La France voit des progrès dans les négociations sur le nucléaire iranien, la Russie tente de contourner l’UE

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian quittant le palais de l’Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet du gouvernement français, à Paris, France, le 15 décembre 2021. EPA-EFE/YOAN VALAT

Des progrès ont été réalisés concernant les négociations sur le nucléaire iranien, bien que le temps soit compté, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères vendredi 7 janvier. Les négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis en vue de sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien ont repris lundi (3 janvier).

Les diplomates occidentaux ont indiqué qu’ils espéraient une avancée d’ici la fin du mois de janvier ou le début du mois de février, mais de fortes divergences subsistent, les questions les plus difficiles n’étant toujours pas résolues. L’Iran a rejeté toute date limite imposée par les puissances occidentales.

«  Je reste convaincu que nous pouvons parvenir à un accord. Des petits progrès ont été faits ces derniers jours  », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV et RMC Radio.

«  Nous sommes allés dans une direction positive ces derniers jours, mais le temps presse car si nous n’obtenons pas un accord rapidement, il n’y aura plus rien à négocier.  »

Le huitième cycle de négociations, le premier sous la direction du nouveau président conservateur iranien Ebrahim Raisi, a repris lundi après l’ajout de quelques nouvelles demandes iraniennes à un document de travail.

Nucléaire : les discussions entre l'Iran et l'UE continueront à Bruxelles

L’Iran a annoncé jeudi (14 octobre) avoir décidé avec l’Union européenne de poursuivre à Bruxelles « dans les jours à venir » leurs discussions pour tenter de relancer les négociations sur le nucléaire interrompues depuis juin.

Les puissances occidentales ont déclaré que les progrès étaient trop lents et qu’il restait aux négociateurs «  des semaines, pas des mois  » avant que l’accord de 2015 ne perde son sens.

L’Iran refuse de rencontrer directement les responsables américains, ce qui signifie que les autres parties — la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie — doivent faire la navette entre les deux parties.

Dans une interview accordée à Al-Jazeera jeudi (6 janvier), le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a également laissé entendre que la situation était positive, mais a répété la position de Téhéran selon laquelle toutes les sanctions doivent être levées et que Washington doit fournir des garanties qu’il ne se retirera pas à nouveau.

Il reste peu de choses de cet accord, qui levait les sanctions contre Téhéran en échange de restrictions sur ses activités atomiques. Le président de l’époque, Donald Trump, a retiré Washington de cet accord en 2018, réimposant des sanctions américaines, et l’Iran a par la suite enfreint de nombreuses restrictions nucléaires de l’accord et a continué à aller bien au-delà.

Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a déclaré en début de semaine que ces pourparlers sur l’accord nucléaire avec l’Iran à Vienne avaient montré des progrès modestes et que les États-Unis espéraient s’appuyer sur les progrès réalisés.

Le plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015 a levé les sanctions contre Téhéran en échange de restrictions sur ses activités atomiques, mais l’ancien président américain Donald Trump a retiré Washington de l’accord en 2018, un an après son entrée en fonction.

Au sujet de la Russie

En ce qui concerne la crise russo-ukrainienne, M. Le Drian a déclaré que Moscou tente de contourner l’Union européenne en menant des négociations directement avec les États-Unis au sujet de l’Ukraine, tout en déplaçant quelque 100 000 soldats près de la frontière entre les deux pays.

«  (Le président russe) Vladimir Poutine veut contourner l’Union européenne (…) il veut ébranler la cohésion de l’UE, qui est en train de se renforcer  », a déclaré M. Le Drian dans cette interview radiodiffusée.

Les discussions entre les diplomates américains et russes débuteront lundi (10 janvier) à Genève, après une semaine d’impasse sur les déploiements de troupes russes près de la frontière ukrainienne, avec des envoyés chevronnés de chaque côté pour tenter d’éviter une crise.

Nucléaire iranien : négociations peu probables avant 2-3 mois, selon Téhéran

Les discussions entamées en avril à Vienne pour tenter de relancer l’accord international sur le nucléaire iranien risquent de ne pas reprendre avant deux ou trois mois, selon Téhéran.

Subscribe to our newsletters

Subscribe