La France invitée à « l’humilité » pour sa présidence de l’UE

L'autonomie stratégique européenne, dont le président français Emmanuel Macron a fait un de ses chevaux de bataille, laisse sceptiques certains partenaires de l'UE. [ROBERTO MONALDO / POOL/EPA]

La France doit faire montre de « moins d’effet de style », « plus d’humilité » et « plus de concertation en amont » pendant sa présidence de l’UE au premier semestre 2022, préconise un rapport d’experts remis mardi (30 novembre) au gouvernement.

« Le rôle proactif de la France et du président de la République est reconnu mais peut faire l’objet de critiques et provoquer des blocages », met-il en garde dans ce rapport de 300 pages, commandé par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune et disponible en librairie en janvier.

« Le risque existe que la France, par sa position surplombante, puisse engendrer du ‘ressentiment' », relève le comité, qui a réuni douze universitaires et experts et était présidé par Thierry Chopin, professeur de Science politique à l’Université catholique de Lille.

La présidence française de l’UE (PFUE) doit « permettre de faire avancer les ambitions européennes de la France de manière renouvelée : moins d’effet de style et plus d’humilité, plus de concertation en amont, plus de débats publics avec des résultats concrets », insiste-t-il.

En un mot, « le conseil serait de faire ‘plus de Robert Schuman, moins de Victor Hugo' », ajoutent les auteurs du rapport, en référence à l’un des pères fondateurs de l’Europe et à l’écrivain français.

Ils appellent aussi à « lever les ambiguïtés du discours français sur l’Europe », notamment sur la souveraineté européenne, pour démontrer qu’il ne s’agit ni d’une « remise en cause de l’indépendance nationale de la France », ni de la « promotion des seuls intérêts français en Europe ».

L’autonomie stratégique européenne, dont le président français Emmanuel Macron a fait un de ses chevaux de bataille, laisse sceptiques certains partenaires de l’UE, notamment à l’Est du continent, qui redoutent une remise en cause du lien avec l’Otan et les Etats-Unis.

La présidence française doit aussi être l’occasion de « mieux ancrer l’Europe en France », dont l’opinion publique est l’une des plus eurosceptiques, soulignent les experts. « La France est à la fois à l’origine de ses plus grandes avancées (..) et de ses ‘coups d’arrêts’ les plus notables », pointent-ils en citant l’échec de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954 ou le rejet de la Constitution européenne en 2005.

Au-delà de cet état des lieux, le comité propose une série de propositions, dont un plan de relance bis post-Covid, la révision des critères de Maastricht sur les déficits publics et un système de répartition « plus juste » des demandeurs d’asile.

Côté institutions, ils suggèrent l’introduction d’une « dose » de députés transnationaux au Parlement européen, une idée chère à Emmanuel Macron, mais aussi le retour au mode antérieur de désignation du président de la Commission européenne, auquel le président français s’était opposé en 2019.

La France accueille à bras ouverts l'accord de coalition allemand, très pro-européen

Exécutif et élus de la majorité se réjouissent de l’accord de coalition trouvé mercredi (24 novembre) en Allemagne, très aligné sur les priorités françaises, notamment sur ses ambitions pour l’UE.

Subscribe to our newsletters

Subscribe