La République tchèque devient le premier pays de l’UE à avoir des Pirates au gouvernement

En juin dernier, le président du Parti Pirate, Ivan Bartos, prononçait un discours lors d'un vote de défiance à l'encontre du gouvernement tchèque, lors d'une session parlementaire à Prague. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Les Pirates tchèques sont le premier parti pirate en Europe à avoir rejoint la coalition gouvernementale. Bien que leurs résultats électoraux aient été en deçà des attentes, ils ont pris la tête de deux postes clés du nouveau gouvernement tchèque : le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Développement régional.

Actuellement, les Pirates (affiliés aux Verts/ALE) sont la seule force politique libérale-progressiste du gouvernement à cinq partis, les quatre autres partis représentant le centre-droit de l’échiquier politique. Ils font partie du Parti Pirate Européen, une famille politique paneuropéenne avec des membres nationaux dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie.

Depuis des années, la numérisation, la transparence et les libertés numériques figurent en tête du programme national des Pirates tchèques, qui attirent surtout les jeunes électeurs libéraux. Ces derniers mois, les Pirates ont également plaidé en faveur du Green Deal européen et d’une politique climatique plus ambitieuse. En tant que seule force progressiste au sein du gouvernement tchèque, leur influence réelle pourrait être limitée. Toutefois, la nouvelle direction du pays promet un « virage à l’ouest » de sa politique étrangère.

Quelques jours seulement après la cérémonie de prestation de serment, le ministre pirate des affaires étrangères, Jan Lipavský, a déjà eu l’occasion de se présenter à la réunion du groupe de Visegrad à Budapest, mardi 21 décembre.

Alors que l’ancien gouvernement tchèque donnait la priorité à la coopération de Visegrad dans l’agenda de l’UE – notamment en raison des liens étroits entre l’ancien Premier ministre Andrej Babiš et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán – pour la nouvelle direction tchèque, Visegrad sera toujours important, mais pas aussi crucial qu’il ne l’était pour le précédent cabinet gouvernemental. « Visegrad est un format important et traditionnel de dialogue », a déclaré M. Lipavský lors de la conférence de presse à Budapest. Il s’est toutefois abstenu de tout autre commentaire sur la coopération de Visegrad.

Les Pirates tchèques sont des promoteurs de longue date d’une politique étrangère axée sur les droits de l’homme. De plus, comme l’a rapporté EURACTIV.cz, M. Lipavský a fait partie des critiques les plus virulentes de l’implication potentielle des entreprises russes et chinoises dans les projets d’infrastructure cruciaux pour la République tchèque. Son attitude tiède envers la Russie, la Chine, Israël et Visegrad a été particulièrement critiquée par le président tchèque Miloš Zeman.

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