L’Occident juge illégales les tentatives russes d’annexer la Crimée

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Le Parlement de Crimée a voté le rattachement de la région à la Russie, exacerbant les tensions avec les pays européens et les Etats-Unis , qui jugent la décision non conforme au droit international. 

Le référendum prévu en Crimée le 16 mars afin de rattacher la région à majorité russophone à la Russie fait monter d’un cran les tensions entre Vladimir Poutine et les pays occidentaux.

La Crimée est contrôlée depuis fin février par des forces russes. Le Parlement pro-russe de la péninsule a décidé d'organiser le 16 mars un référendum pour décider de son rattachement à la Russie. Une décision jugée illégale par Kiev, qui tente de son côté de se rapprocher de l’Union européenne. 

Au cours d’entretiens téléphoniques avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron, le président russe a défendu le référendum prévu le 16 mars en Crimée. Vladimir Poutine a estimé que les mesures prises par le Parlement de Crimée de rattacher la région à la Russie sont conformes au droit international et visent à protéger les intérêts de la population, majoritairement russophone.

Malgré leurs différences d'analyse sur la situation en Ukraine, les trois dirigeants ont plaidé pour une baisse des tensions et une normalisation « le plus tôt possible », a précisé le Kremlin.

Une décision « légitime »

« Vladimir Poutine a en particulier souligné le fait que les mesures prises par les autorités légitimes de Crimée sont fondées sur le droit international et visent à garantir les intérêts légitimes de la population de la péninsule », précise le Kremlin dans un communiqué.

Le président russe, poursuit le communiqué, « a également attiré l'attention de ses interlocuteurs sur l'inertie des autorités actuelles à Kiev qui ne font rien pour freiner l'influence rampante des forces ultranationalistes et extrémistes dans la capitale et dans de nombreuses régions ».

À la suite de l'éviction de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch le 22 février, soldats russes et miliciens pro-Kremlin ont pris le contrôle de la Crimée, qui abrite dans le port de Sébastopol la plus grande partie de la flotte russe de la mer Noire.

Le 8 mars, le ministre des Affaires étrangères ukrainien par intérim, Andri Dechtchitsia, a assuré que Kiev ne renoncerait jamais à la Crimée. Le premier ministre pro-russe de Crimée, Sergueï Axionov, a répliqué en affirmant que « personne » ne pourrait empêcher le référendum du 16 mars.

Violation du droit international

Angela Merkel a déclaré à Vladimir Poutine que le référendum prévu en Crimée violait la constitution ukrainienne de même que le droit international, indique le gouvernement allemand dans un communiqué.

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a dit de son côté à la chaîne publique allemande ARD que, étant donné que le référendum était « contraire au droit international », il serait difficile d'éviter des mesures de boycott ou des sanctions économiques.

« Ce n'est pas un secret, nous Allemands et notre gouvernement ne souhaitons pas cela, parce que nous savons qu'au bout du compte il n'y aura pas de vainqueurs, mais l'Europe ne peut pas se contenter de rester les bras croisés », a-t-il ajouté.

De leur côté, les États-Unis ont également lancé une nouvelle mise en garde à Moscou, affirmant qu'une annexion de la République autonome de Crimée, qui appartient depuis 1954 à l'Ukraine, rendrait impossible toute solution diplomatique à la crise.

À Washington, un responsable de la sécurité nationale, Tony Blinken, a déclaré que les États-Unis ne reconnaîtraient pas une annexion de la Crimée par la Russie.

Accélération du rapprochement avec l’UE

Parallèlement à la gestion de la crise en Crimée, le rapprochement de l’Ukraine et de l’Union européenne se poursuit.

Le pays espère signer le 17 ou le 21 mars le volet politique d'un accord d'association avec l'Union européenne, a déclaré le 9 mars le ministre ukrainien des Affaires étrangères par intérim Andriï Dechtchitsa.

« L'accord d'association politique pourrait être signé le 17 ou le 21 mars », a indiqué M. Dechtchitsa dans une interview à une chaîne de télévision.

Ces date correspondent respectivement à unee réunion des ministres des Affaires étrangères européen et au sommet des chef d'État et de gouvernement de l'UE à Bruxelles.

L’Union européenne s’est engagée à signer les chapitres politiques de l’accord d’association avec l’Ukraine chapitres politiques avant les élections ukrainiennes du 25 mai. 

Le 2 mars 2014, sans effusion de sang, les forces russes se sont emparées de la Crimée, une péninsule isolée de la mer Noire où Moscou dispose d’une base navale. En réponse, l’Ukraine a mobilisé ses troupes dans l’éventualité d’une guerre.

Alors que les pays occidentaux envisagent les méthodes à employer en vue de répondre à la crise, les États-Unis se concentrent sur des sanctions d'ordre économique, diplomatique et politique.

Washington a fait savoir qu’elle n’avait pas l’attention d’avoir recours à la force militaire.

Le groupe des sept pays les plus industrialisés a condamné l'intervention de la Russie sur le territoire ukrainien. Il a suspendu les préparations pour le sommet du G8, dont la Russie fait partie, prévu en juin à Sotchi.

Entre-temps, les ministres des Finances du G7 ont déclaré qu'ils étaient prêts à fournir « un fort soutien financier » à l'Ukraine si le nouveau gouvernement accepte de mener des réformes économiques exigées par le Fonds monétaire international.

  • 16 mars 2014: référendum sur l'annexion de la Crimée

  • 17 ou le 21 mars 2014: signature du volet politique d'un accord d'association avec l'Union européenne

  • 25 mai 2014: élections présidentielles anticipées en Ukraine

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