Le social-démocrate Olaf Scholz, qui a prêté serment en tant que nouveau chancelier allemand mercredi 8 décembre, va déjà entamer une série de visites inaugurales à travers l’Europe, accompagné de sa ministre des Affaires étrangères, la co-leader des Verts, Annalena Baerbock.
La future coalition « feu tricolore » composée des sociaux-démocrates (SPD), des Verts et des libéraux du FDP, entend s’appuyer sur les efforts précédents du pays pour créer une « Union européenne forte, souveraine et ouverte », a déclaré M. Scholz mardi.
Vendredi (10 décembre), M. Scholz se rendra déjà en France pour discuter de la prochaine ligne de conduite à adopter en matière de politique européenne.
« La première visite du chancelier Scholz à l’étranger est l’expression des liens étroits et de l’amitié entre l’Allemagne et la France », a annoncé la chancellerie mercredi.
« La suite, nous l’écrirons ensemble. Pour les Français, pour les Allemands, pour les Européens. À vendredi ! » a écrit le président français Emmanuel Macron sur Twitter, peu après la prestation de serment de Scholz.
Cher @OlafScholz, la suite, nous l'écrirons ensemble. Pour les Français, pour les Allemands, pour les Européens. À vendredi ! Das nächste Kapitel werden wir zusammen schreiben. Für die Franzosen, für die Deutschen, für die Europäer. Wir sehen uns am Freitag!
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) December 8, 2021
Une conférence de presse doit se tenir jeudi (9 décembre), au cours de laquelle M. Macron entend présenter sa vision de l’UE en vue de la prochaine présidence française du Conseil de l’UE. Le dirigeant français devrait également aborder les propositions ambitieuses de réforme de l’UE inscrites dans l’accord de coalition allemand conclu entre les trois partis.
Parmi ces propositions figurent le renforcement des compétences du Parlement européen et une action plus vigoureuse contre les violations de l’État de droit par des pays de l’UE comme la Pologne et la Hongrie. L’objectif d’une fédération européenne à part entière figure également dans l’accord de coalition.
Le prochain arrêt de M. Scholz vendredi sera Bruxelles, où il doit rencontrer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, pour préparer le sommet européen de la semaine prochaine, mais aussi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.
Dans le même temps, la nouvelle ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock, s’est rendue en France dès mercredi (8 décembre), ce qui constituait son premier déplacement à l’étranger dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Une rencontre avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, est prévue jeudi matin, a annoncé son nouveau ministère.
Jeudi après-midi, Mme Baerbock rejoindra M. Scholz à Bruxelles, où des entretiens sont prévus avec le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, et avec M. Stoltenberg de l’OTAN. Mme Baerbock poursuivra ses déplacements vendredi et rencontrera le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, à Varsovie.
Désaccord sur les compétences
Alors que Mme Baerbock a déjà de nombreuses visites qui l’attendent, les premiers conflits dans la répartition des compétences en matière de politique étrangère et européenne se font jour.
Alors que les Verts exigent que le ministère des Affaires étrangères, qu’ils détiennent, prenne la tête de l’agenda de la politique étrangère, les sociaux-démocrates veulent que le bureau du chancelier ait son mot à dire.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique Deutschlandfunk, le chef du groupe parlementaire SPD, Rolf Mützenich, a souligné que la politique étrangère « est notamment pilotée par le ministère des Affaires étrangères ».
Un seul mandat ?
Mercredi matin, le Bundestag a entériné la nomination de M. Scholz au poste de chancelier allemand par 395 voix. Après qu’il a prêté serment devant le président Frank-Walter Steinmeier, Angela Merkel a remis les rênes du gouvernement à M. Scholz dans l’après-midi, marquant ainsi la fin officielle de ses 16 années au pouvoir.
Malgré la situation difficile des négociations et les divergences parfois importantes entre les programmes des partis, les négociations de coalition ont été conclues relativement rapidement – plus rapidement encore que lors des deux dernières formations gouvernementales.
Alors que le FDP et les Verts sont confiants quant à la poursuite de la coalition lors de la prochaine législature, la population allemande est beaucoup plus critique.
Selon un sondage YouGov, deux tiers des Allemands ne croient pas que M. Scholz durera plus de quatre ans, tandis que 20 % des personnes interrogées pensent que la coalition dirigée par le SPD éclatera avant même les prochaines élections fédérales.


