L’actu en capitales: 13 États membres font un plaidoyer pour l’élargissement

13 États défendent l'adhésion de l'Albanie et de la Macédoine du Nord.

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PRAGUE

Recrédibiliser l’élargissement : Treize pays de l’UE, pour la plupart de nouveaux membres d’Europe centrale et orientale, ainsi que l’Italie et l’Autriche, sont en train de rédiger un « document officieux » qui sera présenté aux Vingt-huit afin de tenter de rétablir la crédibilité de l’élargissement du bloc, notamment celle des Balkans occidentaux.

L’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie, l’Italie, l’Autriche, la Croatie, la Slovénie et Malte devraient donc présenter leurs propositions lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE à Bruxelles mercredi.

« L’idée est de lancer un appel à l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord », a déclaré un diplomate. « C’est aussi une forme de pression, qui vise à dire que le dilemme de savoir si nous avons d’abord besoin d’un approfondissement de l’UE et d’un élargissement ultérieur est artificiel et erroné. Si les deux processus ne vont pas de pair, l’UE sera bientôt de nouveau confrontée à la question des Balkans occidentaux, mais malheureusement d’une manière plus exigeante et douloureuse pour les deux parties. »

La Commission européenne a formellement recommandé l’ouverture de pourparlers avec Skopje et Tirana, mais la décision doit être confirmée par tous les États membres du Conseil, où la France et les Pays-Bas mènent l’opposition.

« Il devient de plus en plus difficile de comprendre ce dilemme artificiel parce que nous parlons de l’ouverture des négociations et non de l’élargissement réel », ajoute le diplomate.

En Allemagne, l’élargissement  divise la grande coalition au pouvoir. La CDU/CSU est plutôt contre l’ouverture rapide de pourparlers avec Tirana et Skopje, mais Gunther Krichbaum, président de la commission Europe du Bundestag, explique qu’il n’y aura pas de décision avant octobre.

Pour sa part, le ministre d’État européen au ministère des Affaires étrangères, Michael Roth (SPD), souhaite que les négociations démarrent immédiatement. « C’est maintenant à l’UE d’agir. Nous avons donné notre parole et nous devons tenir nos promesses », écrit-il dans les pages du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Le ministre tchèque des Affaires étrangères Tomas Petricek, a appelé à plusieurs reprises à ce que l’UE soit plus active dans la région. « Je soutiens fermement l’idée de donner le feu vert aux deux pays », a-t-il déclaré vendredi à propos du lancement des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

(Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque ; Claire Stam, Euractiv Allemagne ; Zoran Radosavljevic, Euractiv)

BERLIN

Sauver le traité nucléaire iranien : Le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas (SPD), a appelé l’Iran à rester dans l’accord nucléaire, même si les avantages économiques ne sont pas à la hauteur de ses attentes. S’exprimant hier à Téhéran, il a souligné que cet accord était « extrêmement important » pour l’Europe pour des raisons de sécurité. Son homologue iranien, Mohammed Dschawad Sarif, a averti que les partisans de la « guerre économique » contre l’Iran ne pouvaient pas espérer « rester en sécurité ». (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

LONDRES

La course s’intensifie : Les dix candidats pour être le prochain Premier ministre britannique et chef du Parti conservateur ont été confirmés. Figurent sur la liste le ministre de l’Environnement, Michael Gove, le ministre de la Santé, Matt Hancock, l’ancien whip en chef, Mark Harper, le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, le ministre de l’Intérieur, Sajid Javid, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, l’ancien leader de la Chambre, Andrea Leadsom, deux anciens secrétaires au Travail et aux pensions, Esther McVey et Dominic Raab, et le ministre au Développement international, Rory Stewart. (Samuel Stolton, Euractiv)

BRUXELLES

Vers un gouvernement minoritaire : Le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang n’a pas exclu la possibilité d’un gouvernement minoritaire, a déclaré la négociatrice du parti, Barbara Bad, ce week-end. « S’il n’y a pas de participation gouvernementale, nous voulons peser sur la politique de l’opposition », a-t-elle dit, ajoutant que son parti pourrait soutenir ce gouvernement. Mais alors que le parti nationaliste flamand N-VA flirte avec un gouvernement minoritaire exclusivement flamand avec un Open VLD libéral toléré par le Vlaams Belang, les libéraux ont déjà rejeté toute collaboration, même indirecte avec l’extrême droite en général. (Alexandra Brzozowski, Euractiv)

ROME

Tractations au sommet : Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a rencontré ses deux adjoints, Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Lega), dont les relations sont actuellement difficiles, pour discuter des moyens d’éviter une procédure d’infraction contre l’Italie, ainsi que de la nomination du nouveau commissaire italien. La veille de la réunion, il avait mis en garde contre les risques de défier la Commission : « si la procédure est déclenchée, ça fera du mal à l’Italie ».

Les deux partenaires au pouvoir s’intéressent particulièrement aux portefeuilles importants, comme ceux de la concurrence ou de l’industrie. Dans un entretien avec Euractiv, l’ancien Premier ministre Mario Monti a suggéré au gouvernement de proposer un homme politique de haut niveau collaboratif. « L’Italie a besoin de quelqu’un qui sache négocier et éviter les conflits inutiles », a-t-il dit. (Gerardo Fortuna, Euractiv)

MADRID

La politique d’immigration tolérante de l’Espagne ne peut pas durer éternellement : Le gouvernement espagnol maintient une politique migratoire « unique » dans l’UE en continuant à accepter ceux qui arrivent, mais cette politique ne peut pas durer indéfiniment, a déclaré le sociologue cubain Alejandro Portes, lauréat du Prix Princesse des Asturies 2019 pour les sciences sociales.

L’expert a souligné que la situation migratoire dans l’UE a donné lieu à des réponses différentes selon les pays : par exemple, l’Allemagne est une nation ouverte avec une économie forte, tandis que la Hongrie a fermé ses portes à l’immigration. (EuroEFE.EURACTIV.es)

VARSOVIE

Rapprochement avec les États-Unis : Mercredi, la Pologne signera un accord avec les États-Unis qui améliorera le statut des forces américaines en Pologne pour en faire une « présence américaine durable sur le territoire polonais ». Quelque 1 300 soldats américains supplémentaires viendraient en Pologne et Varsovie paiera près de 2 milliards de dollars pour la modernisation de l’infrastructure militaire utilisée par les Américains.

Tout cela est censé renforcer la sécurité de la Pologne et de toute la région face à la menace russe. Toutefois, comme le met en garde Stratfor, un groupe de réflexion américain axé sur la sécurité, le renforcement de la présence américaine en Pologne pourrait déboucher sur une réaction russe.  (Euractiv Pologne)

BRATISLAVA

Qu’est-ce qui retient les Slovaques d’aller voter ? Bien qu’un plus grand nombre de Slovaques se soient rendus aux urnes lors des récentes élections européennes, le taux de participation est resté le plus faible de l’UE (22%). Le sociologue Michal Vašečka confirme que seule une minorité de Slovaques est pleinement engagée dans l’idée européenne. Contrairement à la Pologne ou à la Roumanie, les électeurs slovaques ne pensent pas que la démocratie libérale dans leur pays est en danger. « Ce qui ressort [de ces élections], c’est que les Slovaques ressentent beaucoup moins le besoin de participer aux élections européennes parce qu’ils estiment que Bruxelles ne peut rien sauver. » (Euractiv Slovaquie)

ATHÈNES

C’est officiel : Après des mois de spéculation sur les élections anticipées et une marge de 9,5% de défaite aux élections européennes, le Premier ministre, Alexis Tsipras, a demandé la dissolution du Parlement et des élections générales. Le vote est prévu pour le 7 juillet.

Le principal dirigeant de l’opposition, Kyriakos Mitsotakis de Nouvelle Démocratie, s’est réjoui que les élections européennes aient forcé le Premier ministre à convoquer ces élections. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

SOFIA

Financement des partis politiques : Transparency International a exprimé sa ferme désapprobation de l’approche « controversée, chaotique et réactive » visant à modifier la législation sur le financement des partis politiques. Jeudi, la commission parlementaire du budget a approuvé le projet du Premier ministre, Boyko Borissov, pour une mise à jour du budget de l’Etat, qui prévoit de réduire les subventions de l’État pour les partis politiques à 1 lev (environ 50 centimes d’euros) par vote, contre 11 leva actuellement. (Dnevnik)

ZAGREB

Un siège pour les gouverner tous : Deux semaines après avoir remporté un siège au Parlement européen, Human shield, un parti anti-establishment aligné sur le Mouvement 5 étoiles italien, s’est officiellement séparé. Le parti qui s’était présenté avec un ticket eurosceptique n’a pas su s’entendre sur l’attribution du siège remporté à Bruxelles.

Juncker à Zagreb : Le président de la Commission sortant, Jean-Claude Juncker, était à Zagreb ce week-end. Il a déclaré vouloir que la Croatie rejoigne Schengen et la zone euro dès que possible, ajoutant que le pays avait beaucoup progressé en termes économiques et financiers grâce à des réformes clés. (Thé Trubić, Euractiv Croatie)

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