Xavier Bertrand, ministre français de l’Emploi et des affaires sociales et actuel président du Conseil européen, a déclaré que « 2008 sera l'année du redémarrage de l’Europe sociale », ajoutant que les prochains mois seront ceux de la « dernière chance » pour aboutir à des résultats concrets pendant ce mandat.
« Le progrès économique n'implique pas de renoncer au progrès social, bien au contraire : pour moi les deux sont indissociables. Sans progrès social, les ressorts du progrès économique s'épuisent, tôt ou tard ». « Ce n'est pas de moins d'Europe sociale dont nous avons besoin, mais de plus d'Europe sociale ».
Joseph Daul, le président français du groupe du PPE-DE, a affirmé un soutien résolu à l’initiative de la Commission même s’il a appelé à aller plus loin sur des sujets comme la lutte contre la pauvreté, l’amélioration de l’intégration des personnes handicapées au marché du travail ou la promotion de la mobilité et de la formation des travailleurs.
D’après lui, « aucune famille politique n’est plus attachée à la défense de l’Europe sociale que celle du centre-droit représentée par le PPE-DE ».
Dans un communiqué de presse qui semble être un prélude à la prochaine campagne en vue des élections européennes, M. Daul a en outre tenu à distinguer son parti par rapport à ses adversaires politiques.
« Trop souvent, les socialistes et les partis de la gauche prétendent avoir trouvé la formule magique pour obtenir plus de justice sociale. Et, trop souvent, ils oublient que pour faire cela, pour garantir la pérennité de nos modèles sociaux, il faut s’en donner les moyens ».
Le président socialiste et eurodéputé allemand Martin Schulz a profité de son discours pour mener une offensive générale contre la droite, qui domine l’Europe et n’accorde pas assez d’attention à la dimension sociale, selon lui. Prenant à parti les conservateurs, il a déclaré que pour eux, il est plus important d’assister à des courses de chevaux que de se pencher sur l’Europe sociale.
Rejetant la suggestion du ministre Bertrand de faire de 2008 l’année de l’Europe sociale, il a estimé que l’idée était certes bonne, mais la réalité est différente : à son avis, elle est plus qu’amère, et les inégalités sociales sont colossales.
M. Schulz a en outre averti que « beaucoup de travailleurs ont peur car ils pensent que cette Europe telle qu'elle est façonnée aujourd'hui ne garantit plus leur protection sociale ».
Le britannique Graham Watson, président du groupe libéral ALDE, a qualifié le paquet social de démarche bienvenue dans l’optique de la construction d’une communauté européenne qui se soucie de ses citoyens.
A propos de la directive anti-discrimination, il a toutefois estimé que de nombreuses lacunes doivent encore être comblées.
Philip Bushill-Matthews, dirigeant britannique des conservateurs au Parlement européen, a rejeté le paquet de la Commission, jugeant que l’UE ne peut pas résoudre tous les maux de la société en instaurant davantage de législations uniformes déterminées par les grandes entreprises et les syndicats.
L’eurodéputée écologiste britannique Jean Lamberts a salué la promesse du ministre Xavier Bertrand. Elle espère que les ministres européens lui feront écho et prendront des mesures concrètes. Cependant, jusqu’à présent, rien ne semble indiquer que cela va se faire.
Elle a déclaré que de nombreuses questions demeurent sur la façon de protéger les acquis sociaux face à la dominance du marché. Nous sommes constamment appelés à justifier les mesures en vérifiant qu’elles ne perturbent pas le marché plutôt qu’en nous basant sur les services de haute qualité et les droits des travailleurs qu’elles proposent.
L’Allemande Gabriele Zimmer, membre du groupe GUE/NGL, a estimé que le paquet ne répondait en aucune façon aux attentes des citoyens. Selon elle, il ne comblera pas la fracture sociale. Si son groupe l’a rejeté, c’est en raison de son imprécision et de son développement peu judicieux.