Tony Blair, Jean-Claude Juncker, José María Aznar, Aleksander Kwasniewski et désormais Bertie Ahern : le Premier ministre irlandais a récemment rejoint la liste des candidats potentiels pour occuper en 2009 la fonction récemment créée de président de l’UE.
Interrogé par le Irish Times concernant un poste éventuel à Bruxelles, M. Ahern a déclaré qu’il aimait l’Europe et qu’il s’y intéressait, même s’il admet ne pas encore avoir réfléchi à cette possibilité jusqu’à présent.
M. Ahern a également déclaré qu’il n’était que deuxième, derrière Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois de longue date, concernant l’expérience au niveau européen et qu’une faible minorité de ses collègues souhaitait le voir occuper une telle fonction.
Les négociations pour les trois fonctions politiques les plus importantes – le président de l’UE, le Haut représentant, qui sera de facto ministre européen des Affaires étrangères, et le président de la Commission européenne – débuteront au second semestre de 2008, lorsque la France prendra la présidence de l’UE.
Bien que le nouveau traité contienne une description claire des deux nouveaux postes, les fonctions restent délibérément vagues, comme l’a déclaré Igor Sencar, ambassadeur européen de l’actuelle présidence slovène lors d’un entretien accordé à la Chambre américaine de commerce à l’UE.
Il a souligné que seuls le temps et les réalités politiques montreront le futur rôle du président, ou plus exactement où ce rôle se situera, entre une fonction purement honorifique et un rôle de dirigeant à part entière au niveau européen.
Il a ajouté qu’il est probablement trop tôt pour s’avancer sur le type de problème qui pourrait survenir concernant la création de cette fonction.
M. Juncker, l’un des candidats envisagés au poste de président de l’Union, a déjà clairement déclaré, avant même l’adoption du nouveau traité, que l’UE n’avait pas besoin d’un président se contentant de féliciter le président américain pour son anniversaire.
Aucun des candidats pressentis pour l’une de ces trois importantes fonctions n’a clairement exprimé sa volonté de faire campagne mais officieusement, le marchandage politique a déjà commencé.
Plusieurs pays, notamment les poids lourds que sont la France et l’Allemagne, ont exprimé à plusieurs reprises leur soutien à Jean-Claude Juncker. Après une rencontre avec Tony Blair l’été dernier à Paris, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il pourrait également imaginer l’ancien Premier ministre britannique à ce poste.
« C’est un homme très remarquable. Il est le plus européen des Anglais », a déclaré Sarkozy. « Je ne connais pas ses intentions mais que l’on puisse penser à lui, c’est assez intelligent », a-t-il ajouté.
M. Sarkozy a été soutenu par Gordon Brown, le nouveau Premier ministre britannique, qui a affirmé que M. Blair ferait un excellent président.
L’occupation de ces trois postes sera certainement le résultat de négociation politique entre les Etats membres, en tenant compte de la taille du pays, des couleurs politiques et de l’expérience européenne, qui rend impossible le fait que deux personnalités de la même nationalité ou de la même appartenance politique obtiennent les deux plus fonctions les plus importantes.

