La spiruline, l’algue «miracle», prend ses quartiers dans la région nantaise

La spiruline est cultivée en bassins chauffés sous serre.

Cette algue ancestrale aux multiples qualités nutritionnelles est encore peu cultivée en Europe, pourtant grande consommatrice de ce super-aliment. Dans la région Nantaise, un groupe de maraîchage s’est lancé dans la culture sous serre, avec le soutien de fonds européens.

Dans les grandes serres du groupe de maraîchage Olivier, en périphérie de Nantes, les tomates et les concombres s’épanouissent sur plus de 20 hectares, à l’abri des aléas climatiques, qui pèsent de plus en plus sur l’agriculture en pleine terre.

Spécialiste du maraîchage depuis douze générations, le groupe Olivier a misé sur la tomate et le concombre, des marchés stables. Mais depuis trois ans, l’entreprise familiale s’est aussi lancée dans la culture de spiruline, une microalgue aux multiples vertus nutritives et antioxydantes. Un végétal de plus en plus prisé par les consommateurs, notamment des végétariens pour sa teneur en protéines, et des sportifs pour ses vertus récupératrices.

Consommée sous forme sèche en pilule ou en paillette, la spiruline a envahi les rayons bien-être des magasins d’alimentation et des parapharmacies. Et s’est vu décerner la palme de l’aliment le plus complet du 21e siècle par l’Organisation mondiale de la santé.

C’est sous la houlette de  Stéphane Olivier, docteur en biochimie, que le groupe Olivier s’est lancé dans l’aventure. Après une expérience de dix ans dans l’industrie biotechnologique et pharmaceutique, le quarantenaire a rejoint les rangs de l’entreprise familiale.

« L’idée de cultiver de la spiruline est venue de la volonté de réhabiliter les serres anciennes dont on ne se servait plus pour le maraîchage », explique Stéphane Olivier, qui dirige la branche Microalgue du groupe.

Devenue inadaptées à la culture maraîchère, une partie du parc du groupe étaient inutilisée. Et la construction de serres plus modernes coûte cher. « L’idée était donc de les recycler pour une autre culture », explique-t-il.

Les premiers tests ont débuté il y a trois ans. Et avec une aide du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), Stéphane Olivier a restauré une serre où pousse aujourd’hui la spiruline sur 2800 m².  « Cela nous donne une capacité de production de 4 tonnes de spiruline équivalente sèches par an, ce qui ferait de nous le deuxième producteur français » détaille la scientifique.

Le coup de pousse de l’Europe a permis d’accompagner l’investissement compris « entre 1 et 2 millions d’euros » , détaille Stéphane Olivier

Un marché encore artisanal

Au croisement de l’aquaculture et du maraîchage, la culture de spiruline en France demeure largement artisanale. Alors que le marché lui, décolle. « En 2014, la production française de spiruline a atteint 20 tonnes environ, tandis que la consommation avoisinait les 200 tonnes », détaille Stéphane Olivier.

Résultat, l’approvisionnement en microalgue se fait à l’internationale, et principalement en Chine,  premier producteur mondial.

« Notre défi aujourd’hui c’est de développer une production européenne, avec une qualité de production supérieure », explique le directeur d’Olivier Microalgue. Un créneau qui pourrait se révéler porteur.

En effet, la chaîne d’approvisionnement de la spiruline échappe pour l’heure à tout processus de certification. Un problème qui a amené l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation à tirer la sonnette d’alarme sur la qualité de la spiruline importée. La microalgue, très sensible à la qualité de l’eau dans laquelle elle est cultivée, absorbe facilement les métaux lourds tels que le plomb. Et plusieurs cas d’effet indésirables ont été relevés en France par l’Anses, qui recommande de privilégier l’approvisionnement local.

Innovation

La première année de production, la récolte a été de 700 kg, dont l’intégralité a été vendue à un seul client. Pour la seconde récolte, Stéphane Olivier table sur 3 tonnes. « On a étendu à de la spiruline fraîche et surgelée. Ce sont des formes qui préservent davantage les qualités de la spiruline », explique Stéphane Olivier.

Complément alimentaire aujourd’hui, c’est sous forme de condiment que le groupe Olivier souhaite maintenant développer le marché. « On travaille par exemple avec des groupes alimentaires de la région pour développer des produits à base de spiruline » explique-t-il. Pour goûter, rendez-vous à Pornic, où le glacier La Fraiseraie propose déjà un sorbet citron vert -spiruline.

En Loire Atlantique, une ferme maraîchère se lance dans la culture de spiruline

En Loire-Atlantique, le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche encourage la culture d’algues alimentaires. Reportage.

Subscribe to our newsletters

Subscribe