La police belge met fin à un rassemblement de responsables politiques d’extrême droite à Bruxelles

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La police a d’abord pénétré dans la salle avant se sortir, après quoi les discussions ont repris tandis que les forces de l’ordre informaient les organisateurs de la décision de fermer l’évènement à l’extérieur du bâtiment. [Euractiv/Aurelie Pugnet]

Un rassemblement de responsables politiques d’extrême droite et eurosceptiques a été interrompu par la police à Bruxelles pour des raisons de sécurité publique, les organisateurs dénoncent pour leur part la « cancel culture ».

Plus tôt dans la journée de mardi (16 avril), la police a pénétré dans les locaux de la Conférence 2024 sur le conservatisme national (NatCon) avec un mandat d’arrêt délivré sous la pression de militants et de responsables politiques, notamment d’organisations antifascistes et du bourgmestre de la commune où se tenait le rassemblement.

« J’ai pris un arrêté […] pour interdire l’évènement “National Conservatism Conference” pour garantir la sécurité publique », a publié Emir Kir, bourgmestre de la commune de Saint-Josse-Ten-Noode, où se tenait la conférence, sur X. Il a ajouté que « l’extrême droite n’est pas la bienvenue ».

Parmi les principaux intervenants de la Conférence, qui devait avoir lieu mardi et mercredi (16-17 avril), figurent le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le candidat à la présidence française et leader d’extrême droite Eric Zemmour (Reconquête !) et l’ancien Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki (Droit et Justice, PiS).

Le Britannique Nigel Farage, fondateur du parti du Brexit, s’adressait à la foule lorsque la police bruxelloise est arrivée avec l’ordre de mettre fin à l’évènement vers 12 h 30.

Selon des journalistes d’Euractiv présents, la police a d’abord pénétré dans la salle avant se sortir, après quoi les discussions ont repris tandis que les forces de l’ordre informaient les organisateurs de la décision de fermer l’évènement à l’extérieur du bâtiment.

« Je comprends que la police soit très, très désireuse de mettre fin à cet évènement. Si elle doit le faire, elle peut le faire avec moi sur scène, n’est-ce pas ? », a déclaré M. Farage, après être remonté sur scène pour poursuivre son discours.

Dans un message publié sur X, M. Orbán a fustigé la police belge : « Je suppose qu’ils ne pouvaient plus supporter la liberté d’expression ».

« La dernière fois qu’ils ont voulu me faire taire en envoyant la police, c’était en 1988 avec les Communistes », a-til poursuivi, faisant allusion à l’ère soviétique.

« Nous prenons toutes les mesures opérationnelles nécessaires pour éviter des troubles à l’ordre public », a expliqué à l’AFP Audrey Dereymaeker, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Nord.

Les organisateurs ont finalement annoncé que « la police de Bruxelles a reçu l’ordre de fermer l’évènement parce que nous créions des troubles à l’ordre public, mais elle n’a envoyé que trois policiers, si bien que lorsqu’ils sont entrés et que les caméras se sont braquées sur eux, ils ont pris peur et sont retournés à l’extérieur ».

« Vous pouvez rester à l’intérieur, mais si vous sortez, ils ne vous laisseront plus entrer. Si, par hasard, il est décidé de recourir à des moyens plus importants pour mettre fin à l’évènement, je peux vous assurer que nous continuerons demain matin dans un autre lieu », a poursuivi le représentant de la conférence.

Vers 15 h 30, entouré de caméras, Eric Zemmour s’est présenté devant la porte de la salle de conférence, dont les policiers lui ont bloqué l’accès, avant de dénoncer une « dictature », selon l’AFP.

Alors que l’évènement se déroule toujours à l’intérieur, la police prépare un périmètre de sécurité à l’extérieur du site afin de permettre aux participants de sortir en toute sécurité.

Trouver un lieu pour la conférence avait été compliqué dès le début. Le premier lieu, Concert Noble, a annulé le contrat sous la pression des activistes et des responsables politiques locaux.

Le second lieu, l’hôtel Sofitel du quartier d’Etterbeek, où séjournent de nombreux dirigeants européens avant le sommet qui débute mercredi, a également annulé le contrat après avoir pris conscience de l’ampleur de l’évènement et du nombre de participants prévus, à la suite de plaintes de la part de clients et de responsables politiques locaux.

« L’hôtel, qui a signé le contrat vendredi, a vérifié quelles étaient la nature de l’événement et l’identité des invités », a indiqué le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf. « Un événement d’une telle ampleur n’est pas sans conséquence en termes de troubles ».

L’organisation a tout de même trouvé un troisième lieu, le Claridge.

« Ce qui s’est passé ces derniers jours ne représente rien de moins qu’une crise pour la liberté de parole et l’expression politique dans toute l’Europe », a déclaré Frank Furedi, directeur du Mathias Corvinus Collegium, le groupe de réflexion de Viktor Orbán à Bruxelles, l’un des sponsors de l’événement.

« C’est une tragédie absolue que la cancel culture ait été accueillie à Bruxelles, le cœur même de l’Union européenne », s’est-il indigné, avant d’ajouter que « tout le monde, quel que soit le pays, est concerné par l’événement ».

Paul Coleman, directeur exécutif d’Alliance Defending Freedom, une structure juridique conservatrice, a indiqué à Euractiv que l’ordre de la police avait été contesté devant le tribunal.

« Si le tribunal n’intervient pas, la police sera probablement là pour empêcher les gens d’entrer demain, ce que je n’ai jamais vu de ma vie. »

M. Coleman devait également participer à l’un des groupes de discussion sur les « attaques politiques venant d’en haut contre la foi et la famille ».

On ne sait pas encore si l’événement sera déplacé une quatrième fois pour pouvoir se poursuivre demain comme prévu.

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