La grande coalition allemande perdure dans un équilibre précaire

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BERLIN

La grande coalition perdure. Pour le moment, le Parti social-démocrate (SPD) continuera à faire partie de la grande coalition allemande, aux côtés de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et de l’Union chrétienne sociale (CSU). Cependant, les résultats de la conférence du parti de cette fin de semaine illustrent un net virage à gauche et révèlent que l’avenir de la grande coalition est plus incertain que jamais.

Le parti s’est mis d’accord sur un plan de réforme de l’État-providence allemand. Surtout, ils ont voté l’abandon de Hartz IV, un ensemble controversé de réformes promulguées pendant le mandat du précédent chancelier du SPD, Gerhard Schröder, qui imposait davantage de conditions pour l’obtention des allocations de chômage ou des prestations sociales. En plus de plaider pour la levée de ces restrictions, le parti a notamment proposé d’augmenter le salaire minimum et de construire 1,5 million d’appartements à bas revenus au cours des dix prochaines années.

La nouvelle direction du parti a également proposé un investissement gouvernemental supplémentaire de plus de 45 millions d’euros par an pour l’environnement, l’éducation et les infrastructures, malgré le mandat constitutionnel imposant l’équilibre budgétaire.

Le SPD a appelé à une renégociation de l’accord de coalition avec la CDU/CSU pour discuter de ces développements. Le ministre du Travail Hubertus Heil (SPD) a présenté le plan, en disant : « Nous discuterons de ces positions avec notre partenaire de la coalition. Je veux savoir quelles sont les idées de l’Union… C’est l’occasion pour cette coalition de rendre l’ensemble du système plus favorable aux citoyens et de le réformer. »

La cheffe de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a rapidement rejeté l’idée de nouveaux pourparlers, déclarant au journal Bild am Sonntag qu’elle n’acceptait pas « les conditions qui suivent la devise : « Si cela ne vient pas, alors nous partons » ». (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

PARIS

Poutine et Zelenskiy à Paris. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy et son homologue russe Vladimir Poutine se réuniront ce 9 décembre à Paris dans le cadre d’un sommet au « Format Normandie », qui comprend les chefs d’État français et allemand. Ce sommet, qui est le premier entre l’Ukraine et la Russie depuis 2016, intervient à un moment où les relations entre les deux pays se sont quelque peu détendues et à la suite de l’élection d’un nouveau président ukrainien.

Selon une source française, le sommet est le résultat d’une forte implication politique de la France et de l’Allemagne, et la participation du chef de l’État russe est une indication concrète que les tensions entre Moscou et Kiev se sont apaisées.

Le conflit qui oppose depuis cinq ans les séparatistes pro-russes aux forces gouvernementales ukrainiennes dans l’est de l’Ukraine a déjà fait plus de 13 000 victimes, l’accord de cessez-le-feu signé en février 2015 à Minsk ayant été rompu à plusieurs reprises.

Le sommet de Paris espère remettre sur les rails l’accord de Minsk. « L’enjeu majeur du sommet est la confiance. Mais l’élection de M. Zelenskiy a donné un nouvel élan et certains progrès ont été observés sur le terrain », selon la source. (Euractiv France)

MADRID

Nouvelle série de consultations. Le roi d’Espagne, Felipe VI, entamera les 10 et 11 décembre une nouvelle série de consultations avec les représentants de tous les partis politiques. Le monarque veut connaître de première main les positions des partis pour explorer les possibilités d’investiture du Premier ministre après que les socialistes (PSOE) ont remporté les élections de novembre sans obtenir la majorité requise, a rapporté Euroefe.

La semaine dernière, le Premier ministre socialiste par intérim, Pedro Sánchez, a promis qu’un accord politique entre le PSOE et les séparatistes catalans de la gauche républicaine de Catalogne (ERC) respecterait la Constitution du pays. Le vote positif – ou l’abstention – de l’ERC est essentiel pour permettre la nomination de Sánchez et la formation d’une coalition gouvernementale « progressiste » entre le PSOE et la gauche Unidas Podemos. (Euroefe)

LONDRES

Inquiétude concernant les données sur la santé au Royaume-Uni. Les données relatives à la santé de millions de patients du National Health Service (NHS) du Royaume-Uni ont été vendues sous licence à des sociétés américaines et à d’autres sociétés pharmaceutiques mondiales, ce qui risque d’exacerber les tensions entre le gouvernement britannique et les militants de la protection de la vie privée dans la période précédant les élections du 12 décembre. (Samuel Stolton, EURACTIV.com)

ROME

Matteo Salvini dans la mélasse. Lors d’un rassemblement à Ravenne, Matteo Salvini, le leader de la Lega (extrême-droite), a révélé qu’il avait arrêté de manger du Nutella, car le fabricant Ferrero utilise des noisettes turques plutôt qu’italiennes. Bien que ce ne soit pas la première fois que Salvini plaide publiquement en faveur d’une politique alimentaire « nationaliste », l’attaque contre l’un des produits alimentaires les plus appréciés en Italie a suscité tant de critiques qu’il a dû faire amende honorable.

Du Nutella au MES. « Si vous ne pouvez pas vous exprimer avec compétence sur Nutella, il est clair que la crédibilité de ce que vous dites sur le mécanisme européen de stabilité (MES) est plutôt faible », a déclaré le ministre de l’Économie Roberto Gualtieri, commentant la pétition de la Lega pour arrêter l’approbation du fonds de sauvetage de la zone euro. Selon Salvini, environ 400 000 signatures ont été recueillies en deux jours. Toutefois, certains reportages vidéo ont montré que les pétitionnaires n’étaient pas tout à fait au courant de ce qu’ils signaient. Pour Gualtieri, la Lega a mis sur pied ce qu’il appelle une « campagne terroriste » sur le MES pour effrayer les gens. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

ATHÈNES

L’accord Libye-Turquie, un casse-tête. Le mémorandum entre la Turquie et la Libye est un produit du chantage sur le gouvernement de Tripoli, a déclaré à ANT1 TV le Grec Nikos Dendias dans une interview. La Turquie a récemment signé un protocole d’accord avec la Libye pour délimiter les zones maritimes de la région, ce qui a suscité de vives réactions à Athènes, Nicosie et Le Caire. Car l’accord turco-libyen ignore l’île de Crète et la Grèce a même déclaré que la Turquie avait l’intention de créer un précédent juridique.

Ce 9 décembre, Nikos Dendias participera au Conseil Affaires étrangères de l’UE, au cours duquel la question de la Libye sera examinée. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

VARSOVIE

Nouveau candidat à la présidentielle. Szymon Hołownia, personnalité de la télévision, auteur, journaliste et militant humanitaire, a annoncé qu’il se présenterait aux élections présidentielles de mai 2020.

Szymon Hołownia, qui n’a pour l’heure aucune expérience politique, a déclaré que plus de 70% des Polonais étaient d’accord pour dire que le prochain président polonais n’avait pas besoin d’être un politicien de carrière. « Je veux une Pologne où tout le monde respecte les règles et où personne, pas même le président, n’est au-dessus de la loi. Je veux une Pologne solidaire », a-t-il déclaré.

Après Władysław Kosiniak-Kamysz (PSL), Hołownia, qui a souligné qu’il n’appartenait à aucun parti politique, se présente lui aussi comme un candidat souhaitant un électorat plus centriste. Cependant, tous deux espèrent qu’ils seront en mesure de convaincre une partie de l’électorat de droite, qui soutient actuellement le président polonais sortant, Andrzej Duda.

Un sondage d’il y a une semaine a montré que dans un éventuel second tour de scrutin, Hołownia pourrait obtenir 28% des voix, Duda serait crédité de 48% des suffrages et 27% des votants seraient indécis. Un résultat très prometteur pour Holownia, étant donné qu’avant le début d’une campagne électorale, les présidents en exercice ont généralement une large avance dans les sondages. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

SOFIA

La réforme judiciaire se poursuit. Le Premier ministre Boyko Borisov a annoncé que la Bulgarie poursuivrait sa réforme judiciaire et mettrait en œuvre les dernières recommandations de la Commission de Venise. Les autorités de Sofia ont annoncé leur intention de réduire l’énorme pouvoir du procureur général, en donnant des prérogatives à un procureur spécial qui pourra enquêter sur lui en cas de soupçon de crime.

Borisov a déclaré qu’il informerait immédiatement Ursula von der Leyen de la poursuite de la réforme judiciaire. La suppression du mécanisme de coopération et de vérification constitue un objectif majeur pour la Bulgarie. Les dernières propositions ne répondent cependant pas à toutes les exigences de la Commission de Venise. Ce qui alimente la crainte que les idées du gouvernement ne soient contraires à la Constitution et n’aboutissent à rien de substantiel. (Krassen Nikolov, Euractiv Bulgarie)

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