L’actu en capitales: Weber ne renonce pas à la présidence de la Commission, et irrite Paris

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BERLIN / PARIS

Malgré l’échec du sommet européen, le chef du groupe parlementaire du PPE à la présidence de la Commission européenne, Manfred Weber, ne veut pas jeter l’éponge.

Dans une interview accordée au journal allemand Die Welt am Sonntag (23 juin), il a déclaré qu’il sollicitait le soutien du Parlement européen et a mis en garde contre le retour d’une « diplomatie de portes closes ».

« Maintenant, c’est aux députés européens de décider », a-t-il déclaré, soutenant que la procédure des Spitzenkandidaten contribue à la « démocratisation urgente de l’UE ».

Il espère que les députés européens, y compris les sociaux-démocrates et libéraux allemands, s’engageront à renforcer la prérogative du Parlement européen. « Il serait tragique qu’ils fassent passer l’intérêt de certaines capitales avant celui des électeurs ».

Avant le sommet européen de la semaine dernière, les chefs de file des socialistes et du parti centriste Renew Europe ont toutefois annoncé à Manfred Weber qu’il n’avait pas de majorité au Parlement qui le soutienne pour la présidence de la Commission.

La position de Manfred Weber a été vivement critiquée par La République en Marche, le parti du président français Emmanuel Macron. « Rappelons-leur les faits. Le PPE a détruit le projet des listes transnationales parce qu’il craignait de perdre du terrain au profit des progressistes », a fustigé le député Pieyre-Alexandre Anglade, responsable des affaires européennes à LREM.

« Ces listes auraient renforcé la démocratie parlementaire puisque les citoyens auraient pu voter directement pour leurs dirigeants », a-t-il tweeté.

Lors d’une conférence de presse vendredi dernier, Emmanuel Macron a déclaré que le fait de laisser les chefs d’État nommer le président de la Commission européenne était également démocratique, car le traité faisait partie des règles démocratiques. La crise des nominations montre le fossé politique entre Paris et Berlin.

Interrogé par Euractiv, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a déclaré que le PPE avait en effet tué le processus de Spitzenkandidaten en choisissant Manfred Weber, un candidat « strictement partisan », qui divise l’Europe plutôt que de l’unir.

« Malheureusement, la nécessité de retirer Manfred Weber de la table a eu des répercussions négatives sur d’autres candidats, tels que Frans Timmermans et Margrethe Vestager, qui bénéficiaient pourtant d’un soutien plus large au sein du Conseil européen », a déclaré Alexis Tsipras.

À la question de savoir s’il soutiendrait un candidat du PPE plus modéré, tel que Michel Barnier, le Premier ministre grec a déclaré qu’il soutiendrait quiconque n’est pas « obsédé » par l’austérité et n’a jamais offensé les habitants du sud de l’Europe.

(Aline Robert, Euractiv France/ Claire Stam, Euractiv Allemagne/ Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

LA HAYE

Assez d’instruments. Après le sommet européen de la semaine dernière, M. Rutte a déclaré qu’il ne « soutiendra jamais » les nouveaux instruments budgétaires destinés à stabiliser la zone euro contre des chocs économiques soudains. Dans un entretien exclusif, il a déclaré à Euractiv qu’il existait déjà suffisamment d’instruments et qu’il ne comprenait pas pourquoi l’Espagne en voulait plus.

Dans l’attente d’un plan. L’année dernière, un tribunal a ordonné au gouvernement néerlandais d’améliorer son objectif climatique pour 2020. Les groupes environnementaux attendent toujours que l’administration du Premier ministre Mark Rutte révèle comment elle entend réduire ses émissions de 25 % d’ici 18 mois. L’objectif initial était de 17 %. En l’absence de stratégie, le groupe des Verts qui a gagné le procès contre le gouvernement a l’intention de soumettre aujourd’hui son propre plan en 40 points. (Sam Morgan, Euractiv.com)

Au sommet européen, l’accord climat fait l’effet d’un pétard mouillé

La République tchèque, l’Estonie, la Hongrie et la Pologne ont refusé l’objectif de neutralité carbone pour 2050, malgré les efforts de dernière minute de Paris et Berlin pour les convaincre de s’engager sur cette date spécifique.

LONDRES

Johnson a du plomb dans l’aile. L’avance de Boris Johnson dans la course au 10 Downing Street a été réduite de plus de moitié ce week-end : son avance de 27 points est passée à 11 points, selon un sondage mené auprès des députés conservateurs.

Cette baisse est largement due à la controverse dans laquelle s’est retrouvé Boris Johnson samedi, à la suite d’une dispute entre lui et sa petite amie, Carrie Symonds, lors de laquelle la police a été alertée d’un incident à la résidence de cette dernière.

Johnson a refusé de répondre aux rapports lors d’une descente de police samedi, mais une déclaration de la police métropolitaine de Londres indiquait que les autorités « étaient présentes et ont parlé à tous les occupants de l’adresse, qui étaient tous sains et saufs », ajoutant que les agents n’avaient constaté « aucune infraction et aucune raison pour une intervention policière ». (Samuel Stolton, Euractiv.com)

MADRID

Fake news médicale. Selon El País, un médecin espagnol s’est vu interdire d’exercer pendant un an pour avoir diffusé « des allégations non fondées, contre des preuves scientifiques, sur l’origine et la cause des troubles du spectre autistique ».

ATHÈNES / NICOSIE

Accord avec ΕxxonΜobil. La Grèce signera cette semaine un accord avec le géant de l’énergie ΕxxonΜobil pour la recherche et l’exploitation du gaz et du pétrole au sud et à l’ouest de la Crète, a annoncé le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. Cette décision s’inscrit dans le contexte de tensions accrues avec Ankara au sujet des forages gaziers de Nicosie en Méditerranée orientale. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

VARSOVIE

Pas cher. Selon les données d’Eurostat, en 2018, la Pologne était l’un des pays les moins chers de l’UE. Par rapport à 2017, les prix des produits de base ont soit un peu augmenté, soit stagné. En moyenne, les denrées alimentaires et les boissons coûtent 69 % de la moyenne de l’UE, tandis que les produits laitiers coûtent 71 %. Parmi les services les moins chers de l’UE figurent également les services médicaux (35 % de la moyenne de l’UE), le logement (37 %) et l’éducation (43 %). (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

PRAGUE

Environ 300 000 personnes manifestent à Prague. La plus grande manifestation anti-gouvernementale depuis la révolution de 1989 a eu lieu dimanche à Prague, lorsque les Tchèques ont appelé le Premier ministre Andrej Babiš et son nouveau ministre de la Justice à démissionner. Les manifestants considèrent le milliardaire populiste Babiš comme une menace pour la démocratie, y compris l’indépendance du système judiciaire de la République tchèque. (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque)

BUCAREST

Une présidence étonnamment réussie. La Roumanie a réussi à clore plus de 90 dossiers au cours de sa première présidence du Conseil de l’UE, a déclaré le président du pays, Klaus Iohannis. « Peu de personnes avaient de grandes attentes lorsque la Roumanie a pris la présidence, beaucoup s’attendaient à ce que notre performance soit, au mieux, médiocre », a-t-il ajouté. Mais Klaus Iohannis n’a pas mentionné qu’il avait été le premier à critiquer le gouvernement socialiste pour son manque de préparation en novembre dernier, quelques semaines seulement avant que la Roumanie ne prenne la présidence le 1er janvier. (Euractiv Roumanie)

ZAGREB

Un chanteur pop veut devenir président. Miroslav Škoro, chanteur pop très connu, a annoncé sa candidature à la présidence du pays, affirmant que son premier geste serait de changer la constitution et de donner plus d’autorité au président, soit par le biais du parlement soit par référendum. Il a été député européen de 2007 à 2011 au HDZ (affilié au PPE) et s’oppose à une fédération européenne. Selon les sondages, Miroslav Škoro pourrait obtenir environ 15 % au premier tour.

BELGRADE

La Serbie ne figure plus sur la liste du GAFI. Le 21 juin, le président serbe Aleksandar Vucic a salué le retrait de la Serbie de la liste des pays présentant des « lacunes systémiques » dans la lutte contre le terrorisme et le blanchiment de capitaux par le Groupe d’action financière (GAFI).

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