L’actu en capitales: Tour d’Europe des résultats des européennes

Une Europe fragmentée et polarisée.

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Le Parti populaire européen conservateur a de nouveau remporté le plus grand nombre de sièges aux élections européennes, mais il aura du mal à obtenir une majorité, les Verts, les libéraux et les populistes ayant enregistré des gains importants, reflétant la fragmentation actuelle de l’UE.

LONDRES

Divisions pro vs anti Brexit : Le parti du Brexit de Nigel Farage a remporté les élections européennes, tandis que les partis pro-UE ont également réalisé des scores substantiels, mettant en lumière l’ampleur des divisions au Royaume-Uni. Le parti de Farage a obtenu 32 % des voix et devrait remporter 29 sièges au Parlement européen. (Samuel Stolton, Euractiv)

BRUXELLES

Dimanche noir en Belgique : Le parti séparatiste d’extrême droite flamand, le Vlaams Belang, s’est taillé la part du lion lors des élections nationales belges, triplant son nombre d’électeurs par rapport à 2014 et laissant aux négociateurs une lourde tâche pour former le prochain gouvernement national.

Si les Verts progressent encore, le parlement fédéral belge n’aura « jamais été aussi massivement nationaliste flamand ». La N-VA reste le plus grand parti flamand et le Vlaams Belang passe de trois à dix-huit sièges. Bien que le Mouvement réformateur (MR) du Premier ministre Charles Michel soit arrivé deuxième aux élections wallonnes, les experts suggèrent qu’il pourrait bientôt perdre ses fonctions. (Alexandra Brzozowski, Euractiv)

BERLIN

Envolée des Verts : Les Verts de Bündnis90/Die Grünen ont tout raflé en Allemagne. Ils ont presque doublé leur nombre de sièges et sont arrivés en deuxième position avec 21 %, devant les sociaux-démocrates. La CDU/CSU conservatrice reste la force politique la plus forte de l’Allemagne, malgré un soutien plus diffus. Pour Katarina Barley, tête de liste du parti social-démocrate (SPD), les élections européennes ont fini par être un fiasco : le parti a atteint un peu plus de 15 % contre 27,3 % il y a cinq ans.

C’est un coup dur pour Andrea Nahles, cheffe de file du SPD. Des poids lourds tels que l’ancien ministre des Finances Sigmar Gabriel et l’ancien président du Parlement européen Martin Schulz ont laissé entendre qu’elle devait démissionner. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

PARIS

Le Pen bat Macron : Le Rassemblement national de Marine Le Pen (RN) est arrivé premier en France avec 23,3 % des voix, suivi de Renaissance d’Emmanuel Macron avec 22,4 %.

Jordan Bardella, tête de la liste du RN, a déclaré qu’il avait l’intention de construire un groupe puissant au sein du Parlement européen. Stanislas Guerini, le délégué général de LREM, a quant à lui annoncé que Renaissance construirait un grand groupe européen en rejoignant l’ALDE.

« Le Parlement européen était jusqu’à présent endormi. Les deux grands groupes n’ont pas fait bouger les choses au niveau européen. Nous avons l’intention de constituer un groupe central qui sera crucial. Nous construirons des majorités autour de la transition écologique », a-t-il déclaré.

Les Verts ont obtenu 13,47 % des voix tandis que le centre droit Les Républicains (affiliés au PPE) a obtenu 8,4 %. « Les électeurs ont préféré ceux qui se sont toujours battus pour l’écologie », a déclaré l’eurodéputé vert Yannick Jadot.

Les socialistes et la France insoumise de Mélenchon seront également représentés au prochain Parlement européen avec respectivement 6,1 % et 6,3 %. Les gilets jaunes n’ont réussi à faire élire personne et semblent avoir nourri l’extrême droite plutôt que l’extrême gauche. (Euractiv France)

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MADRID

Les socialistes grands gagnants : Le Parti socialiste espagnol (PSOE) a remporté les élections européennes avec près de 33 % des voix et 20 des 54 sièges de l’Espagne. Le Parti populaire s’est classé deuxième (PPE) avec 20 % et 12 sièges, tandis que le parti centriste Ciudadanos a obtenu 12 % et sept sièges. L’aile gauche Unidas Podemos a terminé quatrième avec six sièges et l’extrême droite Vox cinquième avec trois sièges. Les partis séparatistes catalans ont obtenu ensemble près de cinq sièges, ont rapporté les médias espagnols dimanche soir.

Lors élections régionales et locales, organisées aussi le dimanche 26 mai, le PSOE a remporté une nette victoire sur ses principaux rivaux, confirmant le leadership du premier ministre socialiste Pedro Sánchez, après sa victoire aux élections législatives d’avril. (Euroefe)

ROME

Salvini triomphe : Pour la toute première fois, la Lega est devenu le premier parti en Italie avec 34,5 % des voix, suivi par le Parti démocratique de centre-gauche qui a dépassé les attentes avec environ 23 %.

Le Mouvement 5 étoiles s’est effondré à seulement 16,5 %, tandis que Forza Italia de Silvio Berlusconi (8,5%) a remporté son duel avec l’extrême droite Fratelli d’Italia (6,4%). Le parti + Europa affilié à l’ALDE n’a pas réussi à dépasser le seuil électoral de 4 %. (Gerardo Fortuna, Euractiv)

VARSOVIE

Bataille décisive à l’automne : Avec un taux de participation record de 43% – le plus élevé depuis l’adhésion du pays à l’UE en 2004 – le parti conservateur au pouvoir en Pologne, le parti Droit et Justice (PiS), est arrivé juste devant la Coalition européenne centriste lors du vote de dimanche, considéré comme un test décisif avant les élections parlementaires plus tard cette année.

Les PiS ont remporté 43,1 % des voix, contre 31,8 % il y a cinq ans, ce qui représente le meilleur résultat de toutes les élections. Pendant ce temps, la Coalition européenne de l’opposition comprenant la Plate-forme civique (PO), anciennement dirigée par le président du Conseil de l’UE Donald Tusk, et un groupe de partis de gauche et ruraux, a atteint 38,4%. Cela représente 28 sièges pour PiS, 21 pour la CE et trois pour Wiosna. (Alexandra Brzozowski, Euractiv / Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

VIENNE

Kurz en première place : Le Parti populaire de centre-droit (ÖVP) du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, est sur la bonne voie pour remporter les élections européennes, le Parti de la liberté d’extrême droite arrivant troisième, selon un communiqué de presse publié dimanche (26 mai).

>> Lire aussi : Stefan Brocza :«l’Ibiza-gate n’affectera pas la performance du FPÖ aux européennes»

BRATISLAVA

Les partis gouvernementaux perdants : La coalition des nouveaux partis pro-européens Progressive Slovakia (ALDE) & Together (PPE) a remporté les élections européennes en Slovaquie, obtenant 20% des voix et élisant quatre députés, deux iront d l’ADLE et deux du PPE.

Le socialiste Smer-SD (PSE) a obtenu 15,7% et disposera de trois sièges au Parlement européen tandis que le néo-fasciste LSNS a obtenu 12% et a réussi à élire deux députés européens. Deux sièges supplémentaires iront aux démocrates-chrétiens (PPE), mais un seulement après Brexit, et au SaS (CRE). OĽaNO (CRE) aura un député européen d’origine rom. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

PRAGUE

Les sociaux-démocrates disparaissent : Le parti au pouvoir, l’ANO (ADLE), a remporté les élections européennes avec 21,18% des voix et six sièges. Elle a été suivie par les Démocrates civiques menés par Jan Zahradil (Spitzenkandidat du CRE, 14,54%, quatre sièges), tandis que les Pirates et la coalition pro-européenne du TOP 09 et les Maires et indépendants (PPE) ont chacun trois sièges.

L’extrême droite Liberté et démocratie directe (9,14%) et les démocrates-chrétiens (7,24%, PPE) ont obtenu deux sièges tandis que le parti communiste (6,94%) a élu un député européen. Les sociaux-démocrates ne seront pas représentés au prochain PE, perdant les quatre sièges.

Le taux de participation a atteint un record de 28,72 %, alors qu’il n’était que de 18,2 % en 2014. (Aneta Zachová, Euractiv République Tchèque)

BUDAPEST

Vitoire absolue d’Orbán : Le parti hongrois de droite au pouvoir, le Fidesz (affilié PPE… pour l’instant), a remporté 52% des voix. Selon le Premier ministre Viktor Orbán, les Hongrois envoient ainsi un message clair contre la migration en Europe.

LA HAYE

Victoire confirmée des travaillistes : Les résultats du sondage de sortie des urnes de jeudi ont été confirmés dimanche, le Parti travailliste néerlandais (PvdA) prenant la première place avec près de 20% des voix. Le PVV du leader d’extrême droite Geert Wilders a payé le plus lourd tribut à l’effet Timmermans et à l’impact du nouveau parti de Thierry Baudet, FvD, qui a perdu tous ses sièges.

BUCAREST

La diaspora punit les socialistes au pouvoir : En Roumanie, avec près de 97% des voix comptées, le PNL de centre-droit (PPE) a obtenu 26,79% des voix, suivi du parti au pouvoir PSD (affilié au S&D… pour l’instant) avec 23,38% et de l’Alliance 2020 USR PLUS, qui deviendra membre du groupe ADLE, avec 21,40%. ProRoumanie de l’ancien Premier ministre Victor Ponta (qui espère rallier le S&D) s’élève à 6,61% et PMP (PPE), le parti de l’ancien président Traian Basescu a obtenu 5,66%, et UDMR (PPE) 5,45%. USR PLUS a bénéficié de 41% du soutien de la diaspora, tandis que le PNL en a obtenu 31,4% et le PMP 9,8%. Le PSD, qui a été fortement critiqué par la Commission européenne, n’a obtenu que 3,1%.

Référendum sur la justice et la corruption : Par ailleurs, le référendum convoqué par le président, Klaus Iohannis, pour mettre fin aux modifications des lois anti-corruption a atteint un taux de participation de plus de 40%, dépassant de loin les 30% minimum requis pour sa validation. Deux questions ont été posées aux électeurs : s’ils veulent interdire au gouvernement de modifier la législation judiciaire par des décrets d’urgence et s’ils veulent une interdiction nationale de toute amnistie et grâce pour les crimes liés à la corruption.

« C’est un vote clair pour une politique correcte, pour une vraie justice. Aucun politicien ne peut ignorer votre vote clair en faveur d’un système judiciaire indépendant », a déclaré le président. Le référendum n’est pas contraignant, mais « enverra un signal clair » aux politiciens.

La Roumanie a, à plusieurs reprises, fermé les yeux sur une série de réformes judiciaires proposées par le parti au pouvoir du PSD, qui, selon Bruxelles, entraveront la lutte contre la corruption. (Euractiv Roumanie)

ATHÈNES

Tsipras en danger : Le principal parti d’opposition, Nouvelle Démocratie (affilié PPE), a remporté 33,5% des voix, soit sept sièges européens, tandis que Syriza a obtenu 24% (six sièges), suivie du socialiste KINAL (S&D) avec 7,7% (deux sièges) et du Parti communiste avec 5,7% (deux sièges). L’extrême droite Aube dorée a obtenu 4,8% des voix (deux sièges) et la nouvelle solution populiste grecque de droite finit à 4,2%. DiEM 25 de Yannis Varoufakis a obtenu un siège.

Parallèlement, les candidats de Nouvelle Démocratie ont également été les grands gagnants des élections locales et régionales, portant un nouveau coup dur au gouvernement Tsipras. Un rejet en partie dû à la résolution du conflit avec avec la Macédoine du Nord ? Le Premier ministre, dont les efforts ont été loués au niveau international, a été contraint de convoquer des élections anticipées en juin. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

NICOSIE

Mince victoire des conservateurs : Le DHSY (PPE) est arrivé en tête avec 29% (deux sièges), suivi de l’AKEL (EU Left) avec 27,49% (deux sièges). DHKO (S&D) a obtenu 13,8% et conserve un siège, ainsi que EDEK (S&D) avec 10,6%. L’ELAM nationaliste à 8,25% perd son siège. Les résultats auront peu d’impact sur le paysage politique chypriote. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

SOFIA

Borissov victorieux malgré les scandales à répétition : Le parti GERB du Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, (affilié PPE) a remporté les élections européennes malgré les scandales dans lesquels il a été impliqué ces derniers mois. Le GERB a gagné 30,5%, contre 25% pour son ennemi juré BSP, le Parti socialiste bulgare (affilié au PSE). Comme on pouvait s’y attendre, le troisième est le Mouvement pour les droits et les libertés (affilié à l’ADLE), majoritairement d’origine turque, avec 14,5%. Le parti nationaliste VMRO a obtenu 7,7% et le parti de centre-droit démocrate bulgare 6%. Cela se traduit par sept eurodéputés au PPE, cinq au PSE, trois à l’ADLE et deux dans un groupe eurosceptique.

Boyko Borissov s’est impliqué très activement dans la campagne il y a une dizaine de jours alors que les sondages donnaient encore un avantage à BSP. Sergei Stanishev, leader du PSE et cinquième sur la liste du BSP, a blâmé le leader du parti Kornelia Ninova pour ce qu’il considérait comme une erreur stratégique. Les députés de BSP ont quitté l’Assemblée nationale en février et depuis lors, ils sont restés largement invisibles aux yeux du public. (Georgi Gotev, Euractiv)

ZAGREB

Les conservateurs à la traine : Le parti conservateur au pouvoir en Croatie, le HDZ (PPE) espérait remporter six sièges européens, mais a fini par n’en gagner que quatre, tout comme son principal rival, le SDP (S&D).

Le Premier ministre, Andrej Plenković, a choisi les candidats et cette défaite rendra plus difficile la transformation du HDZ en un parti centriste, car elle donne du poids à son aile droite. « Ce qui s’est produit est évidemment une grande dispersion des voix. Dans de telles circonstances, il est évident qu’il manquait entre 1 000 et 1 500 votes pour le HDZ pour le cinquième mandat. Je ne suis pas satisfait de cela, mais je suis heureux que nous soyons allés de l’avant de façon indépendante », a-t-il déclaré. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

LJUBLJANA

TPas de surprise : Janez Janša et sa coalition du PPE (SDS et partenaire junior SLS) sont les vainqueurs des élections – comme lors des élections législatives de juin de l’année dernière, où il avait gagné mais n’avait pas le potentiel de former un gouvernement. Les sociaux-démocrates ont confirmé qu’ils sont toujours là, en deuxième ou troisième position. Et le parti majoritaire dans la coalition au pouvoir, la LMŠ (ADLE), s’est classé juste derrière. Il n’y a donc rien de nouveau du côté ensoleillé des Alpes. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

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