L’idée du Partido Popular (PP) et son groupe au Parlement européen (Parti populaire européen, PPE) selon laquelle les fonds NextGenerationEU seraient en danger à cause de la loi d’amnistie si celle-ci est finalement adoptée par le parlement espagnol n’est pas vraie, a déclaré le gouvernement du pays ce mardi (28 novembre).
Lors d’une conférence de presse après la réunion du Conseil des ministres, Pilar Alegría, ministre de l’Éducation et porte-parole de la coalition progressiste (Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE-Sumar), a déclaré que les commentaires faits lundi par le vice-président du PPE Siegfried Muresan, plus tard approuvés par le PP, étaient « un trait d’esprit », a rapporté l’agence EFE.
Mme Alegría a nié que la loi d’amnistie, qui est en cours d’examen au Parlement, mette en péril les fonds européens destinés à l’Espagne et a déclaré que c’était plutôt l’attitude négative du PP lors du précédent mandat du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui mettait en péril ces fonds cruciaux pour le pays.
Le PP émet des hypothèses peu plausibles, a déclaré la ministre, rappelant que le commissaire à la Justice, Didier Reynders, a été très clair et catégorique la semaine dernière dans son discours lors du débat au Parlement européen sur la question de l’État de droit en Espagne, lorsqu’il a souligné que la loi d’amnistie est « une question interne à l’Espagne ».
Le débat sur l’État de droit en Espagne a été « une nouvelle tentative du PP d’utiliser les institutions européennes », a souligné Mme Alegría, tout en précisant que cette « tentative d’instrumentalisation » du Parlement européen « s’est mal passée parce qu’ils voulaient se faire entendre (le PP) », mais qu’il n’y avait que quelques députés européens présents dans le débat, a-t-elle dit.
Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a exhorté l’UE, lors d’une conférence du PPE à Barcelone lundi, ainsi que le chef du groupe au Parlement européen, Manfred Weber, à s’impliquer dans le conflit sur la loi d’amnistie controversée de l’Espagne.
Pour Madrid, le chef du PP continue de manifester son opposition au gouvernement de M. Sánchez, ce qui, entre autres, consiste à compliquer au maximum les relations de l’Espagne avec les institutions de l’UE.
C’est cette politique qui, à un moment donné, a mis en péril le transfert des fonds NextGenerationEU de Bruxelles vers l’Espagne, a souligné la porte-parole du gouvernement progressiste espagnol.
Par ailleurs, la ministre espagnole de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a déclaré mardi que le gouvernement entend demander dès que possible le quatrième versement du fonds de relance, estimé à 10 milliards d’euros de subventions.
« Nous travaillons intensément sur tout ce qui concerne ce quatrième versement, et ce sera imminent, plus tôt que tardif », a déclaré Mme Saiz à la presse à son arrivée à la réunion du Conseil des ministres de l’Emploi et de la Politique sociale de l’UE à Bruxelles, a rapporté l’agence EFE.
La Commission européenne a approuvé le plan de relance révisé de l’Espagne le 2 octobre, et le Conseil de l’UE a donné son accord le 17 octobre, ce qui, outre l’accès à 83,2 milliards d’euros de prêts et à 10 milliards d’euros de subventions supplémentaires, a permis à l’Espagne de demander la quatrième tranche de fonds.


