La Russie met en garde la Grèce contre les Etats-Unis

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« Nous avions prévenu les Kurdes que les Américains les abandonneraient. Et ici, à Rhodes, je peux personnellement avertir les Grecs de réfléchir à la question de savoir si un sort similaire les attend », a déclaré Vladimir Chizhov, ambassadeur de Russie auprès de l’UE.

S’exprimant lors du Forum international des dialogues culturels dans l’île grecque de Rhodes, Vladimir Chizhov a critiqué l’accord de défense élargie signé entre les États-Unis et la Grèce lors d’une visite dans la région du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, au début du mois.

« Je pense que c’était une erreur, mais c’est mon opinion personnelle. Bien sûr, vous devriez demander aux Grecs les raisons pour lesquelles une telle décision a été prise. Mais je n’exclus pas qu’ils l’aient fait dans un contexte de tensions entre les États-Unis et la Turquie. Toutefois, cela ne signifie pas que cette décision est bien pesée si l’on regarde vers l’avenir », a-t-il déclaré à l’agence de presse TASS, selon les médias grecs.

En ce qui concerne la crise syrienne, il a soutenu l’idée d’un dialogue en disant que Moscou est prête à servir de médiateur entre Ankara et les Kurdes et entre les Kurdes et Damas. Il a également déclaré que l’UE n’avait pas inclus le gouvernement de Damas en tant que partenaire dans ces négociations.

Entre-temps, la Bulgarie a demandé à la Turquie voisine de mettre fin à son offensive militaire dans le nord-est de la Syrie, affirmant que la violence pourrait entraîner une augmentation du nombre de migrants qui traversent la frontière. Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a réaffirmé son soutien à l’accord que l’UE a conclu avec la Turquie sur les réfugiés en 2016. « Je veux que l’accord avec la Turquie soit respecté (…) Si 50 000, 100 000 ou 200 000 migrants entrent en Bulgarie, je ne sais pas ce qui se passera dans ce pays », a dit Boïko Borissov.

Le Royaume-Uni et l’Espagne se sont joints à d’autres grandes puissances le 15 octobre pour suspendre les exportations militaires vers la Turquie après son incursion dans le nord-est de la Syrie. Il semble cependant que l’UE ne soit pas totalement unie. (Sarantis Michalopoulos, Georgi Gotev, Euractiv.com, Dnevnik.bg, Željko Trkanjec, Euractiv Hongrie)

Directive sur le droit d’auteur

PARIS / BERLIN

Alliance franco-allemande sur le droit d’auteur. La France et l’Allemagne s’apprêtent à répondre conjointement à l’annonce récente de Google selon laquelle l’entreprise ne paiera pas les éditeurs français en ligne pour afficher leur contenu, malgré l’entrée en vigueur de la directive européenne sur le copyright en octobre.

Jusqu’à présent, la France est le seul pays à avoir transposé dans sa législation nationale le droit pour les éditeurs de presse de demander une rémunération, découlant de la réforme du droit d’auteur. Ce changement a provoqué une vive réaction de la part de l’industrie des plateformes, Google annonçant récemment des changements techniques à son service d’affichage de nouvelles.

Paris a demandé à Berlin de forcer Google à respecter l’esprit de la loi européenne sur le droit d’auteur, qui vise à mieux partager les bénéfices entre les plateformes en ligne et les créateurs de contenu. « Avec l’Allemagne, nous partageons l’idée que quelque chose doit être fait au niveau bilatéral ou européen, notamment en termes de concurrence », a déclaré une source française proche du président Macron.

Les dirigeants politiques français et allemands se réunissent ce mercredi 16 octobre à Toulouse pour une réunion ministérielle conjointe, où ils devraient prendre des mesures communes contre le géant américain.

L’autorité française de la concurrence examine actuellement l’aspect juridique de l’annonce de Google. Au niveau de l’UE, la France et l’Allemagne demanderont à Margrethe Vestager, responsable de la concurrence de l’UE, d’examiner si une action en justice est également possible. (Euractiv France)

BALKANS OCCIDENTAUX

Paris et Berlin en porte-à-faux. Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a rencontré à Tirana son homologue albanais Edi Rama. « Lors du Conseil européen, je défendrai fermement une position en faveur de l’ouverture de négociations d’adhésion à l’UE en tant que meilleur instrument pour assurer le développement de l’Albanie et dans l’intérêt de l’Italie et de l’UE », a déclaré Giuseppe Conte. Il a ajouté que l’Albanie avait déjà été invitée à mettre en œuvre des réformes audacieuses et qu’il estimait qu’elle n’avait pas encore tiré parti de son potentiel économique. Giuseppe Conte a également confirmé son soutien à la Macédoine du Nord : « Avec l’Albanie, ils ont fait leurs devoirs et ils méritent tous les deux l’ouverture de négociations sans condition ».

Cependant, lors d’une réunion des ministres des Affaires générales de l’UE mardi 15 octobre, la France a refusé de donner aux deux pays une date butoir l’année prochaine pour entamer les négociations d’adhésion.

Amélie de Montchalin, ministre française des Affaires européennes, a déclaré qu’il n’y avait pas d’opposition de la France à l’égard des pays des Balkans en général, mais que « les choses devaient être faites d’une manière crédible ». Elle a également qualifié le processus des négociations d’« inefficace » et de « décevant » et a souligné la nécessité d’une réforme. Les médias de l’UE ont rapporté que les Pays-Bas étaient partiellement d’accord avec Paris sur l’Albanie. Le soutien unanime de tous les États membres de l’UE est nécessaire pour donner le feu vert au lancement des négociations d’adhésion. La décision de la France mettra probablement Paris en porte-à-faux  avec Berlin, qui a préconisé l’ouverture de pourparlers d’adhésion à l’UE avec ces deux pays. (Gerardo Fortuna, Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

D’autres nouvelles des capitales….

VARSOVIE

Quelle est la prochaine étape pour le Sénat ? Malgré leur défaite au Sejm, la chambre basse du parlement, les forces d’opposition ont battu le parti Droit et Justice (PiS) au Sénat. La marge est minime, puisque l’opposition unie dispose de 51 sièges contre 49 pour le PiS. Cependant, l’opposition de la Coalition civique (43 sièges) a besoin de représentants des petits partis pour prendre l’avantage sur les élus du PiS. Et il va sans dire que les partenaires juniors auront également leur mot à dire.

Władysław Kosiniak-Kamysz, le leader du PSL centriste (PPE) qui a obtenu 3 sièges au Sénat, a déclaré que l’aspect définitif de l’hémicycle ne serait pas déterminé avant que le PSL participe aux négociations. Par conséquent, la bataille pour le Sénat est toujours en cours. Malgré les manifestations de joie de l’opposition, le PiS tentera également d’obtenir le soutien des petits partis pour obtenir la majorité. Le plus grand défi pour la Coalition civique (KO) sera de garder tous les alliés potentiels dans son équipe (de la gauche au centre droit). Le premier test sera la sélection du président du Sénat, où les petits partis seront désireux de forcer le parti KO à faire des concessions. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

BUCAREST

Le président Iohannis désigne le chef du parti de centre droit pour former le gouvernement. Ludovic Orban, président du Parti libéral national (PNL, qui fait partie du PPE), tentera de former un nouveau gouvernement après le renversement du cabinet socialiste la semaine dernière à la suite d’un vote de censure au parlement roumain. Cependant, le PNL ne dispose que d’environ 20 % des voix au parlement et il devrait recueillir un large soutien de la part de plusieurs partis, les socialistes ayant déjà déclaré qu’ils ne voteraient pas pour le gouvernement du PNL. Le nouveau gouvernement devra également proposer un candidat pour la prochaine Commission européenne. Bucarest détient le portefeuille des transports, mais il n’est pas totalement exclu qu’un échange avec la Hongrie (chargée de l’élargissement) soit possible, a appris Euractiv.com. (Euractiv Roumanie)

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