Le grand marchandage démarre pour les postes de commissaires européens

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Après d’intenses négociations, les dirigeants européens se sont mis d’accord sur les postes cruciaux des institutions européennes.

Mais certains États membres ont demandé des postes spécifiques à la Commission européenne avant de donner leur feu vert au nouveau paquet.

Les médias grecs expliquent ainsi que les dirigeants socialistes et la chancelière allemande Angela Merkel avaient garanti au Premier ministre Alexis Tsipras que son pays conserverait le portefeuille des migrations, actuellement détenu par le commissaire conservateur Dimitris Avramopoulos. Le 7 juillet, la Grèce organise des élections nationales et il est fort possible que le gouvernement change.

Des sources ont déclaré à Euractiv Grèce que bien que la migration figure en tête de l’agenda politique du pays, le nouveau gouvernement pourrait réclamer un autre portefeuille. Les mêmes sources ont déclaré que si Nouvelle Démocratie (affilié au PPE) remportait les élections, l’ancien Premier ministre Antonis Samaras serait un bon candidat pour un poste à la Commission « lié à l’énergie ».

Zagreb ne l’a pas dit ouvertement, mais lorgne le poste de la Roumaine Corina Cretu. Les cercles proches du gouvernement disent que le Premier ministre croate, Andrej Plenković, aimerait en effet obtenir le portefeuille de la politique régionale.

En échange de son soutien au paquet, le Premier ministre italien Giuseppe Conte aurait de son côté obtenu une vice-présidence de la Commission, et le portefeuille de la concurrence. Le parti d’extrême droite Lega nommera le commissaire italien.

À Paris, des sources gouvernementales ont déclaré à Euractiv France que Pascal Canfin serait parfait en tant que commissaire européen chargé du climat. Le député européen, qui a été membre du Parti Vert et a dirigé WWF France avant de faire campagne avec le parti Renaissance de Macron, a été ministre du Développement sous Français Hollande.

Si l’Allemande Ursula von der Layen obtient bel et bien la présidence de la Commission, il lui sera difficile de refuser grand chose à Macron, à qui elle doit son poste.

Le Premier ministre slovène Marjan Šarec a déclaré que son pays était intéressé par le portefeuille de l’élargissement. « Nous avons dit à plusieurs reprises que nous connaissions bien les Balkans occidentaux et que nous pouvions y contribuer », a déclaré M. Šarec aux journalistes.

Dans le même temps, le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, est tellement satisfait de sa commissaire Mariya Gabriel qu’il souhaite que le même portefuille, sur le numérique, lui soit attribué à la prochaine Commission. Dans des déclarations publiques, il répète que Mariya Gabriel (qu’il appelle Nedelcheva, son nom de jeune fille), est « la meilleure » ou « l’une des meilleures » commissaires et que le portefeuille numérique est le portefeuille « le plus moderne » et « le plus réel ».

Le gouvernement tchèque a exprimé en mai son souhait d’obtenir le portefeuille du commerce ou du marché intérieur, tandis que la Lituanie devrait décider de ses priorités pour le prochain exécutif européen à la mi-juillet.

Le Royaume-Uni, qui doit quitter l’UE le 31 octobre de cette année, n’a pas participé à la discussion sur les hauts postes de l’UE. Toutefois, s’il demandait une prolongation du délai fixé pour Halloween, son gouvernement serait tenu de confirmer la présence d’un représentant au sein de l’exécutif européen.

Un haut fonctionnaire de la Commission a récemment déclaré que si tel était le cas, une nouvelle prorogation jusqu’à la fin du mois de mars 2020 était « faisable », et dans un tel scénario, le mandat du commissaire Julian King se poursuivrait jusqu’à cette date.

(Euractiv France / Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce/ Željko Trkanjec, Euractiv Hongrie/ Gerardo Fortuna, Euractiv.com/ Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque, Angele Kedaitiene/ Georgi Gotev, Samuel Stolton, Euractiv.com)

QU’ONT OBTENU LES PAYS DE VISEGRAD ?

Le V4 (Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Pologne) a célébré la défaite du candidat socialiste à la présidence de la Commission, Frans Timmermans, leur bête noire.

Pour le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, la Pologne a « atteint ses objectifs ». Varsovie s’est farouchement opposé à la candidature de Frans Timmermans, car en tant que vice-président de la Commission européenne, il a critiqué la Pologne pour ses violations de l’état de droit et ses vastes réformes judiciaires.

« Il est inacceptable que les gouvernements populistes représentés au Conseil excluent le meilleur candidat uniquement parce qu’il a défendu l’état de droit et nos valeurs européennes communes », a déclaré Iratxe García, chef du groupe social-démocrate (S&D).

Mais dans la pratique, le groupe de Visegrad n’a pour l’heure rien obtenu de concret.

À Varsovie, Władysław Kosiniak-Kamysz, chef du Parti populaire polonais (PSL/affilié au PPE), le gouvernement n’a pas réussi à construire une coalition « positive » et a été laissé les mains vides.

« Gagner les élections européennes en Pologne est une chose, mais le gouvernement polonais n’a aucun pouvoir en Europe et n’a pas réussi à obtenir une position importante qui sera cruciale pour l’avenir de la Pologne dans les cinq prochaines années », a-t-il déclaré.

À Bratislava, Tomas Valášek, ancien ambassadeur slovaque auprès de l’OTAN et président de Carnegie Europe, a écrit dans une tribune que pour la première fois depuis longtemps, il semble qu’aucune position clé de l’UE ne sera occupée par une personne d’Europe centrale, et cela vaut aussi pour l’OTAN.

Il a déclaré que la réputation du groupe de Visegrad était à son plus bas niveau depuis l’adhésion de 2004 et a suggéré que la Slovaquie n’hésitait pas à prendre ses distances avec le reste du groupe lorsqu’elle n’est pas d’accord.

À Prague, les analystes conviennent également que le groupe de quatre pays est resté les mains vides. Les nominations aux postes à responsabilité de l’UE sont une défaite pour les pays d’Europe centrale et orientale, et l’approche obstructionniste des pays de VIsegrad lors du sommet a également joué un rôle, ont déclaré des analystes tchèques à l’Agence de presse tchèque.

Le commissaire slovaque Maros Sefcovic avait été présenté comme candidat au poste de Haut représentant pour les affaires étrangères et la Bulgare Kristalina Georgieva comme candidate à la présidence de l’EUCO.

(Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie, Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne, Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque,)

MADRID

Le retour de l’Espagne dans la politique européenne. Selon El Pais, l’Espagne est de retour en premières lignes de la politique européenne. Josep Borrell sera le nouveau Haut Représentant pour les affaires étrangères, en remplacement de Federica Mogherini. « L’Espagne est de retour », a déclaré le Premier ministre Pedro Sánchez.

BERLIN

Respectez Weber. La leader de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer (PPE), a vivement critiqué mercredi (3 juillet) la position des sociaux-démocrates allemands (SPD) sur la nouvelle nomination du chef de la Commission européenne.

Elle a déclaré que lorsque le candidat du PPE Manfred Weber (CSU) avait réalisé qu’il n’avait pas la majorité, il avait mis de côté ses intérêts personnels « pour le bien de l’Europe et de l’Allemagne » et avait laissé la place à Frans Timmermans pour obtenir le poste à la Commission.

Mais du côté des socialistes, a-t-elle dit, le compromis « a fait défaut ». Elle a déclaré que le SPD avait clairement indiqué qu’il ne cherchait que son propre « intérêt politique » alors que l’approche de Manfred Weber mérite « le respect ». (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

LONDRES

Le Brexit douloureux de Sassoli : Le président nouvellement élu du Parlement européen, le socialiste David Sassoli, a qualifié de « douloureuse » la décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE, dans son premier discours devant le Parlement à Strasbourg.

« Avec tout le respect pour le choix fait par les citoyens britanniques, en ce qui nous concerne en tant qu’Européens, il s’agit d’une transition politique qui doit être poursuivie d’une manière raisonnable [et] dans un esprit de dialogue, mais aussi dans le respect constant des règles », a-t-il déclaré. (Samuel Stolton, Euractiv.com).

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