Le rejet de la candidate de Macron fait jubiler la droite

L’actu en capitales décrypte l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

>> Vous pouvez vous abonner à la newsletter ici.

PARIS/BERLIN

L’affaire Goulard a provoqué un séisme politique. Le rejet de la candidate Sylvie Goulard le 10 octobre a été politiquement très dommageable pour la France. Le président français Emmanuel Macron a mis en cause Ursula von der Leyen, affirmant que la présidente élue de la Commission européenne avait garanti que la candidate française obtiendrait le soutien des principaux groupes politiques malgré les procédures judiciaires qui la concernent.

Toutefois, les présidents des groupes socialistes et démocrates (S & D) et du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen ont nié avoir été consultés sur cette question. Le gouvernement français, qui doit maintenant désigner un nouveau candidat, refuse de reconsidérer l’ampleur du portefeuille accordé à la France.

« C’est ce qui arrive quand on en a trop », a déclaré l’eurodéputé allemand Jens Geier (S & D/SPD), appelant à une réduction de l’étendue du portefeuille.

« Vous ne pouvez pas d’un côté démissionner en France pour un motif pour lequel vous avez dû rembourser 45 000 euros au Parlement européen, et de l’autre vouloir devenir commissaire européen », a déclaré le conservateur Christian Ehler (PPE/CDU), député européen allemand.

Selon Daniel Caspary, président de la délégation CSU/CDU au Parlement européen, le Parlement européen s’est réveillé. « Après que le Parlement n’a pas été en mesure de faire pression en faveur du processus du Spitzenkandidat, nous avons maintenant montré que nous devons être pris en compte », a-t-il déclaré.

Le leader du PPE Manfred Weber, candidat malheureux au poste de Président de la Commission, aurait dû à ce titre être celui qui aurait dû constituer une équipe de commissaires. Tous les députés allemands, y compris les Verts, l’ont soutenu.

À lire: Pourquoi le Parlement européen a rejeté Sylvie Goulard ?

Le PPE a envoyé sur Twitter, puis supprimé, un message qui était censé rester interne et qui disait : « Les gars, nous allons la tuer lors du vote tout à l’heure, mais ne le dirons pas avant ». L’erreur de communication démontre la rude bataille de Sylvie Goulard avec le groupe PPE.

Lisez aussi : En malmenant Sylvie Goulard le Parlement s’est-il vengé d’Emmanuel Macron ?

Cette tournure des événements devrait épicer le débat lors du Conseil européen de la semaine prochaine. Un commissaire roumain, hongrois et français étant toujours absent de l’équipe d’Ursula von der Leyen, on ne sait pas quand la prochaine Commission européenne se mettra au travail. (Euractiv.fr, Claire Stam, Euractiv Allemagne)

MADRID

Limiter les importations d’acier chinois après le Brexit. Dans une lettre adressée à Cecilia Malmström, la commissaire européenne chargée du commerce, la ministre espagnole de l’Industrie par intérim, Reyes Maroto, a demandé de limiter les importations d’acier chinois dans l’UE après le Brexit, a indiqué Euroefe le 10 octobre.

Reyes Maroto a rappelé à Cecilia Malmström la « situation difficile » de l’industrie sidérurgique, tant en Espagne que dans l’UE. Madrid a également demandé au nouveau commissaire au commerce, Phil Hogan, de revoir les « mesures de sauvegarde » (limites) sur les importations d’acier dans l’UE.

« Les entreprises sidérurgiques de l’UE se trouvent dans une situation difficile et envisagent même de fermer certaines chaînes de production et des usines en raison de la faible demande et de la concurrence des importations », a déclaré Reyes Maroto, sans faire explicitement référence à la Chine. La Chine représente plus de la moitié de la production mondiale d’acier et exporte à des prix qui rendent la concurrence très difficile pour les producteurs européens, selon des sources officielles espagnoles citées par Euroefe. (Fernando Heller, Euroefe)

ATHÈNES/PRAGUE

La Grèce attaque la Turquie à propos de la Syrie. À la suite d’une réunion avec le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à Athènes, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré qu’il était de l’obligation de la communauté internationale et de l’OTAN d’exercer toute son influence en faveur d’un cessez-le-feu en Syrie pour empêcher une aggravation de la situation, de nouveaux flux migratoires et éviter la perte de nouvelles vies, a déclaré l’agence Athens-Macedonian News.

Auparavant, le ministère des Affaires étrangères avait publié une déclaration dans laquelle il soulignait que le déplacement forcé de la population sur le territoire syrien et le recours à la violence pour transformer les données démographiques constituent « une violation directe du droit international et rappellent des souvenirs douloureux ».

Entre-temps, le Premier ministre tchèque Andrej Babiš a changé d’avis sur la Turquie. Il a twitté hier que la République tchèque soutenait la position de l’UE condamnant l’opération militaire de la Turquie en Syrie. À la fin septembre, il avait rencontré le président turc Recep Tayyip Erdoğan à New York lors de la 74e réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies, et avait loué à plusieurs reprises le plan turc en Syrie. La déclaration de l’UE sur l’évolution récente de la situation dans le nord-est de la Syrie ne fait pas référence aux Kurdes. (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque)

BUDAPEST

Opposition contre Victor Orbán. À la veille des élections locales de dimanche, les partis d’opposition hongrois joignent leurs forces pour la première fois contre le Premier ministre conservateur Viktor Orbán (PPE). Le plan de l’opposition est de remporter la victoire à Budapest et de créer une « situation à la manière d’Istanbul » (le président turc Erdoğan a perdu les élections locales à Istanbul, où il a commencé sa carrière politique).

L’opposition hongroise estime qu’en soutenant un seul candidat contre le parti au pouvoir, elle pourra se préparer à une forte offensive contre l’actuel Premier ministre lors des élections législatives de 2022. Toutefois, selon certains sondages, alors que plus de 75 % des électeurs des grandes villes avaient entendu parler de la coopération des partis de l’opposition, seulement 35 % des électeurs des régions rurales savaient que ces partis proposaient des candidats conjoints. Et 62 % n’avaient absolument aucune idée de qui était le candidat de l’opposition dans leur ville. (Željko Trkanjec, Euractiv Hongrie)

VARSOVIE

La Commission européenne a traduit la Pologne devant la Cour de justice de l’UE le jeudi 10 octobre afin de « protéger les juges du contrôle politique » appliqué par le parti conservateur au pouvoir, le PiS.

Le dernier conflit entre Varsovie et Bruxelles concerne le nouveau régime disciplinaire des juges polonais, en vertu duquel les juges des tribunaux ordinaires peuvent faire l’objet d’enquêtes, de procédures et de sanctions disciplinaires sur la base du contenu de leurs arrêts ou de décisions demandant à la Cour de justice de l’UE de statuer à titre préjudiciel.

BUCAREST

Journées de consultations. Après que le parlement a renversé le gouvernement par un vote de défiance le 10 octobre, le président roumain Klaus Iohannis a appelé les partis à tenir des consultations le 11 octobre. Tous les partis parlementaires sont censés tenir des réunions de 30 minutes avec le président en une seule journée, ce qui diffère des habitudes du président qui consistent à tenir des réunions d’une heure sur deux jours. Il semble que Klaus Iohannis souhaite accélérer le processus d’installation d’un nouveau gouvernement, bien qu’il ait dit qu’il préférerait des élections anticipées. Toutefois, des élections anticipées ne peuvent avoir lieu avant le mois de mars, car la Roumanie tiendra ses élections présidentielles en novembre. À la suite du vote du parlement, le gouvernement socialiste est maintenant intérimaire. La Première ministre Viorica Dăncilă a déclaré qu’elle espérait que le président nommerait rapidement un nouveau Premier ministre. (Euractiv Roumanie)

LJUBLJANA

Loi sur les étrangers contraire à la Constitution. Selon les médias slovènes, la loi sur les citoyens étrangers, qui rejette les réfugiés, n’est pas conforme à la Constitution du pays. La disposition controversée par laquelle la Slovénie fermerait la frontière aux réfugiés et cesserait d’accepter les demandes d’asile fait l’objet de critiques. Selon des informations non officielles, les juges constitutionnels ont abrogé cet article, qui a été contesté devant la Cour constitutionnelle par le bureau du Médiateur. (Željko Trkanjec, , Euractiv Hongrie)

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.