L’UE élargit les sanctions contre la Russie

Le MH17 s'est abîmé le 17 juillet faisant 298 morts. (Credit: [Denis Kornilov]/Shutterstock)

A l’issue d’une réunion le 24 juillet à Bruxelles, les Etats membres ont décidé d’appliquer des sanctions à 87 personnes et 20 entreprises ou organisations en raison de la situation en Ukraine. L’UE envisage maintenant de s’attaquer à l’économie russe.

Les gouvernements des États membres de l’Union européenne ont finalement haussé le ton face à la Russie en s’accordant le 24 juillet sur un renforcement des sanctions à l’égard du Kremlin.

Au cours d’une réunion, des ambassadeurs des 28 pays à Bruxelles, 15 personnes et 18 entreprises et autres organisations ont été ajoutés à la liste des sanctions prises à l’encontre de Moscou, dont le rôle est pointé du doigt dans la crise ukrainienne.

Celles-ci sont accusées de soutenir les combattants pro-russes de l’Est de l’Ukraine. Jusqu’à présent 72 personnalités russes et ukrainiennes pro-russes ainsi que deux entités ayant leur siège en Crimée étaient présentes sur la liste.

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Le secteur économique russe dans le viseur occidental

De son côté, la Commission a proposé qu’un nouveau volet de sanctions soit examiné par les États membres. Une proposition de sanctions plus ambitieuse qui s’appliquerait à quatre secteurs dont l’accès aux marchés financiers, la défense, les « technologies sensibles » en particulier dans le secteur de l’énergie et les biens « à double usage » civils et militaires.

Concrètement, la Commission propose d’interdire l’accès aux marchés européens à toutes les institutions financières russes détenues majoritairement par l’État, afin d’empêcher Moscou de lever des fonds auprès des ressortissants européens.  

À l’annonce du durcissement des sanctions européennes, la banque centrale russe a immédiatement réagi en relevant son taux directeur à 8 %, afin d’éviter une chute du rouble et une trop forte inflation.

Front uni européen

Depuis plusieurs mois, les États membres de l’UE étaient pourtant divisés sur la mise en place de nouvelles sanctions frappant des secteurs entiers de l’économie russe. La catastrophe aérienne du 17 juillet a changé la donne et les a amenés à durcir leur position.

Mark Rutte, le premier ministre néerlandais a appelé vendredi 25 juillet la Russie à prendre ses distances avec les séparatistes qui combattent dans l’est de l’Ukraine. « Tout montre que la Russie continuer d’armer les séparatistes », a déclaré le ministre.

Les Pays-Bas ont payé un lourd tribut dans le crash du vol MH17 en Ukraine puisque 192 Néerlandais étaient passagers.

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Démission du premier ministre ukrainien

Parallèlement au durcissement des sanctions, la situation politique ukrainienne a empiré.  Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a donné sa démission, qui doit encore être approuvée par le Parlement.

Ce dernier reproche au Parlement ukrainien de ne pas avoir voté une augmentation du budget militaire alors que les combats contre les séparatistes pro-russes font rage dans l’est du pays.

Cette démission-surprise est le reflet d’une division au sein de l’équipe dirigeante de l’Ukraine et intervient après la dissolution de la coalition gouvernementale au Parlement avant des élections législatives anticipées.

Pour sa part, Petro Porochenko, le nouveau président ukrainien a demandé au Parlement de ne pas entériner la démission du premier ministre. Il a également demandé un vote de « confiance » vendredi.

En attendant le  vote du parlement, le gouvernement a nommé le vice-premier ministre chargé des régions, Volodymyr Groïsmann, en tant que premier ministre par intérim.

La crise ukrainienne a éclaté quand l'ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Or il a préféré se rapprocher de la Russie, engendrant des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant l’Occident à la Russie depuis la guerre froide.

Depuis lors, la tension n'a fait que grimper dans l'est et le sud de l'Ukraine. L'Union européenne a envisagé de prendre des sanctions contre la Russie immédiatement après l'invasion de la Crimée fin février. L'UE a pris à la mi-mars les premières mesures à l'encontre des personnes impliquées dans la crise de Crimée. Entre temps des menaces de sanctions économiques ont été évoquées à plusieurs reprises.

Mardi 29 juillet : réunion du Conseil des Affaires étrangères

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