L’actu en capitales : réactions mitigées au choix d’Ursula von der Leyen

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Les dirigeants européens ont décidé de soutenir la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen pour la présidence de la Commission européenne mardi 2 juillet.

Mais comme elle n’était pas candidate aux élections européennes, elle pourrait avoir du mal à obtenir l’approbation du Parlement européen, qui a déjà exprimé sa déception.

Les dirigeants se sont également mis d’accord sur le choix du président du Conseil, du chef de la Banque centrale européenne et du haut représentant de l’UE, qui seront respectivement Charles Michel (Belgique), Christine Lagarde (France) et Josep Borrell (Espagne).

Pour la présidence du Parlement européen, un vote est attendu aujourd’hui. Les candidats sont le socialiste David-Maria Sassoli (S&D), Ska Keller (Verts/ALE), Sira Rego (GUE/NGL) et le conservateur Jan Zahradil (CRE).

Le Parti populaire européen de centre-droit n’a proposé aucun candidat et le chef du groupe, Manfred Weber, a déclaré qu’il était temps que l’assemblée européenne soit dirigée par un candidat socialiste.

Dans le but de satisfaire également l’Europe de l’Est, les dirigeants européens ont suggéré que le président bulgare Sergei Stanishev, président du Parti socialiste européen, soit le président du nouveau Parlement européen pour deux ans et demi et soit ensuite remplacé par Manfred Weber.

Le partenaire d’Euractiv, Dnevnik.bg, a cité le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, qui a déclaré que ce serait un honneur pour un Bulgare de se trouver à un poste aussi élevé, même si « son peuple ne l’aime pas ».

Il a clairement indiqué que les députés européens de son propre parti, le GERB (PPE), voteraient aujourd’hui pour Sergei Stanishev.

Mais une source du S&D, le groupe socialiste au Parlement européen, a déclaré que la candidature du Bulgare n’était qu’une rumeur diffusée par les cercles du PSE. « Nous avons eu une longue réunion au sein du groupe S&D au sujet de notre candidat, mais le nom de Sergei Stanishev n’a même pas été mentionné », a déclaré la source.

La même source a déclaré que le candidat socialiste David-Maria Sassoli devrait être élu dès le premier tour avec le soutien du PPE. « Le Parlement européen a le droit et le devoir de décider de son futur président. Le Conseil européen ne peut imposer aucun candidat tant qu’il n’a pas interrogé le Parlement sur ses choix en matière de postes à responsabilités dans l’UE. Pour l’instant, une grande majorité du groupe s’oppose farouchement» à la nomination d’Ursula von der Layen.

(Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

Un point pour l’Allemagne, mais une défaite pour l’Europe

La nomination d’Ursula von der Leyen a déjà suscité de vives réactions à Berlin.

Le chef des eurodéputés sociaux-démocrates allemands (SPD), Jens Geier, a déclaré que son groupe ne soutiendrait pas la nomination de la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen. « La fraction européenne du SPD n’approuvera certainement pas cette proposition », a-t-il déclaré à Strasbourg. Il a également déclaré que les résultats du sommet extraordinaire de Bruxelles constituaient une « preuve d’incapacité » du Conseil européen et a appelé à une solution alternative.

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui appelé le SPD à se montrer responsable et à approuver la combinaison des postes clés proposée par le Conseil. Les partis européens doivent maintenant travailler afin d’obtenir l’accord de leurs députés européens sur ce paquet, a-t-il déclaré. « Et j’aiderai la chancelière Angela Merkel à essayer de convaincre son partenaire de coalition que cette proposition est la bonne », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, en Bavière, Markus Söder, dirigeant de la CSU, a déclaré que la défaite de Manfred Weber était une défaite pour la démocratie et pour l’Europe. « Manfred Weber aurait été le président légitime de la Commission, et aurait été la nomination la plus démocratique. »

La CSU soutient toutefois la nomination d’Ursula von der Leyens. « Bien sûr, c’est une bonne chose pour l’Allemagne que nous puissions à nouveau nommer le président de la Commission pour la première fois depuis des décennies », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Nous acceptons ces décisions par responsabilité pour le pays et l’Europe. C’est un point pour l’Allemagne, mais une défaite pour l’Europe ».

(Claire Stam, Euractiv Allemagne)

Situation similaire à Paris. Les eurodéputés français n’étaient pas satisfaits de la proposition du Conseil. « La combinaison proposée reconnaît l’échec de la stratégie des Spitzenkandidaten. Et la responsabilité de cet échec incombe à Emmanuel Macron », a déclaré un député européen du PPE.

« Il nous faut maintenant trouver un poste pour Manfred Weber qui soit à la hauteur de sa campagne », a déclaré la même source à Strasbourg. Plus tôt dans la journée, Jean Leonetti, président des Républicains, avait tweeté que Macron devait soutenir Michel Barnier plus que quiconque.

Du côté socialiste, les critiques se sont transformées en menaces concernant la nouvelle présidente de la Commission européenne. Quand Donald Tusk a déclaré qu’un accord était « de plus en plus proche », la délégation socialiste française a demandé, « du mur ? »

Nathalie Loiseau, du parti d’Emmanuel Macron, a soutenu la ministre allemande de la Défense en disant qu’elle était une excellente candidate (Euractiv France).

Aux Pays-Bas, le candidat socialiste européen, Frans Timmermans, était sur le point de succéder à Jean-Claude Juncker, mais les pays de Visegrad ont bloqué sa candidature. Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš et le Hongrois Viktor Orbán ont tous deux affirmé l’avoir évincé de la course.

Iratxe Garcia, chef du Groupe S&D, a déclaré : « Il est inacceptable que les gouvernements populistes représentés au Conseil excluent le meilleur candidat uniquement parce qu’il a défendu l’État de droit et nos valeurs européennes communes ».

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui devait défendre la cause de Timmermans, a défendu une liste de noms « très équilibrée ».

ROME

Le successeur de Vestager. L’Italie est satisfaite de la liste du Conseil européen. Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, s’est dit convaincu après un appel téléphonique « long, intéressant, stimulant et persuasif » avec la future présidente désignée de la Commission ce matin.

En échange de son soutien aux nominations, Giuseppe Conte a obtenu une vice-présidence de la Commission et le portefeuille de la concurrence. Le parti de droite Lega nommera le commissaire italien. « Ils ont beaucoup de personnalités politiques de valeur. Je ne vois aucune difficulté à trouver la meilleure personne pour le poste », a déclaré le Premier ministre.

(Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

BRUXELLES

Survivant inattendu. Le Premier ministre belge sortant, Charles Michel, succèdera à Donald Tusk à la tête du Conseil européen. Il s’agit d’un choix inattendu, mais approprié.

Ce n’est cependant pas une bonne nouvelle pour le blocage de la formation du gouvernement fédéral en Belgique et de son propre parti, qui doit maintenant le remplacer. Depuis 2014, Charles Michel s’est construit un réseau européen solide, développant des relations personnelles avec nombre de ses homologues européens lors de visites officielles, via des dîners privés ou des cocktails après les sommets européens.

(Alexandra Brzozowski, Euractiv.com).

Visegrad célèbre la défaite de Timmermans

VARSOVIE

Pour le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, la Pologne a « atteint ses objectifs ». Varsovie s’est farouchement opposé à la candidature de Timmermans, car en tant que vice-président de la Commission européenne, il a critiqué la Pologne pour ses violations de l’État de droit et ses vastes réformes judiciaires.

« Nous étions à deux doigts de choisir un candidat d’extrême gauche qui ne comprend pas les réformes dans les pays post-communistes. » Selon lui, Varsovie est à l’origine de la coalition de blocage.

Quant à Ursula von der Leyen, Mateusz Morawiecki a déclaré qu’il souhaitait coopérer avec elle sur de nombreuses questions. « L’OTAN, la Russie, le renforcement de la compétitivité », a-t-il cité.

« Ceux qui pensaient qu’en ne choisissant pas Frans Timmermans, l’UE se désintéresserait du respect de l’état de droit, se trompent, a déclaré Donald Tusk, pour envoyer un message à la Pologne. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

BRATISLAVA

« Bon signal pour les femmes ». Le Premier ministre slovaque, Peter Pellegrini, a qualifié la nomination d’Ursula von der Leyen de « bon signal pour la société et pour toutes les femmes, mais aussi pour les petites filles à l’école, elle leur donnera l’enthousiasme et la conviction que cela vaut la peine de travailler et que même une femme peut diriger une institution aussi importante ».

(Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

PRAGUE

Baiser mortel. « Si j’étais eurosceptique, j’ouvrirais une bouteille de champagne. Les dirigeants de l’UE ont donné un baiser mortel à l’UE », a déclaré l’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský (PPE). « C’est la fin des spitzenkandidats. Les groupes politiques européens ne présenteront aucune candidature à l’avenir », a-t-il souligné, ajoutant que la décision d’hier aura un impact très négatif sur l’avenir de l’UE.

Mais le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, est satisfait du choix du Conseil européen et espère que les 21 députés tchèques soutiendront Ursula von der Leyen. « Elle connaît notre région. Pour nous, elle est, bien sûr, un meilleur choix que Frans Timmermans », a-t-il assuré. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

ZAGREB

Bonne solution. Le Premier ministre croate, Andrej Pleković (HDZ-PPE), s’est déclaré satisfait du compromis. « Les candidats sont une très bonne solution pour la Croatie », a-t-il déclaré.

« L’objectif fondamental du groupe socialiste et libéral était que quelqu’un de leurs dirigeants devienne le chef de la Commission. Pour le PPE, cela n’était pas acceptable. Ce qui a été réalisé aujourd’hui respecte la volonté de la majorité des électeurs », a-t-il ajouté.

(Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

 

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