La Finlande doit demander l’adhésion à l’OTAN sans délai, selon les dirigeants finlandais

Le Président finlandais Sauli Niinisto (R) et la Première ministre Sanna Marin lors d’une conférence de presse au Palais présidentiel à Helsinki, Finlande, 24 février 2022. [EPA-EFE/KIMMO BRANDT]

Article mis à jour en continu.

Le président finlandais, Sauli Niinistö, et la Première ministre, Sanna Marin, ont officiellement approuvé, jeudi 12 mai, l’idée d’une adhésion de leur pays à l’OTAN.

Cette mesure intervient alors que la guerre de la Russie en Ukraine a suscité un débat national et préparé le terrain pour une demande d’adhésion dans les prochains jours.

« La Finlande doit demander l’adhésion à l’OTAN sans délai », ont déclaré les deux dirigeants dans une déclaration commune.

« Nous espérons que les mesures nationales encore nécessaires pour prendre cette décision seront prises rapidement dans les prochains jours », ont-ils ajouté.

Jusqu’à récemment, les dirigeants finlandais considéraient l’adhésion à l’OTAN comme une provocation inutile de la Russie, mais le soutien de l’opinion publique à l’adhésion a également augmenté depuis le début de la guerre.

Au cours des dernières semaines, M. Niinistö et Mme Marin ont tous deux signalé une nouvelle ouverture à rejoindre l’alliance et à bénéficier de sa clause de défense mutuelle une fois qu’ils en seront membres à part entière.

« En tant que membre de l’OTAN, la Finlande renforcerait l’ensemble de l’alliance de défense », ont déclaré les dirigeants dans leur communiqué.

Le parti social-démocrate de Mme Marin devrait annoncer sa position samedi.

Les prochaines étapes consistent maintenant pour le président et le comité ministériel de Politique étrangère et de Sécurité à prendre la décision officielle de poser sa candidature et à la présenter officiellement au parlement finlandais, qui discutera et votera sur la proposition.

En mars, le gouvernement finlandais a lancé un examen de la politique de sécurité et a remis un rapport au Parlement pour qu’il en discute en avril, tout en menant des discussions avec tous les groupes parlementaires pour obtenir un soutien à la décision d’adhérer au traité.

Si la réponse du parlement finlandais est positive comme prévu, la Finlande pourrait demander officiellement à adhérer à l’OTAN dès la semaine prochaine.

Après quoi, les 30 pays membres actuels de l’OTAN devront la soutenir à l’unanimité.

La Finlande, qui partage une frontière de 1 300 kilomètres et un passé difficile avec la Russie, a progressivement renforcé sa coopération avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord en tant que partenaire depuis que la Russie a annexé la Crimée en 2014.

Le virage rapide de la Finlande vers l’OTAN est susceptible d’entraîner la Suède voisine.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a précédemment déclaré qu’il serait possible de permettre à la Finlande et à la Suède d’adhérer « assez rapidement ».

Alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie étend la puissance militaire de Moscou aux frontières de plusieurs membres de l’OTAN, les partenaires de l’OTAN, la Finlande et la Suède, ont fait l’objet d’une intensification des échanges d’informations et de la communication stratégique de l’OTAN.

OTAN : les pays nordiques demandent une procédure d’adhésion rapide pour la Suède et de la Finlande

Les cinq Premiers ministres des pays nordiques se sont réunis pour le sommet Inde-Pays nordiques, où l’énergie verte, la Russie et une éventuelle procédure de ratification rapide des adhésions à l’OTAN pour la Suède et la Finlande étaient à l’ordre du jour.

Cela signifie que les deux pays peuvent participer, au cas par cas, à un partage renforcé du renseignement et à des communications stratégiques.

La Finlande et la Suède sont deux des six pays dits « partenaires renforcés », essentiellement en raison de leurs contributions aux opérations de l’OTAN. En tant que tels, ils disposent d’options de coopération plus larges que les partenaires non renforcés.

La Russie a, à plusieurs reprises, mis en garde ces deux pays contre une adhésion à l’alliance.

En mars, son ministère des Affaires étrangères a déclaré à plusieurs reprises qu’il y aurait de graves conséquences militaires et politiques s’ils le faisaient.

Dans l’intervalle, la question sera de savoir quel type de garanties de sécurité les deux pays seront en mesure d’obtenir pour la période entre deux adhésions à part entière, pendant laquelle ils ne sont pas encore protégés par l’article 5 de l’OTAN, la clause de défense mutuelle.

Mercredi 11 mai, le Royaume-Uni a signé des accords confirmant des garanties de sécurité mutuelles avec la Finlande et la Suède, après la visite du Premier ministre Boris Johnson à Helsinki et à Stockholm.

***Charles Szumski a contribué au reportage.

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