La Grèce accuse la Turquie de saper les efforts de l’UE pour le climat

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MADRID

Avec ses activités illégales en Méditerranée orientale, la Turquie sape les efforts de l’UE pour lutter contre le changement climatique, a affirmé le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d’une réunion avec d’autres dirigeants européens en marge de la COP25, le sommet sur le climat qui se déroule à Madrid.

« À moyen et à long terme, nous dépendrons du gaz naturel. Il servira de combustible intermédiaire avant que nous puissions complètement remplacer le charbon », a déclaré M. Mitsotakis.

« Il est donc indispensable que l’UE se préoccupe de la Méditerranée orientale et des politiques d’exploitation des nouveaux gisements de la région, qui peuvent constituer une source importante de gaz. Les mesures prises par la Turquie sapent cet effort global », a ajouté le Premier ministre grec.

La découverte d’énormes réserves de gaz en Méditerranée orientale a alimenté une course à l’exploitation des ressources sous-marines et provoqué un litige entre la Turquie d’une part, et la Grèce et Chypre d’autre part, qui prévoient également d’intensifier leurs activités exploratoires dans la région.

La semaine dernière, la Turquie a signé un protocole d’accord avec la Libye pour délimiter les zones maritimes de la région, ce qui a suscité de vives réactions à Athènes, Nicosie et au Caire. L’accord turco-libyen fait abstraction de l’île de Crète et la Grèce affirme que la Turquie veut créer un précédent juridique.

Suite à la décision de la Turquie, la Grèce et l’Égypte ont décidé d’accélérer les discussions pour la démarcation de zones économiques exclusives entre elles.

Un porte-parole de l’UE a déclaré à Euractiv.com que la Turquie devait respecter le droit international et les relations de bon voisinage et éviter toute action susceptible de nuire au règlement pacifique des différends.

Athènes attend également le soutien de la France lors d’un sommet de l’OTAN à Londres ce mardi 3 décembre. Le géant français de l’énergie Total dispose de licences pour l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz offshore depuis Chypre. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

MADRID

Effort de « dernière minute » pour empêcher une coalition soutenue par la Catalogne. Ciudadanos (Citoyens, Cs), un parti centriste-libéral, a uni ses forces à celles du Partido Popular (Parti populaire) dans un effort de « dernière minute » pour empêcher une future coalition entre le parti socialiste (PSOE) et Unidas Podemos, soutenu par les séparatistes catalans de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), selon Euroefe.

Lundi 2 décembre, la porte-parole de Ciudadanos au parlement espagnol, Inès Arrimadas, a envoyé une lettre au Premier ministre socialiste Pedro Sánchez lui demandant de convoquer une réunion trilatérale PSOE, Ciudadanos et PP, dans le but de trouver une alternative « centriste-modérée » et « constitutionnelle » à un gouvernement de gauche.

« Je veux proposer une majorité de 221 sièges modérés et constitutionnalistes (nettement supérieure au minimum de 176 sièges requis) pour parvenir à un accord qui permette de mettre en place un gouvernement qui exclut les populistes, les nationalistes et les séparatistes », a-t-elle déclaré.

Pendant ce temps, le dirigeant de Unidas Podemos, Pablo Iglesias, a souligné lundi l’effort que fournissent le PSOE et ERC pour rapprocher leurs positions et parvenir à un accord qui permette la formation d’un nouveau gouvernement, dans lequel Pablo Iglesias serait vice-président.

« Il faut beaucoup d’empathie et d’écoute… Je pense que le PSOE travaille dur tout comme l’ERC », a déclaré Pablo Iglesias aux journalistes à son arrivée à la COP25 qui a débuté lundi à Madrid. (Euroefe)

LONDRES

Les conservateurs s’engagent à mettre en place un système de visas à l’américaine pour les citoyens de l’UE après le Brexit. Le Parti conservateur britannique s’est engagé à introduire un nouveau régime d’exemption de visa pour les citoyens de l’UE après le Brexit, dans le but de « reprendre le contrôle » des frontières du pays.

Le parti a l’intention d’introduire un système d’autorisation à l’américaine appelé Electronic Travel Authorization (ETA), qui obligerait les citoyens de l’UE qui se rendent au Royaume-Uni à présenter leur passeport pour entrer dans le pays, ainsi qu’à remplir un formulaire en ligne avant de voyager.

Les conservateurs affirment que ce système leur permettrait de « filtrer les arrivées et de bloquer les menaces », mais les travaillistes ont critiqué cette mesure, affirmant qu’elle pourrait avoir un impact négatif sur la sécurité aux frontières et entraver les accords de partage des informations avec l’UE. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

ROME

Conte se défend. Lors d’une audition devant la chambre basse du Parlement, le Président du Conseil  italien, Giuseppe Conte, a fait face aux critiques formulées par les partis d’opposition sur la refonte du mécanisme européen de stabilité (MES).

Il a notamment souligné que, lors de l’approbation provisoire de la réforme du MES, aucun des ministres présents, y compris ceux de la Lega (extrême-droite), n’a soulevé d’objections. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

VARSOVIE

Banaś s’en ira-t-il ? Droit et Justice (PiS), le parti au pouvoir, veut désormais évincer Marian Banaś, le directeur de la Chambre suprême de contrôle (NIK, l’équivalent de la Cour des comptes), et ancien ministre des Finances, un membre loyal du PiS qui a obtenu son poste au NIK grâce aux votes du PiS.

Une série de scandales impliquant Banaś ont fait surface ces derniers mois, y compris le fait qu’il est  propriétaire d’une maison dans laquelle, selon les médias, des personnes liées à la mafia tenaient un bordel. Jarosław Kaczyński, le chef du parti, ainsi que d’autres responsables ont tenté, sans succès, de le convaincre de démissionner. En vertu du système juridique polonais, il est presque impossible que le parlement parvienne à démettre le chef du NIK de ses fonctions. Mateusz Morawiecki, le Premier ministre, aurait même envisagé de modifier la Constitution pour pouvoir le faire. Après des semaines d’incertitude, Banaś aurait démissionné lundi, mais le NIK a démeti cette information.

Le cas de Banaś constitue un sujet brûlant dans la sphère politique polonaise et a donné des munitions bienvenues aux partis de l’opposition. Cependant, il est impossible de dire quel sera l’impact du cas de Banaś sur le soutien au PiS, car le parti est toujours en tête dans les sondages. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

PRAGUE

Commission vs Babiš. L’audit de la Commission européenne sur les entreprises liées à la holding Agrofert, portant sur les subventions de l’UE qui leur ont été octroyées et qui sont liées au conflit d’intérêts présumé du Premier ministre Andrej Babiš, a été mené à terme. La République tchèque dispose désormais de deux mois pour formuler une réponse sur la manière dont elle entend mettre en œuvre les recommandations formulées. M. Babiš a nié toutes les allégations, ajoutant que le rapport d’audit de la Commission ne constituait pas la version finale du document et que celle-ci n’avait pas la compétence pour interpréter la législation tchèque. Un porte-parole de l’exécutif européen a confirmé plus tard que le rapport de vérification était bien définitif. (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque)

SARAJEVO

La présidence approuve le rapatriement des citoyens capturés en Syrie et en Irak. Un groupe de 24 femmes et enfants de Bosnie-Herzégovine, qui ont passé du temps sur le territoire contrôlé par des terroristes d’État islamique, seront rapatriés depuis la Syrie, a décidé la présidence de Bosnie-Herzégovine le 29 novembre. La décision concerne des femmes, des enfants ainsi que des enfants abandonnés qui avaient été faits prisonniers après la défaite militaire de groupes extrémistes en Syrie et en Irak. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

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