L’UE adopte de nouvelles sanctions économiques contre la Russie

Eurozone economies may suffer as a result of the sanctions against Russia. [Stephanie Jones/Flickr]

Les pays membres de l’Union européenne sont parvenus mardi à un accord sur des sanctions économiques contre la Russie en raison du rôle joué par le pays dans la crise en Ukraine, ont dit des diplomates, une décision qui marque une nouvelle étape dans la plus grave confrontation entre Moscou et l’Occident depuis la fin de la Guerre froide.

L’Union européenne s’est accordée mardi 29 juillet sur de nouvelles mesures de rétorsion, qui incluront la fermeture de l’accès aux marchés de capitaux de l’Union européenne aux banques russes détenues par l’État et cibleront le secteur de la défense et les technologies dites sensibles.

Quelques heures plus tard, le président américain Barack Obama a également annoncé de nouvelles sanctions contre Moscou visant les secteurs de l’énergie, de la défense et de la finance, avec la suspension d’exportations, l’assujettissement de nouvelles banques et entreprises du secteur de la défense aux sanctions et la suspension formelle des crédits à l’exportation et des financements du développement économique russe.

Contrairement aux États-Unis, les 28 pays de l’Union européenne, en raison d’importants intérêts économiques en jeu, ont tergiversé pendant des mois avant de prendre des mesures d’une certaine ampleur contre la Russie, dont le rôle dans la crise en Ukraine est dénoncé depuis l’annexion de la Crimée par Moscou en mars.

>>Lire : France, Royaume-Uni et Allemagne songent à de nouvelles sanctions contre la Russie

Mais la destruction, il y a une dizaine de jours du Boeing 777 de la Malaysia Airlines transportant 298 civils – dont 194 ressortissants néerlandais – survolant une partie de l’Ukraine contrôlée par des séparatistes pro-russes, a radicalement changé la donne.

La décision de l’Union européenne d’imposer des sanctions à la Russie était « inévitable », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, ajoutant que les dirigeants européens avaient à maintes reprises mis en garde Moscou concernant les conséquences de l’annexion de la Crimée et de la déstabilisation de l’est ukrainien.

>>Lire : L’UE élargit les sanctions contre la Russie

« C’est maintenant aux dirigeants russes de décider s’ils veulent emprunter le chemin de la désescalade et de la coopération (…) Les sanctions européennes peuvent être revues, mais le franchissement de nouvelles étapes est également possible. »

Poursuite des combats à Donetsk

Sur le terrain, d’intenses combats entre forces gouvernementales et combattants rebelles ont entraîné la mort de dizaines de civils, soldats et rebelles au cours des dernières vingt-quatre heures.

Les forces ukrainiennes poussent depuis plusieurs jours les séparatistes à se retrancher dans leurs bastions de Louhansk et de Donetsk et cherchent à les encercler en plusieurs points.

Des tirs d’artillerie ont été entendus mardi dans le centre de Donetsk et peu après les tirs, le corps d’un homme a été retrouvé, gisant dans les décombres. Des responsables locaux ont annoncé que le bombardement avait fait deux morts.

D’intenses combats entre l’armée ukrainienne ont coûté la vie à au moins 17 personnes lundi soir à Horlivka – Gorlovka en russe -, une ville entre Donetsk et Slaviansk.

Kiev a déclaré avoir repris plusieurs villages aux alentours du site du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Moscou a une nouvelle fois accusé mardi les forces ukrainiennes d’avoir procédé à des tirs de fusils d’assaut et de lance-grenades en direction du territoire russe.

Les séparatistes ont pour leur part accusé l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de « servir les intérêts des États-Unis et de l’Ukraine » et ont menacé d’empêcher ses inspecteurs de se rendre sur le site du crash de l’avion de la Malaysia Airlines.

Les experts australiens et néerlandais qui souhaitaient se rendre sur place ont dû pour le troisième jour consécutif rebrousser chemin mardi en raison des violents combats dans la zone.

Le programme de prêts de 17 milliards de dollars (12,7 milliards d’euros) du Fonds monétaire international en faveur de l’Ukraine pourrait devoir être révisé si le conflit dans l’est du pays se prolonge, a déclaré mardi Christine Lagarde, la directrice générale du FMI.

Le programme était fondé sur l’hypothèse d’une résolution du conflit dans un « avenir pas trop lointain », a-t-elle dit à des journalistes à Washington.

Des représentants ukrainiens, y compris le vice-premier ministre, ont demandé une aide accrue des donateurs internationaux pour aider Kiev à combattre les séparatistes pro-russes dans l’est du pays.

La crise ukrainienne a éclaté quand l'ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Or il a préféré se rapprocher de la Russie, engendrant des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant l’Occident à la Russie depuis la guerre froide.

Depuis lors, la tension n'a fait que grimper dans l'est et le sud de l'Ukraine. L'Union européenne a envisagé de prendre des sanctions contre la Russie immédiatement après l'invasion de la Crimée fin février. L'UE a pris à la mi-mars les premières mesures à l'encontre des personnes impliquées dans la crise de Crimée. Entre temps des menaces de sanctions économiques ont été évoquées à plusieurs reprises.

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