La France et l’Allemagne «se moquent de nous», assure Giuseppe Conte

EPA-EFE/GIAN EHRENZELLER

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a vivement critiqué l’accord franco-allemand d’Aix-la-Chapelle signé mardi, accusant la France et l’Allemagne de se moquer de l’Italie et l’Union européenne.

La France et l’Allemagne « ne pensent qu’à leurs intérêts nationaux », affirme Giuseppe Conte cité par le quotidien Corriere della Sera.

Paris et Berlin ont signé un nouveau traité bilatéral complétant celui conclu en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer pour sceller la réconciliation franco-allemande.

Le traité comprend une clause de défense mutuelle assurant le soutien d’un pays si l’autre est agressé. Il confirme la volonté des deux États d’investir ensemble dans les armements, à l’image des projets d’avion de combat et de char, et de développer une approche commune pour l’exportation de ces équipements.

Paris et Berlin se proposent, en outre, de porter autant que possible une position unifiée de l’Union européenne aux Nations unies et affirment que l’admission de l’Allemagne comme membre permanent du Conseil de sécurité est une priorité de leur diplomatie.

Avec le traité d’Aix, Paris et Berlin prennent «leurs responsabilités»

Plus de 50 ans après la signature du Traité de l’Élysée, Paris et Berlin renouvellent leur alliance pour coopérer économiquement, culturellement et politiquement. Un traité leur permettra-t-il de passer outre les différences d’opinions. Un article d’Euractiv Allemagne.

« Nos alliés ne peuvent certainement pas rester silencieux et approuver des décisions adoptées par les autres », ajoute Giuseppe Conte.

Les relations entre la France et l’Italie sont mauvaises depuis l’arrivée au pouvoir du Mouvement 5 étoiles (anti-système) de Luigi Di Maio et de la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini au mois de juin, au point que l’ambassadrice italienne à Paris a été convoquée au Quai d’Orsay.

À quelques mois des élections européennes de mai, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, tous deux vice-présidents du Conseil, s’en prennent régulièrement à Emmanuel Macron.

Les deux dirigeants italiens ont – fait inhabituel – commenté récemment la politique intérieure française, exprimant leur soutien et leurs encouragements au mouvement des gilets jaunes.

Ces critiques récurrentes, qualifiées « d’inacceptables » par Paris, ont suscité une réaction de la part de la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau.

« En France, on a une expression qui est de dire ‘ce qui est excessif est insignifiant’, donc quand des propos sont excessifs à la fois par leur ton et par leur nombre, ils deviennent insignifiants », a-t-elle dit.

Le ministre italien Luigi Di Maio soutient les Gilets jaunes

Luigi Di Maio, ministre du Travail et des Affaires sociales et leader du mouvement 5 étoiles qui s’est allié à l’extrême-droite pour gouverner, assimile les Gilets jaunes à son propre mouvement. Et critique ouvertement le gouvernement français.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.