Le FN en tête pour le siège de Pierre Moscovici dans le Doubs

[Besion 2 Gauche/Flickr]

Pierre Moscovici a quitté son siège de député pour être commissaire européen [Besion 2 Gauche/Flickr]

Le PS a obtenu 28,8 % des suffrages lors d’une législative partielle dans le Doubs provoquée par le départ de Moscovici à Bruxelles. La droite française se divise sur l’opportunité d’un front républicain face au FN.

Le départ pour la Commission européenne de Pierre Moscovici a provoqué une élection partielle dimanche 1er février dans le Doubs.

Selon les résultats définitifs fournis par la préfecture, la candidate du Front national, Sophie Montel, obtient 32,60 % des suffrages et son adversaire socialiste, Frédéric Barbier, 28,85 %. Plus de 60 % des électeurs se sont abstenus.

L’UMP, dont le candidat Charles Demouge a été éliminé avec 26,54 % des voix, exprimera sa position pour le second tour à l’issue du bureau politique qui aura lieu mardi 3 février au soir, selon son porte-parole Sébastien Huygue.

Un Front républicain en suspens

Conseiller régional et maire de Fesches-le-Châtel, Charles Demouge avait indiqué en début de campagne qu’il appellerait à voter contre le Front national s’il n’était pas qualifié pour le second tour, mais cette déclaration avait été critiquée dans son parti, qui s’est fixé pour règle de ne pas déroger au principe « ni PS, ni FN ».

La question du Front républicain UMP / PS divise déjà la droite lundi matin, certains appelant à s’y rallier, d’autres estimant que cette solution est « une façon de dire à tous les électeurs qui ont voté pour le Front National ‘vous ne faites pas partie de la République’ » comme l’estime Bruno Le Maire.

Frédéric Barbier, qui était le suppléant de Pierre Moscovici et a siégé à l’Assemblée nationale entre 2012 et 2014, a appelé « ceux qui s’opposent à la montée des extrêmes, au Front national » à rassembler autour de sa candidature.

« Je leur dis de venir à côté de moi, aux côtés de nous […] de façon à ce que le 8 février, tous ensemble, dans l’unité que nous avons connue le 11 janvier, autour des valeurs de la République, pour que la démocratie l’emporte », a-t-il déclaré.

« Frédéric Barbier est désormais le candidat de tous les Républicains », a quant à lui déclaré le Premier ministre, Manuel Valls, sur son compte Twitter.

« Une gigantesque gifle »

Frédéric Barbier, vice-président du conseil général du Doubs, a mis fin à une série noire pour le PS, éliminé dès le premier tour des quatre dernières législatives partielles.

Ce scrutin « confirme la réelle dynamique du Front national dans cette circonscription », estime pour sa part Sophie Montel, qui souligne ses presque quatre points d’avance.

« Ce qui est important, c’est de voir l’effondrement du Parti socialiste, puisqu’au soir du premier tour de l’élection législative de 2012, Pierre Moscovici est arrivé avec 41 % des voix », a ajouté la conseillère régionale et députée européenne, qui avait obtenu près de 24 % des voix au premier tour en 2012, un score qu’elle améliore donc de plus de huit points.

Dans un communiqué, Nicolas Bay, secrétaire général du mouvement, parle d’ « une gigantesque gifle à ceux qui ont tenté de marginaliser le Front National à l’issue des manifestations d’hommage aux victimes des attaques terroristes ».

« Tentant d’instrumentaliser l’émotion et de minimiser les responsabilités derrière ‘l’unité nationale’, le système n’est pas parvenu à duper les électeurs. Lucides, ils ont montré dans les urnes qu’ils ont parfaitement conscience que seul le Front National avait tiré la sonnette d’alarme sur la menace islamiste, face à laquelle les Hollande, Valls ou Sarkozy n’ont affiché que leur faiblesse ou leur complicité », a-t-il déclaré.

« Cette élection doit servir d'électrochoc à l'UMP », a de son côté estimé Bruno Le Maire sur France Info.L'UMP doit prendre « la mesure de la menace politique que représente pour nous le Front national » et il faut « que nous soyons plus offensifs », selon le député de l'Eure.

De son côté, la député UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a indiqué qu’ « à titre personnel », elle voterait PS « contre le Front National »
 

« Face à un parti xénophobe, qui joue sur la peur, chacun doit prendre ses responsabilités » a déclaré Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale.

« Mme le Pen a réussi à changer la façade, mais sur les rayons, ce sont les mêmes produits toxiques. J'ai eu à le subir il y a quelques jours : M. le Pen s'est même posé la question de savoir si j'étais vraiment Français » a rappelé l’homme politique de gauche.

 

Le siège de député de Pierre Moscovici dans le Doubs devait initialement revenir à son suppléant. L'ancien ministre avait bénéficié d'une mission de 6 mois auprès du Premier ministre pour éviter que des élections soient organisées; mais sa nomination début novembre à la Commission, avant la fin de la mission, a forcé l'organisation de législatives partielles.

>>Lire aussi : Le départ de Pierre Moscovici menace la majorité socialiste à l'Assemblée nationale

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