La neutralité de l’Autriche remise en question après la demande d’adhésion à l’OTAN de la Suède et de la Finlande

« L’Autriche était neutre, est neutre et restera neutre », a affirmé mardi le chancelier autrichien Karl Nehammer lors d’une visite rendue à son homologue tchèque Petr Fiala à Prague. [Shutterstock/Bumble Dee]

Suite à la demande d’adhésion à l’OTAN de la Suède et de la Finlande, la question de la neutralité de l’Autriche fait à nouveau l’objet de discussions. Les partis d’opposition et les experts critiquent la réticence du gouvernement du pays à réévaluer sa position.

« L’Autriche était neutre, est neutre et restera neutre », a affirmé mardi le chancelier autrichien Karl Nehammer lors d’une visite rendue à son homologue tchèque Petr Fiala à Prague. « Pour l’Autriche, cette question ne se pose pas de cette manière. Nous avons aussi une histoire différente de celle de la Suède et de la Finlande. »

Cependant, des experts et des politiciens de l’opposition remettent en question le principe de la neutralité autrichienne, qui remonte au début de la Guerre froide et en vertu duquel Vienne renonce à adhérer à toute alliance militaire et à accueillir toute base militaire étrangère sur son territoire.

Avec la candidature de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, plus de 50 experts en sécurité, scientifiques et diplomates autrichiens ont appelé le gouvernement à rester ouvert sur la politique de sécurité autrichienne, estimant que la guerre d’agression russe contre l’Ukraine remet en question cette neutralité.

« C’est fou le genre de non-débat sur la politique de sécurité qui prévaut en Autriche », a écrit Beate Meinl-Reisinger, leader du parti libéral NEOS, sur Twitter.

Cependant, la ministre autrichienne de la Défense, Klaudia Tanner, a déclaré qu’aucune discussion sur la neutralité n’était nécessaire puisque cette question est inscrite dans la constitution autrichienne.

« Pour l’Autriche, la situation est assez claire d’un point de vue constitutionnel puisque nous sommes neutres, contrairement à la Suède et à la Finlande, qui sont non alignées », a expliqué Mme Tanner mardi.

Même les journalistes ont semblé légèrement déroutés, un journaliste du radiodiffuseur public ORF demandant si Mme Tanner ne ferait pas confiance aux citoyens pour un débat sur la neutralité, soulignant qu’« il est assez étonnant qu’en Autriche […] il n’y ait même pas de débat ».

Des préoccupations similaires ont également été exprimées par Mme Meinl-Reisinger.

« Il s’agit de la sécurité de notre pays ! Il s’agit de situations de menace totalement nouvelles, et l’ÖVP, mais aussi le SPÖ, les Verts et le FPÖ font l’autruche ! » a-t-elle dénoncé.

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