L’actu en capitales: accusé de corruption, le Premier ministre tchèque contre-attaque

Andrej Babis réplique aux accusations de détournement de fonds.

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PRAGUE

Babiš contre-attaque : Le Premier ministre, Andrej Babiš, est soupçonné par la Commission européenne d’être dans une situation de conflit d’intérêts. Deuxième plus grande fortune du pays, il est accusé d’avoir orienté des fonds européens vers un groupe tentaculaire de produits chimiques, Agrofert, dont il serait toujours propriétaire, malgré un transfert officiel conforme à la loi. La République tchèque risque de devoir reverser 17,5 millions d’euros de subventions au budget de l’UE.

Andrej Babiš  s’est exprimé lors d’une réunion de la chambre basse tchèque sur le sujet. « L’audit douteux [de la Commission] est une attaque contre la République tchèque et je répète une fois de plus que rien ne sera rendu […] Les bureaucrates européens méprisent les lois tchèques », a-t-il martelé.

Selon les informations obtenues par l’agence de presse tchèque (ČTK), le commissaire européen au budget, Günther Oettinger, souhaite que le rapport d’audit final soit achevé en septembre 2019.

Environ 120 000 personnes sont descendues dans les rues de Prague hier pour demander la démission du Premier ministre. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

LONDRES

Trump snobbe Corbyn : Après avoir admis qu’il avait refusé une demande de rencontre de Jeremy Corbyn, Donald Trump, en visite à Londres a fait marche arrière, assurant qu’il n’aurait « aucun problème » à rencontrer le dirigeant travailliste. Il a en revanche rencontré Nigel Farage, chef du parti du Brexit. Il s’est également entretenu par téléphone avec Boris Johnson, favori au remplacement de Theresa May.

Dans le cadre d’une série de manifestations prévues hier, Jeremy Corbyn s’est adressé à la foule londonienne et s’est dit « très déçu » des attaques lancées par le président américain à l’encontre du maire de Londres, Sadiq Khan, que le président a notamment de « perdant ». Le maire de Londres lui a répondu calmement dans une vidéo. (Samuel Stolton, Euractiv)

COPENHAGUE

Campagne anti-migrants : Le Parti social-démocrate du Danemark devrait être le vainqueur des élections législatives d’aujourd’hui (5 juin). L’équipe de Mette Frederiksen a fait campagne contre l’immigration suite à une transformation de la position du parti après les bulletins nationaux de 2015. Les sociaux-démocrates ont néanmoins peu de chances d’obtenir une majorité au Folketing.

Ces élections marqueront probablement la fin de quatre années de gouvernance du « bloc bleu », coalition du Parti libéral (Venstre), de l’Alliance libérale et du Parti conservateur du peuple, dirigé par Lars Løkke Rasmussen. (Samuel Stolton, Euractiv)

BERLIN

Une GroKo mauvaise pour les affaires : Dieter Kempf, le chef de la Fédération des industries allemandes (BDI), a déclaré que le « marchandage » politique en cours à Berlin pour créer une « grande coalition » (GroKo) nuit à l’environnement commercial du pays. « La situation économique devient de plus en plus un risque, beaucoup de problèmes sont faits maison. » (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

PARIS

Économie circulaire, à la française : Plus de 650 millions d’euros de produits nouveaux et non périssables sont jetés ou détruits chaque année en France. Face à ce « gaspillage scandaleux », le gouvernement a annoncé l’interdiction de détruire les invendus non alimentaires, tels que les vêtements, les appareils ménagers, les produits d’hygiène ou de beauté.

La mesure, présentée en « première mondiale » par le Premier ministre, Édouard Philippe, impose aux détaillants de faire don de ces produits, par exemple à des associations, ou de les faire recycler pour réutiliser les matériaux. Selon les secteurs, elle s’appliquera à partir de la fin 2021 ou de la fin 2023.

En réalité, ce n’est pas exactement une première mondiale, puisque la loi suit l’exemple du paquet économie circulaire européen. Plusieurs enquêtes publiées en France ont montré que des détaillants comme Amazon détruisaient les marchandises plutôt que de les renvoyer. (Euractiv France)

MADRID

Tusk à Madrid : Le président du Conseil européen rencontre aujourd’hui le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez. Selon des sources européennes, ils devraient discuter de la distribution des postes clés à la Commission et dans d’autres institutions de l’UE, en prévision d’un Conseil européen critique à la mi-juin à Bruxelles.

Pedro Sánchez, dont le parti socialiste (PSOE) a obtenu 20 des 54 eurodéputés du prochain Parlement européen, a déclaré vouloir construire une « alternative social-démocrate » contre les politiques de « coupes, de précarité et de manque d’opportunités ». L’Espagne veut regagner de l’influence au cœur de l’UE, dans le cadre du Brexit. (EuroEFE.EURACTIV.es)

ROME

Possible cessez-le-feu ? Après l’ultimatum du Premier ministre italien, Giuseppe Conte, Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Lega) ont eu une conversation « amicale » pour apaiser les tensions. Giuseppe Conte s’est félicité de la « reprise du dialogue ». La coalition gouvernementale s’est partiellement mise d’accord sur la réforme du code italien des marchés publics, qui est au point mort depuis des semaines. Toutefois, le nouvel équilibre au sein de l’exécutif italien semble encore fragile, car un amendement au code proposé par la Lega a failli conduire à nouveau à une nouvelle crise politique. (Gerardo Fortuna, Euractiv)

BRATISLAVA

Contestation constitutionnelle : Les chrétiens-démocrates (KDH, affilié PPE), le parti dont l’élue Miriam Lexmann figure sur la « liste d’attente du Brexit » (elle ne siègera au Parlement qu’après le départ des députés britanniques), vont saisir la Cour constitutionnelle. Ils estiment injuste la formule mathématique utilisée pour décider qui sera sur le banc de touche. Le KDH a en effet reçu plus de voix que le parti SaS (Freedom and solidarity, affilié CRE), qui conserve les deux députés, contrairement à KDH qui n’en aura qu’un jusqu’à ce que le Brexit ait lieu. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

LA HAYE

Tarification carbone : Le législateur néerlandais veut fixer un tarif minimum pour le CO2 créé lors de la production d’électricité. Dans un projet de loi soumis au parlement lundi, les ministres visent à encourager les entreprises à être plus durables en imposant un minimum de 12,30 euros par tonne de carbone émise. Ce chiffre devrait atteindre 31,90 euros en 2030 et compléter le système communautaire d’échange de quotas d’émission, qui fixe actuellement le prix du carbone à environ 24 euros, un prix est sujet à fluctuation.

Dans le cadre d’une campagne pour en faire plus sur le climat, le gouvernement néerlandais organisera fin juin un sommet sur la tarification du carbone et la taxation de l’aviation. L’idée est de construire une coalition d’États membres volontaires qui sont également intéressés par la fixation d’un prix minimum du carbone. (Sam Morgan, Euractiv)

ATHÈNES

Athènes appelle Berlin au dialogue : L’ambassadeur grec à Berlin a présenté mardi une « note verbale » au ministère allemand des Affaires étrangères, appelant l’Allemagne à participer aux négociations sur les réparations des deux guerres mondiales. En avril, le parlement grec a approuvé une proposition visant à demander officiellement des réparations à l’Allemagne pour les crimes de guerre, même si Berlin a rejeté les demandes, affirmant qu’il n’y avait aucune base pour des réparations. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

NICOSIE

Une nouvelle alliance trilatérale : Chypre et la Grèce ont tendu la main à l’Arménie pour former une nouvelle coopération trilatérale, à la suite de partenariats similaires déjà établis avec des voisins régionaux comme l’Égypte, Israël, la Jordanie et le Liban. Les deux membres de l’UE ont également promis d’aider à renforcer les liens de l’Arménie avec le bloc. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

SOFIA

Les votes préférentiels passent à la trappe : Dans près de 40 % des bureaux de vote (1 139 sur un total de 3 000) où des machines à voter étaient disponibles lors des élections européennes, les votes préférentiels n’ont pas été correctement déclarés. (Dnevnik.bg)

BELGRADE

Soutien de la Slovaquie : Le ministre slovaque des Affaires étrangères et président en exercice de l’OSCE, Miroslav Lajčak, a déclaré que la Slovaquie, en tant que pays ami, continuera à apporter son aide et son soutien à la Serbie sur la voie de l’UE. La Slovaquie est l’un des cinq États membres de l’UE qui n’ont pas reconnu l’indépendance du Kosovo. Lors d’une réunion avec la Première ministre serbe, Ana Brnabić, Miroslav Lajčak a déclaré que la stabilité de la Serbie et de la région était étroitement liée à la recherche d’une solution de compromis avec Priština. (Euractiv Serbie)

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