La Slovaquie voit des « opportunités commerciales » dans la reconstruction de l’Ukraine

Le gouvernement souhaite présenter des « initiatives concrètes » qui permettraient d’impliquer dès que possible les principaux acteurs slovaques dans la stabilisation et la reconstruction à venir de l’Ukraine et de leur allouer des ressources financières au niveau national. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Dans son programme, le nouveau gouvernement slovaque a confirmé son intention de bloquer certaines réformes critiques de l’UE en cours de discussion, notamment en termes de politique migratoire ou de politique étrangère, tout en mettant l’accent sur les « opportunités commerciales » pour les entreprises slovaques de la reconstruction de l’Ukraine.

Selon le programme présenté par le Premier ministre Robert Fico, le gouvernement slovaque considère l’Ukraine principalement comme une opportunité commerciale, plus précisément « une opportunité pour le développement de la Slovaquie, en particulier nos régions de l’est », et promet d’utiliser principalement des fonds européens dans le cadre de cet effort.

Dans ce contexte, le programme souligne les opportunités économiques pour les entreprises slovaques. Le bureau du vice-premier ministre devrait donc d’abord analyser les activités menées jusqu’à présent, puis préparer une « feuille de route pour les prochaines étapes ».

Le gouvernement souhaite présenter des « initiatives concrètes » qui permettraient d’impliquer dès que possible les principaux acteurs slovaques dans la stabilisation et la reconstruction à venir de l’Ukraine et de leur allouer des ressources financières au niveau national.

Connu pour ses positions pro-russes, M. Fico a déclaré en octobre qu’il soutiendrait une « aide financière brutale » à l’Ukraine à condition d’obtenir des garanties que l’argent ne sera pas détourné et qu’une partie sera utilisée pour rénover les infrastructures frontalières et soutenir les entreprises slovaques impliquées dans la reconstruction.

« L’Ukraine est l’un des pays les plus corrompus au monde, et notre soutien financier brutal est conditionné à des garanties que l’argent européen [y compris l’argent slovaque] ne sera pas détourné », a déclaré M. Fico à propos de l’injection de 50 milliards d’euros dans le budget de l’Ukraine.

Opposition au pacte migratoire

En réponse au projet de pacte migratoire européen, où il est prévu que les États membres devront payer 20 000 euros pour chaque migrant qu’ils refusent d’accueillir, le manifeste de M. Fico inclut le refus de toute obligation « de verser des paiements punitifs au nom de ces migrants ».

La Commission européenne a proposé un nouveau pacte migratoire en septembre 2020, et le dossier attend actuellement les négociations finales entre les législateurs de l’UE, qui devraient être finalisées avant février 2024.

L’eurodéputé Juan Fernando López Aguilar a récemment averti que le Parlement européen bloquerait l’ensemble de la proposition si les ministres de l’UE continuaient à la découper « en morceaux ».

Au niveau du Conseil de l’UE, les précédents gouvernements slovaques se sont abstenus lors du vote sur le dossier migratoire.

Rejet de l’abolition du droit de veto sur la politique étrangère commune

Le manifeste présente également certains des propos les plus critiques de M. Fico à ce jour.

En 2012, le gouvernement de M. Fico a affirmé dans son programme qu’il voulait « soutenir et promouvoir les efforts pour le développement durable de l’Europe » et en 2016, il a même dit vouloir contribuer au « développement d’une UE stable et prospère ».

Cependant, le dernier document explique que « de nombreuses décisions des autorités et du système [de l’UE] suscitent la désapprobation du public en Slovaquie. »

En matière de politique étrangère, le manifeste rejette également l’abolition du droit de veto sur le sujet de la politique étrangère commune, une proposition avancée par l’Allemagne en mai dernier et soutenue par huit autres États membres.

Le programme considère que les initiatives qui limiteraient la nécessité d’obtenir le consentement de tous les membres de l’Union « affaiblissent la position de chaque État membre ».

La plupart des États membres de l’UE, en particulier les plus petits, doutent de cette proposition.

Pourtant, lors d’un débat télévisé samedi (18 novembre), le ministre des Affaires étrangères Juraj Blanár a déclaré que la Slovaquie souhaitait voir une étude d’impact du douzième paquet de sanctions contre la Russie et que le pays s’opposait catégoriquement à l’interdiction des combustibles nucléaires russes.

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