Le confinement pourrait nourrir la radicalisation

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Le confinement adopté pour combattre la propagation du Covid-19 pourrait alimenter les processus de radicalisation, estime l’agence Europol, soulignant l’augmentation des violences venues de l’extrême droite et de l’extrême gauche l’an passé.

Les conséquences économiques et sociales de la pandémie pourraient « alimenter la radicalisation d’individus quelles que soient leurs convictions idéologiques », indique Catherine de Bolle, directrice de l’agence européenne de police, dans son rapport « Situation et tendances du terrorisme » rendu public mardi.

« Les activistes de l’extrême gauche comme de l’extrême droite et ceux impliqués dans le terrorisme jihadiste essayent de saisir l’opportunité que crée la pandémie », ajoute-t-elle.

La responsable insiste sur le fait que les réseaux d’extrême droite, même lorsqu’ils ne commettent pas d’actes violents, alimentent un climat délétère.

« Un tel climat bâti sur la xénophobie, la haine des juifs et des musulmans et les sentiments anti-immigration, pourrait favoriser l’usage de la violence par des individus radicalisés (…) comme nous ne l’avons que trop vu ces derniers mois ».

En l’espace d’un an, pas moins de six attaques (réussies, en échec ou déjouées) attribuées à l’extrême droite ont été constatées dans trois pays, contre seulement une en 2018.

Parmi elles figure l’attentat de la synagogue de Halle, en Allemagne, où deux personnes ont été tuées en octobre 2019. L’attaque fait partie de celles qui ont permis aux autorités fédérales d’interdire trois groupuscules néonazis, dont le dernier ce mardi.

De l’autre côté du spectre, le rapport dénombre 26 attaques de militants anarchistes et d’extrême gauche, toutes en Italie, Espagne et Grèce. Mais le nombre d’arrestations a triplé, essentiellement lié à des manifestations et affrontements avec la police en Italie.

Le rapport de 98 pages témoigne aussi d’une réduction des attaques jihadistes, essentiellement grâce aux efforts des forces de sécurité et à la coopération internationale. Les États membres ont documenté un total de sept attaques ou tentatives en 2019 et 14 autres déjouées. Soit un total de 21, contre 24 en 2018 et 33 en 2017.

Mais même si l’organisation État islamique, comme Al-Qaïda, a connu d’importantes difficultés, les réseaux émergent localement « sans liens organisationnels » avec leurs hiérarchies supérieures, ajoute le document, qui souligne aussi l’importance de l’autoradicalisation sur internet.

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