La Charte des droits fondamentaux proclamée dans un climat de protestation [FR]

signing_ceremony_fundamenta.jpg

Mercredi 12 décembre, les présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil ont solennellement proclamée la Charte des droits fondamentaux à l’assemblée européenne à Strasbourg. Des eurodéputés eurosceptiques ont perturbé la cérémonie. 

La proclamation a eu lieu un jour à peine avant la signature par les chefs d’Etat et de gouvernement, le 13 décembre à Lisbonne, du nouveau traité européen dont l’un des articles contient une référence à la Charte et lui fournit une base juridique.

Cependant, la cérémonie a été interrompue par des députés européens eurosceptiques, qui ont hué les intervenants et ont appelé à un référendum sur le traité de Lisbonne, dont le texte reprend les principaux éléments du défunt projet de Constitution européenne, rejetée par les électeurs français et néerlandais en 2005. Le nouveau traité devrait être ratifié par les Parlements nationaux, à l’exception de l’Irlande, le seul pays tenu d’organiser un référendum. 

D’autres eurodéputés ont condamné les fauteurs de trouble au Parlement, les qualifiant de « hooligans ». D’après les propos du député européen libéral Graham Watson, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), ainsi que les conservateurs eurosceptiques et les eurodéputés polonais d’extrême droite ont importé le comportement hooligan des stades de football au sein du Parlement européen. 

Le Premier ministre portugais José Socrates, dont le pays assure actuellement la présidence de l’UE, les a interpellés : peu importe le chahut et les cris, ce sera un jour fondamental dans l’histoire européenne. Cette Charte est un engagement envers les valeurs européennes. 

La Charte reprend une série de droits civiques, mais reconnaît également les droits politiques, économiques et sociaux des citoyens européens. Elle avait déjà été proclamée par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen de Nice en 2000, mais ne revêtait qu’une valeur politique. Le traité de Lisbonne va rendre la Charte juridiquement contraignante à l’ensemble des institutions, des organes et des Etats membres de l’UE, appliquant le droit communautaire, à l’exception de la Pologne et du Royaume-Uni, qui ont obtenu des opt-outs.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire