharpes de supporters de football en signe de protestation. Le traité a finalement été facilement approuvé par une écrasante majorité de 151 voix contre 28.

Le courant eurosceptique est profondément ancré en Autriche même s’il est maintenant confiné à une minorité au Parlement suite aux élections de 2006, remportées par le parti social-démocrate (SPÖ) de Alfred Gusenbauer. L’élection a porté un sérieux coup au parti populaire autrichien (ÖVP) mené par Wolfgang Schüssel, qui avait gouverné le pays durant les six dernières années avec le FPÖ d’extrême droite. Cependant, le parti ÖVP avait réussi à retourner au pouvoir en entrant dans un gouvernement de coalition mené par M. Gusenbauer en janvier 2007 (EURACTIV 09/01/07). 

L’Autriche a écrit l’histoire de l’UE quand le leader d’extrême droite du FPÖ, Jörg Haider, est entré au gouvernement après avoir remporté une victoire écrasante lors des élections générales de 1999. Dans un mouvement de panique, les chefs d’Etat européens avaient isolé Vienne diplomatiquement, en menaçant d’utiliser l’Article 7 du traité de Nice qui permet aux Etats membres, par un vote à la majorité qualifiée, de suspendre les droits d’un pays en cas de « violation grave et persistante des droits fondamentaux » (EURACTIV 11/01/06). 

Face à la pression, M. Haider s’était retiré de la présidence du parti en 2000, formant le nouveau parti BZÖ et mettant fin à l’isolement diplomatique de l’Autriche.

L’Irlande est aujourd’hui le seul pays certain de tenir un référendum, qui pourrait avoir lieu le 12 juin. D’autres pays ont opté pour une ratification par voie parlementaire.

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