L’Allemagne plongée dans un scandale sur des octrois d’asile illégaux

[Foto: Bernd von Jutrczenka/dpa]

Thomas de Maizière, ancien ministre allemand de l’Intérieur, est empêtré dans un scandale touchant à l’octroi d’asile à des personnes qui n’auraient peut-être pas dû en bénéficier. Un article d’Euroefe.

Le Bundestag a décidé le 29 mai d’élargir la portée de l’enquête sur la possible fraude dans le système d’octroi de l’asile et d’appeler l’ancien ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, à s’exprimer.

La commission parlementaire allemande en charge des affaires intérieures a décidé, lors de la première session extraordinaire pour aborder la question des irrégularités d’octroi de l’asile, d’organiser une deuxième session entière sur le sujet et d’inviter les principaux responsables du système d’asile entre 2013 et 2016 à s’exprimer.

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Soupçons d’irrégularités

À l’époque, Thomas de Maizière était ministre de l’Intérieur et Frank-Jürgen Weise occupait le poste de président de l’Office fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF), même si ce dernier a quitté ses fonctions fin 2016.

La commission, qui s’est réunie à huis clos, essaye d’évaluer l’ampleur du scandale et plusieurs partis de l’opposition demandent une commission d’enquête, profitant du fait que la question des réfugiés est un thème extrêmement sensible en Allemagne.

Les conservateurs au gouvernement rejettent l’idée d’une commission d’enquête et les sociaux-démocrates, leurs partenaires minoritaires dans le gouvernement de coalition, doutent de la pertinence de cette voie mais exigent des explications.

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), ainsi que le Parti libéral (FDP) réclament aussi une commission d’investigation pour clarifier les responsabilités. Quant aux Verts, ils se montrent réticents car ils veulent des conclusions rapides et un tel instrument prolongerait le processus pendant des années.

Durant cette première session extraordinaire sur le scandale sont intervenus l’actuel ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui a pris ses fonctions en mars dernier, ainsi que la présidente du BAMF depuis début 2017, Jutta Cordt.

Plus de 1 200 demandes d’asile accordées illégalement

Les membres de la commission les ont interrogés sur l’essence du scandale et sur le nombre de bureaux régionaux impliqués, ainsi que sur la possibilité que le BAMF et le ministère aient occulté les faits.

Selon ce qui est ressorti des médias ces quatre dernières semaines, plus de 1 200 migrants ont obtenu l’asile de manière irrégulière en Allemagne entre 2013 et 2016, alors qu’ils ne répondaient pas aux exigences légales. Et ce, à cause d’une série de pratiques frauduleuses.

Le bureau du BAMF à Brème est l’épicentre de ce scandale, mais l’office central enquête sur 13 autres de ses 70 antennes locales dont le pourcentage d’obtention de demandes d’asile s’éloigne grandement des moyennes nationales.

Le parquet de Brême a confirmé qu’il enquêtait sur l’ex-responsable du bureau régional (qui a été suspendue), ainsi que sur trois avocats et un interprète, soupçonnés d’avoir accepté des pots-de-vin et d’inciter de manière organisée à une utilisation abusive du mécanisme de demande d’asile.

De la même manière, le parquet de Nuremberg a lancé des poursuites judiciaires contre Jutta Cordt, qu’il soupçonne d’avoir été au courant des faits et de les avoir occultés.

Les accusations de dissimulation pèsent aussi sur Horst Seehofer, même si l’actuelle responsable du BAMF à Brême, Josefa Schmid, lui avait envoyé un message en mars – soit juste avant qu’il soit nommé ministre et un mois avant que le scandale éclate – un message sur ton téléphone personnel dans lequel elle l’alertait des irrégularités.

L'Allemagne propose d'examiner les demandes d'asile hors de l'UE

Des responsables allemands ont proposé que l’Union européenne réforme les règles encadrant le droit d’asile afin d’autoriser le renvoi des demandeurs vers des pays tiers avant l’examen de leur dossier, selon un document de travail que Reuters s’est procuré.

 

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