L’actu en capitales : démissions en série dans la politique européenne

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BERLIN

La GroKo dans la tourmente. Andrea Nahles, cheffe de file du Parti social-démocrate (SPD), a secoué la politique allemande dimanche (2 juin) en annonçant sa démission. Cette décision fait suite aux résultats catastrophiques du parti aux élections européennes de la semaine dernière ainsi qu’aux élections locales à Brême, un bastion social-démocrate depuis plus de 70 ans, qui sera désormais dirigé par un conservateur.

C’est un coup dur pour la coalition actuelle, déjà impopulaire, entre les conservateurs de la CDU/CSU (affilié PPE) et le SPD. Des voix au sein du SPD ont appelé à l’arrêt de la « GroKo », comme est surnommée la grande coalition en Allemagne. Mais Annegret Kramp-Karrenbauer, dirigeante de la CDU, et Angela Merkel, chancelière, ont toutes deux déclaré que l’alliance devait se poursuivre.

Les deux dirigeantes de la CDU veulent en effet empêcher de nouvelles élections : selon un sondage publié la veille, les Verts sont devenus pour la première fois en 40 ans d’existence la première force politique du pays, dépassant la CDU/CSU.

Depuis les élections européennes du 26 mai, les Verts ont gagné neuf points de pourcentage pour atteindre 27 %, tandis que la CDU/CSU a perdu deux points de pourcentage et est tombée à 26 %. Le SPD a perdu cinq points et s’élève aujourd’hui à 12 %, sa pire performance à ce jour. Cela signifie que les sociaux-démocrates n’ont qu’un point d’avance sur l’extrême droite AfD, qui a obtenu 11 % (moins deux points de pourcentage).

En France, c’est la droite qui vacille. Laurent Wauquiez, le chef du parti de droite Les Républicains (LR) a annoncé sa démission suite aux mauvais résultats du parti aux élections européennes, au cours desquelles le parti membre du PPE a obtenu un très faible score, soit 8 %.

Au lieu de blâmer François-Xavier Bellamy qui était la tête de liste du parti, beaucoup de membres du parti ont accusé Laurent Wauquiez d’avoir adopté une position de droite dure. À l’approche des élections municipales de l’année prochaine, quelques maires ont déjà quitté LR depuis la semaine dernière pour rejoindre LREM de Macron et ainsi sauver leur poste. (Aline Robert, Euractiv France)

À Athènes, Evangelos Venizelos, ancien chef du parti socialiste grec et vice-Premier ministre, a soudainement décidé de quitter le parti, accusant son chef de file, Fofi Gennimata, de vouloir rattacher les socialistes grecs à Syriza, le parti au pouvoir.

À la veille des élections nationales du 7 juillet, cette décision devrait entraîner des changements politiques, étant donné que Syriza a appelé à la création d’une coalition progressiste de gauche pour stopper la montée de Nouvelle démocratie (ND-PPE), qui a clairement dominé les élections locales et régionales ce week-end. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

LONDRES

Les conseils de Trump pour un No Deal. Le président américain Donald Trump a déclaré que le Royaume-Uni devrait se préparer à quitter l’UE sans accord, ajoutant que le leader du parti du Brexit, Nigel Farage, devrait jouer un rôle dans les discussions du gouvernement avec Bruxelles. Dans une interview accordée au Sunday Times, Donald Trump a déclaré que l’UE avait « toutes les cartes en main » à la suite des négociations de Theresa May avec l’UE. Il a également déclaré que l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson serait un « excellent » chef du parti conservateur.

Dans le même temps, l’ancien ministre des Universités Sam Gyimah est devenu le 13e candidat à la direction du Parti conservateur. Il est le seul jusqu’à présent à demander un deuxième référendum sur le Brexit. Le chef de l’opposition travailliste britannique Jeremy Corbyn a accusé Donald Trump d’interférer avec la politique britannique. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

MADRID

Plus de femmes à la Commission. L’agence espagnole EFE a interviewé Margrethe Vestager, qui a déclaré que les libéraux européens avaient un objectif de 50 % de femmes dans la nouvelle Commission. Pour la Spitzenkandidat libérale, une femme « manque depuis longtemps » à la tête de la Commission.

« Nous, les femmes, ne sommes pas une minorité, nous sommes la moitié de la population », a-t-elle déclaré. (Euroefe)

ROME

Accident de bateau de croisière. Dimanche, un paquebot de croisière de 65 000 tonnes a percuté un bateau de tourisme sur l’un des canaux les plus fréquentés de Venise. Quatre personnes ont été blessées, a rapporté le gouverneur de la région de Vénétie.

Le trafic des bateaux de croisière dans la lagune de Venise est un problème de longue date en Italie. La Lega de droite a reproché à son partenaire de coalition, le Mouvement 5 étoiles, d’avoir bloqué un plan alternatif pour l’accostage des navires. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

VARSOVIE

La Coalition européenne touche à sa fin. La dissolution prévue de la coalition pro-européenne en Pologne est devenue une réalité. Le Parti populaire polonais centriste rural (PSL/PPE) a déclaré qu’il formerait une Coalition polonaise et a ajouté qu’il était prêt à coopérer avec d’autres forces centristes et modérées animées du même esprit. Reste à savoir quels partis ou mouvements il attirera, mais le PSL a commencé à courtiser les autorités locales et les maires. La position de Donald Tusk n’est pas claire non plus, s’il décide de revenir à la politique polonaise. (Euractiv Pologne)

BRATISLAVA

Révision de l’histoire. Le parti communiste à la Douma russe a proposé une loi qui qualifierait l’occupation de la Tchécoslovaquie de 1968 de justifiée et donnerait aux soldats concernés le statut d’anciens combattants. Le ministère slovaque des Affaires étrangères a réagi en déclarant que toute tentative visant à légitimer l’invasion est inacceptable. Le Premier ministre slovaque, M. Pellegrini, prévoit de discuter de cette question lors d’une visite à Moscou cette semaine. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

PRAGUE

L’UE cible le Premier ministre tchèque. Un projet d’audit de la Commission européenne suggère que la République tchèque pourrait devoir rembourser 17 millions d’euros de subventions européennes. C’est le groupe d’entreprises Agrofert, lié au Premier ministre Andrej Babiš, qui avait reçu cet argent.

Le rapport note qu’Andrej Babiš est en conflit d’intérêts parce qu’il a toujours une influence sur Agrofert par le biais des fonds fiduciaires et qu’en tant que Premier ministre, il a également une influence sur l’utilisation des fonds européens. En outre, elle souligne qu’Agrofert a bénéficié du transfert d’énormes sommes d’argent entre les différents programmes de subventions et a gagné plusieurs centaines de millions de couronnes grâce à diverses astuces et à l’indulgence des inspecteurs d’État.

Andrej Babiš a déclaré qu’il n’avait enfreint aucune loi et que la République tchèque ne rendrait rien à Bruxelles. Plusieurs partis d’opposition envisagent de déclencher un vote de défiance au sein de son gouvernement (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque).

BUCAREST

Visite du Pape en Roumanie. Le pape François a terminé sa visite de trois jours en Roumanie dimanche dernier en demandant pardon, au nom de l’Église catholique, au peuple rom « pour tous les moments de l’histoire où nous vous avons discriminés, maltraités ou regardés avec méfiance ». S’adressant à des dizaines de milliers de personnes en Transylvanie, le Pape a déclaré que les Hongrois et les Roumains de souche devraient mettre de côté leurs problèmes et « vivre ensemble comme des frères et sœurs ». (Euractiv Roumanie)

SOFIA

Journalistes menacés. Un certain nombre de journalistes ont été pris pour cible ces derniers jours. Le journaliste d’investigation Rossen Bossev de l’hebdomadaire « Capital » a reçu une amende pour ce qu’un tribunal a qualifié de « diffamation ». Un groupe de journalistes de Netinfo s’est quant à lui plaint d’être sous pression. Le « New Broadcasting Group », racheté par l’oligarque Kiril Domuschiev et son frère Georgi en début d’année, détient une participation de 70 % dans Netinfo.

D’autres journalistes de Nova TV, également propriété des frères Domuschiev, se sont vu proposer de nouveaux contrats, qui permettent à leur employeur d’utiliser leur travail journalistique que si le contenu leur convient. (Georgi Gotev, Euractiv.com)

 

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