La Bulgarie envisage d’attaquer en justice le « paquet mobilité » de Macron

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SOFIA

La Bulgarie demandera probablement l’annulation d’une partie du paquet mobilité devant la Cour de justice de l’UE si aucun compromis n’est trouvé sur les questions les plus litigieuses, a déclaré le socialiste Peter Vitanov (S&D), membre de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen, à Euractiv Bulgarie.

Le 24 septembre, la commission des transports du Parlement a donné le feu vert à l’ouverture de négociations avec la Commission européenne et le Conseil sur les règles destinées à réformer le secteur des transports de l’UE. Le trilogue débutera le 1er novembre et sera dirigé par la nouvelle Commission européenne. L’objectif est de parvenir à un compromis sur les règles connues sous le nom de « paquet Macron ».

La Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie s’opposent à une partie des changements.

Le « paquet Macron » introduit de nouvelles règles pour les chauffeurs détachés, notamment un salaire minimum plus élevé et une réglementation de leur séjour dans les hôtels. La question la plus controversée est le retour des camions vides dans leur pays d’origine une fois toutes les quatre semaines. Cela empêcherait les entreprises de transport d’Europe centrale et orientale de fournir leurs services sur le marché de l’Europe occidentale, ce qu’on appelle le « cabotage ».

Les six pays qui s’opposent à ces changements affirment que l’obligation de restituer les camions vides serait une mesure protectionniste illégale qui affecterait gravement les entreprises de leurs pays respectifs et entraînerait des pertes d’emplois et une émigration économique accrue. Les représentants bulgares comptent parmi les opposants les plus acharnés au paquet contesté. Peter Vitanov a estimé que le gouvernement bulgare et l’industrie du transport local devraient faire des compromis sur certains des changements pour négocier l’annulation des propositions les plus controversées.

« Le retour du camion vide [dans son pays d’origine] est contraire à un principe fondamental de l’UE – la libre circulation des marchandises et des capitaux », a déclaré Peter Vitanov. Cela signifie que la Bulgarie peut entamer les négociations en vue de trouver un compromis avec la menace d’un procès en suspens. « Il n’y a aucun moyen d’obliger qui que ce soit à aller ailleurs. C’est contraire au marché libre », a ajouté Peter Vitanov. (Krassen Nikolov, Euractiv Bulgarie)

BRUXELLES

Cecilia Malmström se cache-t-elle de la commission ENVI ? La commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen a envoyé une lettre à la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, l’invitant à nouveau à un échange de vues sur l’accord Mercosur.

La lettre, signée par le président d’ENVI, l’eurodéputé Pascal Canfin, membre de Renew Europe, stipule : « J’ai informé les coordinateurs d’ENVI que vous n’étiez pas disponible pour un échange de vues sur l’accord Mercosur lors d’une des prochaines réunions d’ENVI, en raison d’engagements antérieurs et ils m’ont chargé de revenir vers vous pour réitérer notre invitation.

« La commission ENVI estime que votre présence est nécessaire pour apporter des éclaircissements supplémentaires sur le caractère contraignant et l’ambition des chapitres sur le développement durable », indique la lettre.

Des sources du Parlement européen ont déclaré à Euractiv que « l’ancienne Commission n’est pas encore habituée au mode de fonctionnement qu’implique le Green Deal européen ».

L’accord-cadre de 2010 sur les relations entre le Parlement européen et la Commission européenne prévoit que l’hémicycle « sera immédiatement et pleinement informé à tous les stades de la négociation et de la conclusion des accords internationaux ».

L’accord commercial UE-Mercosur a déclenché une forte réaction des écologistes, qui l’ont qualifié de « moment sombre » et ont mis en garde contre de graves conséquences pour le climat. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

MADRID

Un nouveau « gamin de gauche » secoue la politique espagnole. Un nouveau sondage mené par le Centre officiel de recherches sociologiques prévoit une baisse de 3,5% pour le parti socialiste (PSOE) lors des prochaines élections en raison des craintes de division dans le camp de gauche, selon Euroefe.

Selon le sondage, le PSOE obtiendrait un recul modéré de 27 % par rapport aux résultats des élections générales du 28 avril. Les socialistes sont sortis vainqueurs mais n’ont pas obtenu une majorité suffisante pour former un gouvernement.

Le dernier sondage a été réalisé avant l’annonce de nouvelles élections le 10 novembre, et avant que le dirigeant de gauche Iñigo Errejón, cofondateur de Podemos, décide cette semaine de lancer un nouveau parti : Más País.

Íñigo Errejón, un militant de gauche de 35 ans, a quitté Podemos en janvier en raison de désaccords avec son dirigeant polémique et ancien ami proche, Pablo Iglesias. « Íñigo et moi étions de très bons amis, nous ne le sommes plus », a déclaré Pablo Iglesias le 24 septembre.

Le sondage ne semble donc pas refléter l’« effet Errejón », qui pourrait provoquer une forte fragmentation des votes parmi les partisans de Podemos, du PSOE et de Más País.

Les analystes suggèrent que le nouveau parti d’Errejón pourrait avoir un effet désastreux, car il pourrait porter un coup dur non seulement à Pablo Iglesias mais aussi à la gauche espagnole dans son ensemble. Cela pourrait favoriser les forces conservatrices, en particulier le Partido Popular (PP, droite), les libéraux-centristes de Ciudadanos et l’extrême droite Vox, qui pourraient éventuellement forger un front « trilatéral ».

Cependant, le Premier ministre socialiste par intérim Pedro Sánchez a déclaré qu’il n’était pas préoccupé par le nouveau parti d’Errejón. « Nous nous attendions à une recomposition de l’espace politique de Podemos, à gauche du PSOE », a dit Pedro Sánchez. (Fernando Heller, Euroefe)

PARIS

Réactions à la mort de Jacques Chirac. « Nous, les Français, avons perdu un homme d’Etat que nous aimions autant qu’il nous aimait… Que nous partagions ou non ses idées ou ce pour quoi il s’est battu, nous nous reconnaissons tous en cet homme qui nous ressemblait et nous a rassemblés », a déclaré le président français Emmanuel Macron. Dominique de Villepin, qui était son ministre des Affaires étrangères, a commenté : « C’est une partie de la France qui nous a quittés. »

La mort de l’ancien président Jacques Chirac a suscité un flot d’éloges et de sympathie de la part de la classe politique et de la société françaises.

Jacques Chirac s’est opposé à la guerre menée par les Etats-Unis en Irak en 2003, à une époque où d’autres pays européens se conformaient aux souhaits de la superpuissance. (Euractiv France)

ROME

L’aide au suicide est parfois légitime. Le monde politique est divisé et l’Eglise catholique a exprimé sa consternation après que la Cour constitutionnelle italienne a décidé le 25 septembre que l’aide au suicide était légale dans certains cas. La décision du tribunal portait sur l’affaire du droit à mourir concernant l’activiste Marco Cappato. Ce dernier a été accusé d’assistance au suicide en aidant l’ex-DJ italien Fabiano Antoniani, âgé de 40 ans, aveugle et tétraplégique, mieux connu sous le nom de DJ Fabo, à s’ôter la vie dans une clinique suisse en 2017.

BUCAREST/BUDAPEST

Commissaires candidats rejetés. La commission juridique du Parlement européen a rejeté les commissaires désignés de Roumanie et de Hongrie en raison d’un conflit d’intérêts, jeudi 26 septembre. Le temps presse, Bucarest et Budapest doivent maintenant proposer de nouveaux noms avant le début des auditions parlementaires complètes prévues la semaine prochaine. Du côté roumain, les noms qui avaient circulé précédemment, apparaissant comme une option beaucoup plus sûre, sont ceux de l’ancienne eurodéputée Ramona Mănescu, devenue ministre des Affaires étrangères du pays le 24 juillet dernier, et de Luminiţa Odobescu, représentante permanente de la Roumanie auprès de l’UE. Aucun nom de remplaçant potentiel pour la Hongrie n’a encore été diffusé. (Euractiv.com)

>> Lire aussi : Le Parlement met son veto aux candidatures des commissaires hongrois et roumain

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