Le nouveau gouvernement français nommé : de la continuité avec quelques surprises

Le premier gouvernement d'Elisabeth Borne a été nommé vendredi (20 mai). EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON

Après la nomination d’Élisabeth Borne comme Première ministre lundi (16 mai), le reste du gouvernement a été nommé vendredi (20 mai), et se place plutôt dans la continuité par rapport aux gouvernements précédents.

Le nouveau gouvernement, qui compte plusieurs nouvelles têtes et quelques ministres sortants mieux connus des Français, se réunira dès lundi matin en Conseil des ministres. En comptant la Première ministre, le gouvernement est paritaire étant donné qu’il est composé de 14 hommes et 14 femmes.

Les ministères régaliens à droite

Il est intéressant de remarquer comment les ministères régaliens sont plutôt attribués à des personnalités de droite, à l’exception du ministère de la Justice.

Certains ministres importants du gouvernement sortant sont reconduits. Bruno Le Maire reste à Bercy avec un ministère intitulé « de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique ».

Gérald Darmanin est confirmé au ministère de l’Intérieur et le Garde des Sceaux sortant Éric Dupond-Moretti, ancien avocat, est aussi reconduit.

Un nouveau visage s’installe au Quai d’Orsay avec la nomination de Catherine Colonna qui prend la tête du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle avait déjà été ministre déléguée aux Affaires européennes entre 2005 et 2007 sous la présidence de Jacques Chirac, avant d’être nommée Ambassadrice de France à Rome puis à Londres, où elle était en poste jusqu’ici.

Mme Colonna sera secondée par Clément Beaune qui devient ministre de l’Europe, une sorte de promotion étant donné qu’il était jusqu’alors secrétaire d’État, et par Chrysoula Zacharopoulou.

Cette dernière est eurodéputée, élue sur les listes de Renaissance en 2019, et est nommée secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux.

Quant au Commerce extérieur, le ministre sortant Franck Riester a été confirmé.

Sébastien Lecornu est aussi « promu » puisqu’il passe des Outre-mer au ministère des Armées et succède ainsi à Florence Parly à seulement 35 ans.

Les partis pro-Macron s’unissent au sein d’une « confédération »

Le président récemment renouvelé à la tête de l’état met ses soutiens en ordre de marche en vue des élections législatives, alors que la gauche tente, tant bien que mal, de se préparer pour s’emparer de l’Assemblée nationale.

Des ministres sortants promus

Gabriel Attal, qui était jusque-là porte-parole du gouvernement, sera en charge du Budget à seulement 33 ans. Venu de la gauche, il fait partie des poids lourds de la Macronie.

Agnès Pannier-Runacher et Amélie de Montchalin changent de portefeuille et deviennent respectivement ministres de la Transition énergétique et de la Transition écologique. Les deux femmes ont un profil plutôt similaire : elles sont passées par le privé et plutôt considérées comme technocrates.

La ministre de l’Autonomie Brigitte Bourguignon est également promue et prend la tête du ministère de la Santé et de la Prévention.

L’ancien socialiste Olivier Dussopt, ministre du Budget sortant, est nommé au ministère du Travail, du Plein-Emploi et de l’Insertion et succède ainsi à Elisabeth Borne, devenue Première ministre.

Marc Fesneau passe des Relations avec le Parlement au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. L’on remarquera que le mot « souveraineté » revient à deux reprises dans les intitulés des différents ministères.

Des ministres recasés

Olivier Véran, qui a été ministre de la Santé et a géré la crise de la Covid depuis mars 2020, devient ministre délégué auprès de la Première ministre et est chargé des Relations avec le Parlement et de la Vie démocratique.

Il pourrait ainsi être chargé de l’organisation de la « convention transpartisane » que M. Macron a promise lors de la campagne électorale pour imaginer les réformes institutionnelles à mettre en œuvre.

La secrétaire d’État à l’Économie sociale Olivia Grégoire est nommée porte-parole du gouvernement.

Les nouvelles têtes

Au ministère de la Culture, c’est Rima Abdul-Malak qui a été nommée. Elle est notamment passée par la mairie de Paris entre 2008 et 2012 lorsque le socialiste Bertrand Delanoë était maire de la capitale. Elle était jusqu’à aujourd’hui la conseillère culture d’Emmanuel Macron au palais de l’Élysée.

Une prise de guerre digne de notes est celle de Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, qui est nommé ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Emmanuel Macron débauche une dizaine de députés de droite

Emmanuel Macron poursuit son OPA sur la droite française, déjà mal en point après l’échec à l’élection présidentielle, et a choisi, pour les élections législatives des 12 et 19 juin, de soutenir plusieurs personnalités issues du parti Les Républicains.

Christophe Béchu, maire d’Angers de droite, est nommé ministre délégué chargé des Collectivités territoriales.

Quelques députés font leur entrée au gouvernement, avec Justine Benin qui est nommée secrétaire d’État chargée de la Mer, Yaël Braun-Pivet au ministère des Outre-mer et Stanislas Guerini, directeur général de La République en Marche, qui est nommé ministre de la Fonction publique.

Et enfin, un peu de société civile

Plusieurs personnalités de la société civile sont nommées, comme Emmanuel Macron l’avait déjà fait dans les précédents gouvernements qui le soutenaient.

Sylvie Retailleau, universitaire, physicienne et présidente de l’Université Paris-Saclay est nommée ministre de la Recherche, de l’Enseignement supérieur et de l’Innovation.

La magistrate Isabelle Rome devient ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances.

L’actuelle directrice générale de la Fédération française de tennis, Amélie Oudéa-Castéra, sera ministre chargée des Sports et des Jeux olympiques, qui se dérouleront à Paris en 2024.

La magistrate et directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse Charlotte Caubel est nommée secrétaire d’État chargée de l’Enfance.

L’une des plus grandes surprises de ce gouvernement, enfin, est la nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’Éducation et de la Jeunesse, directeur du musée de Histoire de l’immigration et historien spécialiste des minorités engagé à gauche, qui incarne la « méritocratie républicaine » selon l’Elysée.

La nouvelle ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, en faveur du « renforcement » des systèmes de santé en Europe

Brigitte Bourguignon est désormais la nouvelle ministre de la Santé et de la Prévention du gouvernement d’Elisabeth Borne. Clap de fin pour Olivier Véran qui devient ministre délégué en charge des Relations avec le parlement et de la vie démocratique.

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