Alors que les Etats-Unis ont récemment classé un réseau média arabe comme organisation terroriste, les autorités européennes de régulation ont décidé de coopérer plus étroitement dans le domaine de la télévision afin d’empêcher des discours de haine sur les chaînes de télévision européennes.
Lors de leur seconde rencontre à Bruxelles le 24 mars 2006, les régulateurs européens des 25 Etats membres plus la Croatie, la Turquie, la Norvège et le Liechtenstein ont évoqué le cas récent de la station de télévision par satellite Al-Manar, située au Liban et gérée par le groupe terroriste du Hezbollah, qui a été classée comme organisation terroriste par l’administration américaine. Selon la Commission, « au cours de l’année 2005, l’étroite coopération entre les régulateurs européens a permis d’empêcher qu’aucun système de radiodiffusion par satellites européen ne continue de diffuser des émissions incitant clairement à la haine, telles que celles d’Al Manar. »
Les autorités européennes de régulation ont indiqué que les dispositions de la directive sur la télévision sans frontières, qui interdit l’incitation à la haine pour des raisons religieuses, raciales ou sexuelles, doivent couvrir également les médias audiovisuels à la demande pour éviter que ces derniers ne deviennent « le prochain véhicule de la haine ». La proposition législative de la Commission pour la révision de la directive comprend une telle extension et devrait même la rebaptiser « directive sur l’audiovisuel sans frontières ». Des secteurs comme les fournisseurs de services Internet s’opposent cependant à l’extension des dispositions de la directive aux services dits « non-linéaires ».
