Le discours de Tony Blair alimente les spéculations sur la présidence de l’UE [FR]

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Alors que l’identité du premier président de l’UE, fonction qui devrait être inaugurée en 2009, donne lieu a de nombreuses spéculations, Tony Blair a exposé sa vision de la future démocratie européenne.

« En matière d’Europe, il ne s’agit pas de droite ou de gauche, mais d’avenir ou de passé et même de force ou de faiblesse », a déclaré l’ancien Premier ministre britannique lors du Conseil national de l’UMP, le parti actuellement au pouvoir en France, à Paris, samedi 12 janvier.

S’adressant à l’assemblée en français, M. Blair a affirmé que dans le monde de la mondialisation, l’Europe concerne « Demain contre hier. Moins une politique qu’un état d’esprit. Ouverte contre fermée ».

Parallèlement, le président Nicolas Sarkozy a déclaré : « Nous allons nous doter d’un véritable président pour l’Union européenne et je souhaite d’ailleurs que pour ce président nous fassions un choix par le haut et non pas un choix du plus petit compromis ». Il a décrit Blair comme étant « intelligent, courageux », ajoutant « nous avons besoin de vous, votre place est dans l’Union Européenne ».

Le traité de Lisbonne, signé en décembre 2007, instaure la nouvelle fonction d’un président permanent à la tête de l’Union pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois, pour remplacer le système actuel des présidences tournantes du Conseil entre Etats membres pour un mandat de six mois.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui avait invité M. Blair à s’exprimer lors de la conférence après l’avoir tout d’abord identifié comme un candidat potentiel à la fonction l’année dernière, a assuré aux participants que l’ancien Premier ministre britannique était « un grand d’Europe ».

Cependant, le soutien de M. Blair à la guerre en Irak, ainsi que la réticence du Royaume-Uni à adopter l’euro sous son gouvernement, pourraient finalement jouer contre lui, les autres candidats potentiels étant Bertie Ahern, Jean-Claude Juncker, José-Maria Aznar et Aleksander Kwasniewski (EURACTIV 09/01/08). 

En outre, la façon dont M. Blair équilibrera la présidence de l’UE avec son rôle actuel d’envoyé du quartet au Moyen Orient au nom de la communauté internationale reste incertaine. Il a également récemment accepté un rôle de conseiller auprès de la banque américaine d’investissement JP Morgane.

Lors de la conférence à Paris, M. Blair a affirmé : « Nous sommes tellement plus puissants, plus efficaces, plus capables de donner ce que nos citoyens attendent de nous en tant que nation individuelle si nous faisons partie de l’Europe ensemble, unis et forts ». Il a identifié le terrorisme, la sécurité, l’immigration, l’énergie, l’environnement, la science, la biotechnologie, le crime organisé et l’enseignement supérieur comme des domaines prioritaires d’une telle coopération.

Si le nouveau traité est ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres, le nouveau président prendra ses fonctions en janvier 2009.

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