L’UE décidera de nouvelles sanctions contre la Russie d’ici vendredi

Federica Mogherini. NATO, September 2013. [CBTBO/Flickr]

Les pays membres de l’Union européenne prendront une décision sur un nouveau train de sanctions contre la Russie d’ici vendredi 5 septembre, a déclaré mardi la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini.

Le renforcement des sanctions européennes contre Moscou se précise. A l’occasion d’une intervention au Parlement européen, la future représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini,  a indiqué que la Commission européenne allait présenter une proposition qui serait finalisée mercredi 3 septembre.

Les États membres devraient ensuite trancher la question d’ici vendredi 5 septembre.

Entreprises publiques russes en ligne de mire

La Commission européenne envisage d’étendre l’interdiction d’emprunter ou de lever des fonds sur ses marchés de capitaux à l’ensemble des entreprises publiques russes et plus seulement les banques publiques et certains pays proposent d’ajouter le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou à liste des personnes interdites de séjour au sein de l’UE, ont dit des diplomates européens.

Parmi les autres mesures débattues lors de la réunion de lundi figure l’interdiction des prêts syndiqués aux banques et institutions publiques russes ainsi que l’interdiction d’achat de produits financiers dérivés russes.

La possibilité d’interdire la vente de biens à usage civil et militaire à l’ensemble des importateurs russes et plus seulement ceux du secteur de la défense comme c’est le cas depuis juillet a aussi été évoquée.

L’interdiction de vendre des technologies de pointe dans le secteur de l’énergie pourrait aussi être étendue aux contrats de maintenance, ont dit les diplomates.

Certains pays ont aussi proposé d’exclure la Russie de certaines rencontres économiques et événements culturels et sportifs.

Réserves à Prague et Bratislava

« Nous devons répondre de la manière la plus forte possible », a déclaré Federica Mogherini à des journalistes après son intervention devant le Parlement européen.

« La situation sur le terrain devient de plus en plus dramatique. Nous parlons d’une agression et je pense que les sanctions font partie d’une stratégie politique », a-t-elle dit.

À l’issue de leur réunion à Bruxelles samedi 30août, les dirigeants de l’UE ont décidé que ce qu’ils considèrent comme un engagement direct de soldats russes dans le conflit ukrainien appelait un renforcement des sanctions à moins d’un retrait de ses troupes par Moscou.

Federica Mogherini, que certains pays d’Europe centrale ont jugé trop conciliante avec Moscou jusqu’à présent, a monté le ton devant le Parlement européen.

Le premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, s’est toutefois alarmé mardi des risques liés à un renforcement des sanctions.

« L’Europe ne devrait pas se pénaliser elle-même par des sanctions. Je considère que l’escalade des sanctions est très risquée », a-t-il déclaré à la télévision tchèque.

Le conseil des ministres tchèque débattra mercredi des propositions européennes de nouvelles sanctions que Praque veut amender.

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a pour sa part estimé que les sanctions étaient « dénuées de sens et contre-productives », menaçant d’opposer son veto à toutes mesures qui pénaliseraient la Slovaquie. La Hongrie et l’Autriche n’ont pas non plus caché leur scepticisme.

Tensions autour de la procédure d’adhésion à l’OTAN

Federica Mogherini a aussi dit qu’elle s’était entretenue lundi avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui l’avait félicitée pour sa nomination à la tête de la diplomatie de l’UE sans qu’elle ait évoqué le dossier ukrainien en détail avec lui.

Sergueï Lavrov a déclaré mardi que l’initiative de l’Ukraine visant à lancer les procédures d’adhésion à l’OTAN était destinée à entraver les efforts pour un mettre un terme au conflit et il a appelé Washington à user de son influence pour « ramener (Kiev) à la raison ».

« Le soutien au renforcement du parti de la guerre à Kiev est activement alimenté et conforté par Washington et certaines capitales européennes », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

« Le plus important est la nécessité de ramener à la raison le parti de la guerre à Kiev, et cela ne peut être fait, dans une large mesure, que par Washington. »

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a annoncé vendredi que le gouvernement allait demander au parlement de lancer les procédures d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

La crise ukrainienne a éclaté quand l'ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Or il a préféré se rapprocher de la Russie, engendrant des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant l’Occident à la Russie depuis la guerre froide.

Depuis lors, la tension n'a fait que grimper dans l'est et le sud de l'Ukraine. L'Union européenne a envisagé de prendre des sanctions contre la Russie immédiatement après l'invasion de la Crimée fin février. L'UE a pris à la mi-mars les premières mesures à l'encontre des personnes impliquées dans la crise de Crimée. Entre temps des menaces de sanctions économiques ont été évoquées à plusieurs reprises.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.