L’UE peine à choisir ses « sages » pour réfléchir à son futur [FR]

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La présidence française souhaite que le sommet européen des 15 et 16 octobre soutienne l’instauration d’un groupe de « sages » afin de réfléchir à l’avenir de l’Europe. Toutefois, selon des sources diplomatiques consultées par EURACTIV, il n’y a pas encore d’accord sur sa composition. 

La composition du groupe de réflexion reste incertaine. Ses neuf membres seront chargés d’anticiper les défis à long terme auxquels l’Union sera confrontée jusqu’en 2030. 

Le projet de conclusions du sommet européen, consulté par EURACTIV, comprend un petit paragraphe dédié au lancement du groupe de réflexion. Le paragraphe est entre parenthèses, ce qui signifie que l’initiative ne bénéficie pas de l’unanimité.

Selon des sources diplomatiques, le Conseil ne parvient toujours pas à dégager une liste de membres étant donné que les consultations menées par le président du groupe, l’ancien Premier ministre espagnol Felipe González, n’ont pas encore abouti. EURACTIV a appris que des pays comme la France, la Finlande, l’Allemagne, l’Italie et la Suède figurent dans la liste provisoire.

Fait révélateur, aucun représentant britannique n’est présent dans la liste provisoire consultée par EURACTIV. Cela pourrait signifier que les inquiétudes initiales par rapport à la portée du mandat du groupe restent fondées près d’un an après le lancement de l’initiative lors d’un sommet européen de décembre 2007.

A l’origine, le président français Nicolas Sarkozy avait souhaité que le groupe de réflexion définisse les frontières définitives de l’UE. De nombreux observateurs avaient considéré cette opinion comme une tentative de bloquer la future adhésion de la Turquie à l’UE (EURACTIV 17/12/07). Mais le Royaume-Uni et les pays d’Europe de l’Est, qui défendent l’extension de l’UE à l’Est, sont opposés à la mise en place de telles limites. Par ailleurs, il semble que les pays de l’Est ne comptent eux aussi aucun représentant dans la liste provisoire, le nom de l’ancienne présidente lettonne Vaira Vike-Freiberga n’y apparaissant plus. 

Interrogé à ce sujet, un porte-parole du Conseil s’est refusé à tout commentaire. 

D’autres obstacles pourraient en outre entraver les progrès. Le sommet de décembre 2007 indiquait que « le groupe mènera sa réflexion dans le cadre établi par le traité de Lisbonne », qui a été entre-temps rejeté par le vote irlandais.

Si le traité de Lisbonne est encore en difficulté, le projet de conclusions du sommet mentionne pourtant que le groupe débutera ses travaux en janvier 2009. 

Le projet de conclusions n’indique aucune suite à donner au traité de Lisbonne. Des diplomates ont déclaré à EURACTIV que le Premier ministre irlandais Brian Cowen s’était en fait rétracté par rapport à son engagement précédent, contenu dans les conclusions du sommet de juin, où il avait promis de présenter des propositions de solution dès le sommet d’octobre. 

A la place, M. Cowen devrait présenter uniquement un aperçu de la situation, repoussant sa proposition sur la marche à suivre au sommet de décembre, selon les sources.

Le Conseil européen du 14 décembre 2007 a décidé de mettre en place un « groupe de réflexion » composé de neuf personnes au maximum. Sélectionnés dans toute l’Union sur la base de leur mérite, ses membres tâcheront d’identifier les principales questions et évolutions auxquelles l’UE devrait faire face à l’avenir tout en analysant des solutions potentielles. 

C’est l’ancien Premier ministre espagnol Felipe González qui a été désigné président du groupe. Quant à la vice-présidence, elle est détenue par Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie, et par Jorma Ollila, ancien PDG de Nokia. 

Selon l’accord, le président et les vices-présidents sont invités à soumettre une liste de noms qui doit être examinée au cours de la présidence française.

  •  15-16 oct. 2008 : Conseil européen. 
  •  11-12 déc. 2008 : Conseil européen. 

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