Le décès de militaires français au Mali souligne l’isolement de la France au Sahel

EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL

Le président sortant de la Commission européenne a souligné que l’armée française défend  seule l’honneur et la sécurité de l’Europe, dans un message assez direct à l’Allemagne.

Les pays de l’UE ont fait preuve d’une grande solidarité en apprenant la mort de 13 militaires français au Mali, le 25 novembre. Les militaires seraient disparus dans la collision des deux hélicoptères engagés dans une mission de combat contre des djihadistes.

C’est l’accident le plus meurtrier depuis le début de la mission, en 2013, qui tente de circonscrire les forces pro islamistes au Sahel. Ce nouvel épisode sanglant qui souligne en creux l’isolement de la France dans ces opérations.

L’UE a été particulièrement prompte à souligner le rôle de la France dans la protection des intérêts européens et la lutte contre le djhiadisme, un fléau qui expose l’Europe entière au terrorisme.

« L’engagement de la France constitue une contribution essentielle dans les efforts de l’UE dans la région », a assuré Federica Mogherini, Haute-Représentante aux affaires étrangères.

La Commission a également exprimé un soutien appuyé, en insistant sur le fait que la France était quasiment seule à le faire : le soutien logistique que certains pays comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Estonie qui a aussi envoyé des militaires, mais aussi le Canada et les Etats-Unis, apportent à la mission Barkhane apparaît symbolique face aux 41 décès de militaires français depuis le début de l’opération.

Le couple franco-allemand patine sur la défense européenne

Les ambitions ne manquent pas, les grandes idées non plus. Si le couple franco-allemand s’affiche uni sur la question de la défense européenne, les projets peinent à se concrétiser à cause de priorités divergentes.

« C’est l’Europe toute entière qui est en deuil, car au Mali comme ailleurs c’est l’armée française qui défend l’honneur et la sécurité de l’Europe », a de son côté réagi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

L’Allemagne s’est bien sûr joint aux condoléances générales, tout en éviter d’aborder le sujet délicat du rôle spécifique de la France, dont l’effort militaire est insufisament partagé selon Paris.

« Ils étaient engagés dans une opération qui protège nos deux pays » a de son côté reconnu l’ambassadeur britannique à Paris Ed Llewellyn.

Parmi les victimes figure le fils de l’ancien ministre et sénateur centriste français Jean-Marie Bockel. Sept des militaires tués appartenaient au 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau (sud-ouest), et quatre autres au 4e régiment de chasseurs de Gap (sud-est).

Entre le coût financier de l’opération Barkhane,  qui vient soutenir les efforts militaires des pays du Sahel, et le coût humain, l’addition est particulièrement lourde. 4500 millitaires  français sont déployés sur place, ainsi que 7 avions de chasse, et 19 hélicoptères.

 

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