Le Parlement devrait enquêter sur le financement du camp irlandais du « non » [FR]

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Les dirigeants de certains groupes politiques au Parlement européen ont demandé des informations détaillées sur les irrégularités qui seraient survenues dans le financement de la campagne du « non » au traité de Lisbonne en Irlande. Le camp opposé au traité est suspecté d’avoir reçu des fonds en provenance d’agences américaines.

Mardi 25 septembre, la Conférence des présidents des groupes politiques, l’organe politique suprême du Parlement, a averti que des irrégularités avaient été découertes dans la campagne. Ces irrégularités pourraient mener à des sanctions, notamment criminelles.

Un porte-parole du Parlement a indiqué à EURACTIV que c’était aux autorités irlandaises de décider de la légalité du résultat du référendum si la fraude était confirmée.

Hans-Gert Pöttering, le président du Parlement européen, a indiqué lundi 22 septembre qu’il fallait s’interroger sérieusement sur les sources de financement du groupe eurosceptique irlandais Libertas. 

M. Pöttering a appelé en particulier à faire la lumière sur les liens que Declan Ganley, l’un des principaux mécènes de la campagne, aurait pu avoir avec l’armée américaine.

M. Pöttering a indiqué qu’un total de 200 000 euros provenaient d’un donateur unique. Ce donateur a été l’un des organisateurs principaux de Libertas et il a des contrats d’achat avec le gouvernement américain. Le président du Parlement aurait demandé à Dick Roche, le ministre irlandais des Affaires européennes, de s’assurer qu’une enquête complète et approfondie sera menée.

La législation irlandaise restreint les sommes octroyées aux groupes de pression à 6 348 euros par année et par donateur. Mais M. Ganley a indiqué que les 200 000 euros accordés à Libertas étaient un prêt, et pas un don. La vente de services de communication à l’armée et à la garde nationale américaines par la société américaine de M. Ganley, Rivada Networks, n’est pas un secret.

Le groupe des Verts avait auparavant fait savoir que les allégations étaient fondées. D’après eux, cela prouve qu’il existe des forces aux Etats-Unis qui sont prêtes à payer des gens pour déstabiliser une Europe forte et autonome.

Jeudi, la Conférence des présidents des groupes politiques avait tenu une discussion approfondie au sujet de la transparence des financements de la campagne du référendum irlandais. La Conférence a décidé que toute information pertinente sur l’affaire devrait être communiquée au moins à l’autorité compétente pour enquêter sur les fraudes électorales, dans le cas irlandais la Standards in Public Office Commission (SIPO). 

Declan Ganley a démenti toutes les allégations dans un communiqué publié sur le site Internet de Libertas, dans lequel il indique que l’approche adoptée par le groupe du président du Parlement européen constitue un retour à une époque antérieure de l’histoire, ajoutant que la décision du peuple irlandais sur le traité de Lisbonne devait être respectée.

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