Le nouveau maire de Budapest fustige le Premier ministre Viktor Orban

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La rhétorique anti-migration du Premier ministre hongrois Viktor Orbán vise à «détruire l’humanité chez les humains, a déclaré Gergely Karácsony, nouvellement élu maire de Budapest, dans une interview à Euractiv.

« La façon dont le gouvernement traite les gens dans les zones de transit est inacceptable », a-t-il déclaré, ajoutant que la Hongrie est un pays « assez fermé » culturellement, qui n’a pas vraiment connu de migration dans le passé. Cela, a-t-il dit, peut susciter des craintes et des inquiétudes au sein de la population, ce dont le Premier ministre abuse.

L’opposition hongroise a remporté sa plus grande victoire électorale depuis une décennie, le 13 octobre, lorsque le libéral Gergely Karácsony a évincé son adversaire, le maire de Budapest sortant, István Tarlós, membre du parti au pouvoir. Les partis d’opposition se sont imposés dans d’autres grandes villes également.

Établissant un parallèle avec les récentes élections à Istanbul – où le Turc Recep Tayyip Erdoğan a subi un sérieux revers lorsque son parti au pouvoir, l’AKP, a perdu pour la première fois le contrôle de la capitale Ankara -, le nouveau maire de Budapest a déclaré que ces victoires ont eu lieu dans des pays où les gouvernements tentent de limiter la démocratie. « Mais les électeurs des grandes villes aiment la démocratie,  ils insistent pour participer au processus de prise de décision, afin de reprendre leur ville », a-t-il relevé.

Contrairement à Viktor Orbán, Gergely Karácsony a déclaré qu’il souhaitait introduire une manière moderne d’exercer la politique en Hongrie, qui serait axée sur le compromis et la coopération. « Je crois que notre la politique hongroise n’est pas divisée par des idéologies politiques, mais par une division entre les partisans de la démocratie et ceux qui défendent un régime autoritaire », a-t-il précisé.

Il a critiqué la propagande dans les médias hongrois en soulignant que la victoire de Budapest prouvait l’indifférence des électeurs pour « ce qu’ils lisent dans les médias de propagande du gouvernement ».

La victoire de Budapest montre que la Hongrie ne s’aligne pas sur le gouvernement hongrois et que ce dernier n’est pas le seul représentant de l’intérêt national. « Il y a une grande partie de la société qui n’approuve pas la politique de M. Orbán », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agissait aussi d’un message pour l’Europe.

Il prévoit également qu’après la défaite de Budapest, le parti au pouvoir, le Fidesz, cherchera probablement une manière plus constructive de faire de la politique.

Le 14 novembre cependant, Viktor Orbán a déclaré que « seuls les Hongrois [pouvaient] remplacer les Hongrois ». « Un pays touché par le déclin démographique ne doit pas vivre dans l’illusion qu’il peut résoudre ce problème sans faire ses propres efforts », a-t-il affirmé, ajoutant que la lutte contre la migration serait intensifiée. (Sarantis Michalopoulos, Vlagyiszlav Makszimov, Euractiv.com, Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

BERLIN

Allégations graves. Des policiers de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont porté de graves accusations contre le ministère de l’Intérieur, la police judiciaire et la police de Berlin. S’exprimant devant une commission d’enquête sur l’attentat terroriste perpétré sur le marché de Noël de Berlin en 2016, un inspecteur en chef a accusé jeudi 14 novembre un membre de l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) d’avoir tenté d’entraver les enquêtes.

Selon l’officier de police, un fonctionnaire du BKA lui aurait dit, lors d’une réunion avec le procureur général fédéral le 23 février 2016, que l’informateur de la police criminelle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui avait à l’époque signalé le danger que constituait le futur agresseur Anis Amri, causait « trop de travail ».

Son département avait clairement fait savoir au BKA et à la police de Berlin que l’informateur était absolument crédible et qu’il travaillait pour le BKA depuis de nombreuses années, a déclaré le policier.

Amri s’était emparé d’un camion à Berlin le 19 décembre 2016 et l’avait utilisé pour foncer sur un marché de Noël berlinois sur la Breitscheidplatz, tuant douze personnes. Après l’attaque, il s’était enfui en Italie, où il a finalement été abattu par la police. (Florence Schulz, Euractiv Allemagne)

MADRID

Recherche de l’abstention des séparatistes catalans. Le parti socialiste espagnol (PSOE) a poursuivi jeudi ses difficiles négociations pour obtenir, avant Noël, un soutien clair en faveur de l’investiture du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, a rapporté Euroefe.

La négociation d’une « coalition progressiste » entre le PSOE et la gauche Unidas Podemos, après l’élection du 10 novembre, s’est compliquée le 14 novembre suite au « non » du parti séparatiste catalan de gauche « Esquerra Republicana Cataluña » (ERC) et du centre libéral Ciudadanos (citoyens). Le PSOE continuera de négocier avec ERC et avec d’autres petites formations de gauche pour trouver une solution à l’impasse politique actuelle. L’abstention d’ERC – ou le vote en faveur de Sánchez – est essentiel pour permettre l’investiture du Premier ministre socialiste. (Euroefe)

PARIS

Agitation sociale. Des milliers de personnes travaillant dans les hôpitaux ont manifesté jeudi 14 novembre contre un budget serré et le manque de travailleurs. Elles demandent au gouvernement d’élaborer un plan d’urgence. Les services d’urgence des hôpitaux ont récemment fait des grèves partielles, affirmant que l’hôpital public était « en train de mourir en France ».

Le président français Emmanuel Macron a annoncé un vaste plan incluant des fonds pour aider à sauver la situation, qui doit être présenté la semaine prochaine par le Premier ministre Édouard Philippe . Les troubles sociaux s’intensifient avec l’arrivée des étudiants dans la bataille, qui, comme les Gilets jaunes protestent contre le coût de la vie et les inégalités. Une manifestation des Gilets jaunes devrait avoir lieu le 16 novembre à l’occasion du premier anniversaire du mouvement. (Euractiv France)

LONDRES

Brexit frustration. La Commission européenne a lancé une procédure formelle d’infraction contre le Royaume-Uni pour défaut de nomination d’un commissaire, ce qui constitue le dernier signe d’une frustration croissante entre Bruxelles et Londres. Dans une déclaration faite jeudi 14 novembre, la Commission a déclaré qu’elle considérait que « le Royaume-Uni [avait] manqué aux obligations qui lui incomb[aient] en vertu du traité de l’UE ».

ROME

Ancienne députée européenne en difficulté. Lara Comi, ancienne étoile politique montante et ancienne eurodéputée du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, a été assignée à résidence par la police italienne le 14 novembre pour financement illégal et corruption. Au cours de la dernière législature, Lara Comi était également vice-présidente du groupe du Parti populaire européen (PPE). Deux des quatre chefs d’accusation portent sur une fraude à l’encontre du Parlement européen.

PRAGUE

30 ans de démocratie. Il y a trente ans, le 17 novembre 1989, des étudiants de Prague ont entamé la révolution de velours, le gouvernement communiste de Tchécoslovaquie est tombé et le pays a entamé un voyage vers la démocratie. Le président du Parlement européen, David Sassoli, a inauguré une exposition à l’occasion de l’anniversaire de la révolution dans la Maison de l’UE à Bruxelles, mercredi 13 novembre, soulignant que la révolution avait poussé les Tchèques et les Slovaques vers une Europe libre, dont ils font désormais partie intégrante. (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque)

SOFIA

Le candidat controversé au poste de procureur en chef est confirmé. Le Conseil supérieur de la magistrature a appuyé pour la deuxième fois le candidat unique au poste de procureur général, le procureur général adjoint Ivan Geshev. Fin octobre, le Conseil avait soutenu Geshev pour un mandat de sept ans, mais début novembre, le président Rumen Radev avait refusé de l’approuver, affirmant que « la nomination du procureur général [était] un acte d’une très grande importance pour le public et que la procédure à suivre [devait] créer la confiance dans la société et ne pas faire émerger des doutes ».

Après que le Conseil supérieur de la magistrature a soutenu Geshev par 20 voix pour et 4 contre, Rumen Radev n’a eu d’autre choix que de l’approuver. La nomination de Geshev avait incité des milliers de Bulgares à descendre dans la rue pour protester ces derniers mois. Les gens remettaient en question le professionnalisme et l’indépendance de l’unique candidat. (Dnevnik.bg)

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