La République tchèque à la merci des services secrets chinois et russes

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PRAGUE

Selon le service de renseignement tchèque (BIS), la Chine et la Russie ont tenté d’influencer les positions officielles de l’État en matière de sécurité internationale, et de menacer le système démocratique, a-t-il averti dans son rapport annuel portant sur 2018.

Le rapport a été rendu public quelques jours seulement après que le partenaire média d’Euractiv République tchèque, Aktuálně.cz, a révélé que la Chine avait financé un cours de « propagande » à l’université Charles de Prague, et payé un voyage en Chine pour certains de ses meilleurs étudiants. A la suite de ce scandale, la principale université tchèque a décidé de fermer son centre tchéco-chinois.

« La complexité des activités chinoises est comparable à celle des activités russes », écrit le BIS dans son rapport, soulignant que l’augmentation des activités chinoises dans le pays est considérée comme un problème de sécurité fondamental. « Ces activités comprennent la recherche et la prise de contact avec des coopérateurs et agents potentiels parmi les citoyens tchèques », a averti le BIS. Les renseignements chinois utiliseraient notamment LinkedIn pour rechercher et contacter des collaborateurs potentiels (!).

En ce qui concerne la Russie, le BIS a relevé que son principal objectif était de manipuler les processus décisionnels pour affaiblir l’opposition. Selon le BIS, les agents de renseignement russes tentent d’influencer les politiciens, qui peuvent avoir un impact sur le développement des sujets qui intéressent la Russie.

Des militants prorusses opérant en République tchèque ont également menacé la Constitution du pays en diffusant des informations erronées. « Ces dernières années, les militants prorusses se sont opposés à l’ordre politique de la République tchèque et à son adhésion à l’UE et à l’OTAN de manière plus intensive, plus conceptuelle et plus systématique », selon le rapport.

Le document a déclenché une vague de réactions de la part des politiciens tchèques, qui ont surtout félicité le BIS pour son excellent travail. La ministre des Finances, Alena Schillerová (ANO, RE), a déclaré que le gouvernement était  en train d’analyser soigneusement tous les documents confidentiels obtenus. Markéta Pekarová Adamová, nouvelle leader du TOP 09 (PPE) pro-européen, a noté que le gouvernement n’était manifestement pas assez actif. Elle a également déclaré que « le chef des militants prorusses se trouv[ait] dans le château (de Prague) » , faisant clairement allusion au bureau du président.

Le président tchèque, Miloš Zeman, est connu pour ses positions prorusses. En réponse au rapport du BIS, le porte-parole de M. Zeman a déclaré qu’il était inacceptable que le BIS accuse des personnes ayant simplement une opinion différente de faire de la désinformation. Il a aussi reproché au service de renseignement du pays d’avoir tenté de restreindre la liberté d’expression. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

BERLIN

40 000 agriculteurs en colère à Berlin. Jusqu’à 40 000 agriculteurs venus de toute l’Allemagne se sont rendus mardi 26 novembre à Berlin pour protester contre les exigences croissantes en matière de protection de l’environnement et la baisse des prix des produits, qui portent de plus en plus préjudice à leur activité.

Selon la police de Berlin, environ 8 600 tracteurs ont formé un long convoi de dix kilomètres environ. Les agriculteurs ont manifesté contre le paquet agricole adopté par le gouvernement fédéral au début du mois de septembre. Ces mesures, qui comprennent un programme d’action visant à mieux protéger les insectes et de nouvelles restrictions sur l’utilisation des produits de protection animale et végétale, constituent une charge inacceptable pour l’agriculture allemande, selon eux. Ces mesures ont en partie été adoptées en réaction à une deuxième procédure d’infraction engagée par la Commission européenne à l’encontre de l’Allemagne pour qu’elle réduise les niveaux élevés de nitrates dans ses eaux souterraines.

MADRID

Pas d’autre retard concernant le changement climatique. Une semaine avant le Sommet mondial sur le climat (COP25) de Madrid, qui aura lieu du 2 au 13 décembre, la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, a déclaré le 26 novembre que le monde devrait de toute urgence revoir à la hausse ses ambitions en matière de lutte contre le changement climatique, a indiqué Euroefe. « Nous ne pouvons pas retarder davantage l’action climatique à tous les niveaux », a déclaré Teresa Ribera.

Le 26 novembre, l’ONU a publié un rapport avertissant que la température moyenne de la planète augmenterait de 3,2 degrés au cours de ce siècle « même si les engagements de réduction des émissions déposés par l’Accord de Paris sont respectés ». (Euroefe)

PARIS

Paris se sent seule dans la lutte contre le Jihad. Dans un message assez direct à l’Allemagne, le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a relevé que l’armée française était seule pour défendre l’honneur et la sécurité de l’Europe. Jean-Claude Juncker s’est exprimé après la mort de 13 soldats français au Mali, lundi 25 novembre, à la suite de la collision de deux hélicoptères. Ce nouvel épisode sanglant souligne l’isolement de la France dans ces opérations. Le soutien logistique que certains pays comme l’Allemagne, l’Espagne, mais aussi le Canada et les États-Unis, apportent à la mission Barkhane semble symbolique, comparé aux 41 soldats français morts depuis le début de l’opération. (Euractiv France)

Lire aussi : La mort de 13 soldats au Mali souligne l’isolement de la France dans la région du Sahel.

VARSOVIE

Premier choix. Le président élu du Conseil européen, Charles Michel, a choisi Varsovie pour sa première visite, ce que le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a décrit comme « un bon signal » indiquant que Charles Michel et lui-même « essaieraient d’obtenir autant d’information mutuelle que possible afin de parvenir à un compromis ». Charles Michel a déclaré que l’UE était en mesure de prendre des décisions plus raisonnables et plus créatives grâce à la Pologne, ajoutant qu’il espérait que les liens mutuels seraient encore renforcés à l’avenir. Alors que des « discussions difficiles » sur l’avenir du budget de l’UE, le climat et les affaires étrangères étaient à l’ordre du jour, le successeur de Donald Tusk est venu en Pologne en adoptant un ton conciliant qui ne devraient pas occulter les relations extrêmement tendues entre Bruxelles et la Pologne concernant l’État de droit dans ces pays. Pour mémoire, la Pologne avait apporté son soutien au Belge et espérait même qu’il prendrait la présidence de la Commission européenne. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com, Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

BUCAREST

La présidente du PSD démissionne. À l’issue d’une réunion intense, le 26 novembre au soir, la présidente du parti socialiste, l’ancienne Première ministre Viorica Dăncilă, a démissionné. Elle n’est pas la seule : une grande partie de la direction de la formation s’est retirée. De nombreux vice-présidents ont démissionné pour forcer la main à Viorica Dăncilă. « J’ai compris le message de mes collègues. Ils pensent qu’un renouveau est necessaire, et il faut  que quelqu’un assume la responsabilité des résultats des élections », a-t-elle déclaré.

Viorica Dăncilă a perdu au second tour des élections présidentielles le 24 novembre, contre le président sortant Klaus Iohannis, avec le pire score jamais enregistré par un candidat du PSD. Marcel Ciolacu, président de la Chambre des députés et président par intérim, a déclaré : « Maintenant, le parti n’est plus dirigé par un “patriarche” mais par une équipe ». Il a ajouté qu’un congrès du parti pour élire les nouveaux dirigeants était prévu en février.

Grand écart budgétaire. Le nouveau gouvernement roumain a publié le projet de révision du budget, qui prévoit une augmentation considérable du déficit budgétaire. Celui-ci passe de 2,76 % du produit intérieur brut à 4,3 % du PIB. Le gouvernement de centre droit, qui a succédé au gouvernement socialiste au début du mois de novembre, a déclaré que les recettes budgétaires étaient bien inférieures aux prévisions et que peu de coûts pouvaient être réduits dans la situation actuelle. (Bogdan Neagu, Euractiv Roumanie)

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